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Le 18 au Tchad

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 Les rations de combat : l?alimentation du combattant
Sun, 06 Jul 2008 08:59:00 +0000

Environ un million de rations de combat sont produites chaque année par le service central d?études et de réalisations du commissariat de l?armée de Terre (SCERCAT) de Rambouillet : il achète les composants, les conditionne et gère les stocks. Le service «vivres» du SCERCAT mène une démarche qualité depuis 2000, met l?accent sur la traçabilité des produits et écoute les consommateurs pour améliorer la ration.

Ration de combat individuelle réchauffable (RCIR)

Qui nourrit les combattants ?
Le service des Vivres du SCERCAT, véritable direction des approvisionnements, concilie les besoins des consommateurs, les impératifs liés aux marchés publics et l?entretien des stocks, tout en restant réceptif à l?évolution du marché de l?agro-alimentaire. La priorité est de fournir des produits adaptés, en quantité suffisante et qualité contrôlée, dans les délais impartis.
Le Service central d?études et de réalisations du Commissariat de l?armée de Terre (SCERCAT) intervient à plusieurs niveaux pour l?approvisionnement des «vivres de combat» :
  • il définit et achète les composants des rations
  • il gère les stocks de rations et de composants
  • il réalise les études : pour améliorer les produits (nouvelles recettes, ajout de composants dans la ration?), améliorer les pratiques existantes (traçabilité des rations, prélèvements des composants pour analyses?) ou élaborer de nouveaux concepts d?alimentation (repas d?exercice, ration collective?)
Après l?achat par le SCERCAT, tous les composants des rations sont livrés à l?établissement spécialisé du commissariat de l?armée de Terre (ESCAT) d?Angers pour être stockés et conditionnés. Les rations sont ensuite acheminées soit vers les théâtres d?opérations, soit vers une plate-forme logistique.

Les différentes rations
Voici les caractéristiques des rations proposées par l?armée de Terre :
  • la ration de combat individuelle réchauffable (RCIR),
  • la ration individuelle lyophilisée commando (RILC),
  • le repas individuel d'exercice (RIE),
  • l'unité alimentaire de complément ou de secours (UACS),
  • la ration de survie Air (RSA),
  • le module alimentaire de survie (MAS).
Pour se conformer aux standards de l?OTAN, l'objectif est de passer progressivement à partir de 2006 de 3 rations spéciales à 2 : une ration de survie (équivalent au MAS), une ration d'urgence (équivalent à l'UACS et à la RSA).

L?alimentation du soldat en campagne depuis 1942
L?alimentation du soldat a beaucoup évolué au cours des dernières décennies. La deuxième guerre mondiale a marqué un tournant décisif : les premières rations de combat mises au point par l?armée américaine (sous les appellations K, C, U) sont présentes sur tous les champs de bataille de 1942 à 1945.

1946 : apparition de la ration conditionnée individuelle
La ration conditionnée individuelle est comparable à la ration «K» de l?armée américaine, avec une valeur énergétique plus importante. Elle permet d?assurer l?alimentation journalière d?un homme au combat ou en déplacement : trois repas principaux de la journée, chacun conditionné dans une boîte métallique, avec trois menus possibles dont un avec porc.
Cette ration respecte à la fois le goût français, la nécessité d?un transport facile et celle d?un apport énergétique adapté (16700 kJ/jour).
Pour éviter une rapide lassitude du combattant, il fallait varier la gamme des menus et ajouter aux rations des compléments (bonbons, caramels).

1951 : la ration individuelle de combat n°20 (R20)
Cette ration destinée à être consommée froide, peut être logée soit dans une boîte en fer doublée d?un carton ondulé, soit dans une boîte en carton sur-emballée d?un thermo-sac imperméable à l?air et à l?humidité.
La ration subvient aux besoins alimentaires d?un homme pendant 24h, à l?exception du pain distribué à part sous forme de «pain de guerre» ou de pain frais.
La R20 de type E (européen) contient des produits à base de porc et d?eau de vie, celle de type M (musulman) peut être consommée indifféremment par les militaires de toutes confessions.

Dans chaque type de ration existent 5 menus différents. Avec une valeur énergétique totale de 15470kJ (pain compris), la R20 satisfait les besoins quotidiens d?un homme adulte effectuant un travail pénible. Ont été ajoutés de l?alcool pour les européens, du thé soluble à la menthe pour les musulmans, des nougats et des condiments. Les vitamines sont fournies sous forme de bonbons fourrés ou comprimés dragéifiés, soumis à un contrôle pharmaceutique.
En 1966, cette ration a été modifiée : adoption d?un carton sur-emballé dans un sac thermo-soudable et étanche, le nombre de menus passe à 12 (8 types E et 4 types M), apparition d?un paquet de cigarettes.
L?évolution des techniques et la volonté d?améliorer les rations ont conduit l?Intendance puis le commissariat de l?armée de Terre à élaborer des produits mieux adaptés aux conditions actuelles.

1986 : naissance de la ration de combat individuelle réchauffable (RCIR), unique et polyvalente.
Individuelle, la RCIR couvre les besoins alimentaires journaliers d?un combattant. Elle contient non seulement les produits réchauffables, mais également le combustible pour le réchaud individuel inclus dans le paquetage. Avec cette ration, le combattant est autonome.
Elle est composée d?un repas chaud, d?un repas froid, d?un petit déjeuner et de compléments (pour 13400kJ : 13% de protides, 32% de lipides et 55% de glucides).
Le «biscuit de campagne» remplace le pain de guerre et la ration ne comporte ni alcool, ni cigarettes.
Elle se présente sous la forme d?une boîte en carton adaptée à une poche du sac à dos de combat, enveloppée de plastique pour la protéger contre les agents toxiques et l?humidité.
Aujourd?hui, la ration contient également, en alternance avec la crème dessert dans 40% des rations, du fromage fondu appertisé. Le nougat et la pâte de fruits ont été réintroduits, moins sensibles au vieillissement que les barres de céréales. Actuellement, 65% des menus produits sont sans porc.

Fabrication d'une boite de ration : vidéo içi

La traçabilité : «de la fourche à la fourchette» !
La traçabilité des rations de combat s?appuie sur un ensemble d?informations sur les produits, disponibles à chaque instant. Le règlement européen, en vigueur depuis le 1er janvier 2005, s?applique «à toutes les étapes de la production, de la transformation et de la distribution des denrées alimentaires» et impose de mettre en place des outils et méthodes permettant de retrouver l?historique, l?utilisation ou la localisation d?une entité.

Les vivres de combat revêtent un caractère stratégique : le terrain est potentiellement hostile, les sources d?alimentation doivent être sécurisées sur le plan sanitaire. L?alimentation est une source de réconfort pour un soldat sur le terrain, la meilleure qualité gustative doit être recherchée, avec un risque alimentaire minimisé. Les techniciens du service vivres, véritables spécialistes, mènent régulièrement des visites d?usine pour évaluer les risques et éventuellement demander des améliorations des produits, des contrôles ou des processus.


Les militaires dégustent !
Lors de l?évaluation technique des échantillons au cours de l?appel d?offres, les produits alimentaires, subissent les critiques des futurs consommateurs : une dégustation «à l?aveugle» est effectuée par un panel de 8 personnes minimum. Les produits sont comparés puis notés. Chaque produit obtient une note moyenne des appréciations de tous les dégustateurs. Elle représente 70% de la note finale du produit candidat (prix : 30%). Les produits préférés sont le plus souvent retenus. Le SCERCAT est le seul acheteur public à tenir autant compte de l?avis des consommateurs !
Le service Vivres propose également à ses «clients» un service consommateurs disponible en ligne en interne : chaque militaire peut transmettre ses suggestions sur la ration qu?il a consommée. Ces formulaires, un fois traités, participent de l?amélioration permanente des rations !

Le laboratoire du Commissariat de l?armée de Terre d?Angers
Le SCERCAT dispose d?un laboratoire accrédité situé à Angers sur le site de conditionnement des rations. Il réalise des contrôles physico-chimiques et bactériologiques.
Chaque livraison de produits destinés aux rations alimentaires fait l?objet de prélèvements représentatifs et d?analyses avant le conditionnement en rations. Ces contrôles assurent la qualité sanitaire des produits mais aussi le respect des caractéristiques des cahiers des charges.

 Jeudi 3 juillet 2008 - Les soldats «chrétiens» en terre d'islam à l'est du Tchad
Sat, 05 Jul 2008 21:17:00 +0000

C'est un minuscule point jaunâtre ignoré des atlas. Une affliction de huttes en paille, coincées entre sables et rocailles, où une poignée de familles tentent de survivre sous le feu cuisant du soleil sahélien. Molou, perdu dans l'immensité de l'est tchadien, est un village d'agriculteurs assongor, un peuple africain islamisé, installé de part et d'autre de la frontière séparant le Tchad du Soudan.

Les gens de Molou n'ont pas vu le moindre étranger depuis des lustres, si ce n'est les autres Assongor des villages voisins, dont le plus proche est à une heure de marche. Vendredi dernier, une petite colonne de véhicules militaires transportant des soldats de l'Eufor, la force européenne installée depuis mars, sous mandat onusien pour sécuriser l'est du Tchad, s'arrête. D'un même geste, les habitants se précipitent vers ces «Nassaras», nazaréens, comme on appelle sur ces terres d'islam, les chrétiens et par extension les hommes blancs. «Nous sommes vraiment contents que vous soyez ici. On a vraiment besoin de vous», lance un vieil homme. «Ce serait vraiment bien que vous vous installiez ici, près de notre village», insiste un autre.

C'est qu'à Molou, l'arrivée des «soldats chrétiens» est, en quelque sorte, la nouvelle rêvée depuis très longtemps, celle qui mettrait enfin la région à l'abri de ces hordes de nomades pillards, armes à la main, qui viennent régulièrement déposséder les villageois de leurs biens, parfois brûler leurs habitations mais aussi violer leurs femmes. «La dernière fois, c'était il y a quelques jours. Ils étaient venus à trois, avec deux chameaux et un cheval, ils nous ont frappés, ligoté les hommes, et pris tout ce qu'on avait. L'argent, la nourriture, le bétail», puis sont partis. Depuis on est là sans rien. On ne sait pas quoi faire. Nous sommes à la saison des pluies, on veut bien semer, mais on n'est même pas sûrs si on va profiter de nos récoltes. On a peur qu'ils viennent encore nous les voler», se lamente un notable.

Ce jour-là, en plus de la collecte de renseignements, la mission du chef de section, le sergent-chef Christophe Cerre, est justement de dire aux paysans de la région que l'Eufor n'est pas là seulement pour les réfugiés ou les humanitaires. Elle est là aussi pour les paysans de la région pour les protéger des pillards. «Il faut semer vos terres. Nous sommes là au moins jusqu'à la fin de la saison des récoltes. Nous allons régulièrement faire des patrouilles dans le coin. Notre présence va dissuader les pillards de venir ici», rassure-t-il.

Quelques kilomètres plus tard, traversant un wadi, un cours d'eau asséché, le convoi croise un paysan isolé. Vêtu d'une djellaba fatiguée, le corps en sueur, un bâton à la main, Abdoullah marche depuis trois heures. «Je partais chercher des secours pour libérer les gens de mon village pris en otage par des pillards. Trois hommes ont été ligotés et suspendus à des arbres. Les autres hommes sont enfermés dans la mosquée. Moi j'ai pu m'enfuir. Venez, je vais vous amener là-bas», dit-il aux militaires européens. Dans ce cas précis, le mandat de l'Eufor ne permet pas au sergent-chef Cerre d'intervenir. «Notre rôle n'est pas de jouer les gendarmes. Il y a les autorités pour cela», justifie le sous-officier, visiblement embarrassé. Les instructions de son commandement sont claires. La patrouille doit se rendre au poste de gendarmerie le plus proche. Demi-tour donc.

Une vieille case de terre cuite en guise de bureau, quatre morceaux de bois portant un toit de paille usé servant de pièce repos, le poste de gendarmerie de Bir Taouil n'a ni véhicule, ni moyen de transmission et les quatre chevaux qui servent au déplacement des gendarmes sont en patrouille. «Dès qu'ils reviennent, on va envoyer des éléments sur place», promet un gendarme. Un gentil mensonge.

A l'entrée de Karrang, un autre village des environs, le convoi tombe sur les gendarmes qui étaient partis avec les chevaux. Ceux-ci disent qu'ils ne peuvent rien faire. «Les bandits ont des armes et beaucoup de munitions. Nous, on a aucune cartouche. Si on y va, on va se faire tuer. On a beau informer les autorités, mais elles s'en fichent», explique un gendarme, au treillis sale et aux sandales poussiéreuses. «Pourquoi à votre avis?» demande un militaire de l'Eufor. «Je ne sais pas», esquive le Tchadien.

Quand les militaires de l'Eufor arrivent à leur destination finale, Kalige, un petit hameau à une heure de route de là, le thermomètre affiche déjà 65 degrés sous le soleil. Ils demandent de rencontrer le chef du village. Celui-ci étant absent, c'est le conseil des sages qui les reçoit. «Tous les pillards qui viennent ici, sont des Zaghawas», répètent invariablement les villageois. Les Zaghawas sont l'ethnie du président Idriss Déby. L'ampleur des exactions en moins, ils sont pour les paysans noirs de l'est du Tchad ce que les arabes jenjaweed sont aux sédentaires africains du Darfour. Comme le Jenjaweed, les Zaghawas sont un peuple de nomades guerriers. Avec les chameliers goran, les arabes sont le seul groupe de la région que les Zaghawas respectent. Et vice versa. Les autres ne méritent que mépris, surtout s'ils ont agriculteurs et ont le teint plus foncé.

 Les drones de l?EUFOR
Sat, 28 Jun 2008 20:03:00 +0000

Le détachement CL 289 de l?EUFOR Tchad/RCA se compose de 11 drones, déployés à Forchana dans l?Est du Tchad. Le premier vol CL 289 a eu lieu le 18 juin 2008.

Ce détachement, armé par 37 militaires du 61ème régiment d?Artillerie de Chaumont, contribue à la connaissance de la zone placée sous la responsabilité de l?EUFOR. Il est placé sous les ordres du commandement de la force.

Le CL 289 est un drone subsonique qui vole à environ 800km/heure. Il enregistre des images de jour comme de nuit.




Décollage et récupération du Drone

 Le CEMA inspecte les militaires français de l'EUFOR Tchad/RCA
Thu, 26 Jun 2008 21:10:00 +0000

Les 24 et 25 juin 2008, le général d?armée Jean-Louis Georgelin, chef d'état-major des armées, s'est rendu au Tchad et en République Centrafricaine (RCA). Durant cette inspection, il a rencontré les militaires français déployés dans le cadre de l?opération EUFOR Tchad/RCA.

Le 25 juin, il s'est déplacé à Forchana, dans l'Est du Tchad et s?est fait présenter les missions des différentes unités déployées sur le site. Il s?est également adressé aux militaires du 7ème Bataillon de chasseurs alpins .


allocution du cema aux militaires du 7eme bca et revue de troupes

Revue de troupe et remise de décoration

Présentation de matériels et maintenance de véhicules

 Nouvelles du camp des étoiles à Abéché
Thu, 26 Jun 2008 19:28:00 +0000

Aujourd'hui j'ai eu un petit coup de téléphone de l'un de mes collègues actuellement au camp des étoiles à Abéché.

Des personnels d'Etat major sont arrivés et les conditions des personnels sur site se sont améliorées. Désormais, des WC en Corimec ont été installé ... il est possible de prendre des douches 2 fois par jour (matin et soir).

Le mess est en cours d'aménagement et bientôt les rations du soir ne seront plus qu'un souvenir.

Le moral est bon, mais les activités de loisir manquent ....

Courage les gars ....

 Le CEMA inspecte les EFT
Wed, 25 Jun 2008 21:06:00 +0000

Le 24 juin 2008, le général d?armée Jean-Louis Georgelin, chef d?état major des armées, a effectué une inspection des éléments français au Tchad (EFT).

Il a été accueilli par le colonel Paul Périé, commandant les EFT en présence du général Jean-Philippe Ganascia, commandant la force européenne (EUFOR Tchad/RCA).

Il s?est entretenu avec Monsieur Bruno Foucher, Ambassadeur de France au Tchad puis a débuté son inspection des EFT sur la Base Kosseï. Une compagnie mixte de fusiliers commandos de l?Armée de l?air et du 7eme Bataillon de chasseurs alpins lui a rendu les honneurs.
Le CEMA a ensuite présidé une table ronde sur le Livre Blanc et la RGPP.

Il a enfin été reçu par Monsieur Idriss Déby, Président du Tchad, avant de s?envoler pour Abéché à bord d?un Transall des EFT afin de rencontrer les soldats de l?opération EUFOR Tchad/RCA.

 Médical : Role 2
Sun, 22 Jun 2008 21:34:00 +0000

Avec la couverture médicale du Role 2 sur le théâtre d'opérations les troupes de l'EUFOR ont la certitude qu'ils seront bien soignés.

Le Role 2 élève le niveau des soins médicaux à un niveau acceptable en Europe. En apportant des améliorations aux équipements du Role 1 "soins élémentaires" qui est important dans les premières heures, le Role 2 offre la possibilité d'assurer un soin pour les traumatismes et une chirurgie "vitale et des membres". Il fournit également les moyens médicaux nécessaires pour une médicamentation d'urgence et assure un délai supplémentaire pour effectuer des arrangements médicaux en Europe si nécessaire.

Les troupes de l'EUFOR ont accès à trois installations d'équipements médicaux role 2 sur le théâtre d'opérations, à N'Djamena, Abéché et Birao. Cependant comme toujours, "mieux vaut prévenir que guérir".

 29 mai 2008 - Déploiement du bataillon commandé par l?Irlande
Sun, 22 Jun 2008 21:06:00 +0000

L?arrivée du bataillon commandé par l?Irlande sur le théâtre le 19 mai dernier a constitué un événement important pour l?opération EUFOR Tchad/RCA en étendant de façon significative l?emprise de la force sur le terrain.
L?arrivée du second bataillon de manoeuvre de l?EUFOR a substantiellement augmenté la capacité de la force à mener des opérations qui contriburont à la mise en place d?un environnement sécuritaire et donc permettant de garantir la protection des camps de réfugiés et des sites de personnes déplacées (IDPs) dans sa zone. Ce bataillon irlando-néerlandais a également augmenté de façon importante la composition multinationale de la force.


 Deby affirme que la "situation est sous contrôle"
Sun, 22 Jun 2008 18:11:00 +0000

L'armée tchadienne affirme avoir remporté à Am Zoer, dans l'est du Tchad, une "victoire décisive" contre les rebelles. La trêve s'impose par ailleurs, avec le début de la saison des pluies.
Le président tchadien Idriss Deby Itno a affirmé samedi que "la situation est sous contrôle" au Tchad après la fin de l'offensive lancée le 11 juin par l'opposition armée dans l'est du pays. "Je rassure l'opinion nationale et internationale que la situation est totalement maîtrisée. Les forces de défense et de sécurité contrôlent l'ensemble du territoire national", a assuré le chef de l'Etat qui s'adressait à N'Djamena à des militants du parti présidentiel, le Mouvement patriotique du salut (MPS).
L'armée tchadienne avait affirmé mercredi avoir remporté à Am Zoer (80 km au nord-est d'Abéché, est du Tchad) une "victoire décisive" contre les rebelles. M. Deby a aussi lancé "un appel à (ses) frères tchadiens devenus mercenaires, manipulés et armés par le Soudan de rentrer au bercail", soulignant que "le gouvernement est prêt à les accueillir".
Le Tchad et le Soudan s'accusent régulièrement de soutenir les rébellions en lutte contre leur régime respectif.

Voir la vidéo : içi

 Victoire "décisive" à Am Zoer
Sun, 22 Jun 2008 18:03:00 +0000

L?armée tchadienne estime avoir remporté une victoire "décisive" à Am Zoer, une localité dans l'est du Tchad. Les rebelles, eux, nient cette défaite et affirment avoir perdu 27 hommes et non 160 comme le prétend l?armée. Pourtant, la situation tchadienne semble bel et bien tourner en la faveur du gouvernement d?Idriss Déby. L?armée tchadienne, munie d?hélicoptères de combat, a contré mercredi les rebelles à coups de rafales de kalachnikovs, à Am Zoer, petite localité de quelques centaines d'habitants située sur un terrain de petites collines sablonneuses et de petits arbustes. En quelques heures, les soldats ont réussi ce que les rebelles semblaient essayer d'éviter à tout prix : affronter de manière organisée avec le gros de ses troupes et de ses moyens les rebelles, plutôt adeptes de la guérilla ou des offensives surprises.

L?Alliance nationale, qui regroupe les diverses factions rebelles, "ne fait pas preuve d?unité", explique Roland Marchal, chargé de recherche au CNRS/CERI et spécialiste de la Corne de l'Afrique, avant d?ajouter qu?à l'évidence, "elles n?ont pas encore passé d?accord politique entre elles".

Tous les regards se tournent vers la saison des pluies Depuis le début de leur offensive lancée le 11 juin dans l?est du pays avec comme but final d?atteindre la capitale, les rebelles ont pris successivement, mais sans y rester longtemps, Goz Beïda, Am-Dam, Biltine et mardi matin Am Zoer. Dans un premier temps, la progression des rebelles n?a pas semblé rencontrer de véritable opposition de la part des forces gouvernementales qui qualifiaient ces attaques de "coups médiatiques" et d?"intox", pour finalement agir en début de semaine.

Le régime au pouvoir a finalement décidé d?intervenir à Am Zoer, "une fois rassemblées ses troupes d?élites. Ce qui a pris un peu de temps", estime le chercheur.
Le gouvernement a donc remporté une bataille à Am Zoer. Pour autant, à N?Djamena, "ni la population, ni le régime [du président] d?Idriss Déby ne se sentent en sécurité", explique Arnaud Zajtman et ils craignent de nouvelles offensives rebelles "quand la saison des pluies [qui dure de juillet à novembre] sera terminée".



Voir la vidéo : içi

 Le Soudan n'est pas en guerre avec le Tchad
Fri, 20 Jun 2008 16:34:00 +0000

En visite en France, le chef de la diplomatie soudanaise a déclaré que son pays n'était pas en guerre avec le Tchad. Deng Alor a par ailleurs demandé l'aide de la France pour apaiser les tensions avec Ndjamena. En fait depuis 2005, Tchad et Soudan se livrent à une véritable guerre par procuration. Plutôt que de s'affronter directement, Ndjamena et Khartoum soutiennent et arment des mouvements rebelles qui tentent de renverser les pouvoirs en place. Les différents accords de paix entre les deux pays sont violés aussitôt après avoir été signés et mardi, les autorités tchadiennes ont accusé le Soudan d'avoir envoyé des troupes et des hélicoptères bombarder la garnison d'Adé, à l'extrême est du pays.

Les sources indépendantes manquent dans la région mais selon nos informations, l'aviation soudanaise n'a pas bombardé la garnison d'Adé. « C'est la rhétorique habituelle du pouvoir tchadien, pour l'heure rien ne confirme cette attaque », explique une bonne source. Un proche de la présidence va même plus loin en considérant ces accusations comme une tentative maladroite pour demander l'appui militaire de la France.

Des rebelles tchadiens blessés et faits prisonniers à Am Zoer
dans l'est du Tchad, le 18 juin 2008

Jusque-là, ni Khartoum ni Ndjamena n'ont envoyé leur armée respective en profondeur sur le territoire de leur ennemi mais l'intensification, ces derniers mois, des offensives rebelles dans les deux pays laisse craindre un embrasement du conflit.

Pour beaucoup, la percée rebelle dans l'est tchadien est une réponse à l'attaque du MJE en mai sur la capitale soudanaise. Attaque qui est elle-même une réplique au raid sur Ndjamena de février.
Les soldats tchadiens après la bataille d'Am Zoer

Signalons également que les mouvements rebelles tchadiens et darfouriens ne se limitent pas à attaquer le pouvoir en place. Repliés au Tchad, les combattants du MJE servent actuellement de supplétifs à l'armée. Ils auraient eu notamment de lourdes pertes dans la bataille d'Am Zoer mardi.

 Les troupes de Déby tiennent tête aux rebelles
Thu, 19 Jun 2008 21:08:00 +0000

Le bilan des affrontements donne lieu à une guerre des chiffres Les combats ont momentanément cessé dans l?Est du Tchad. Am Zoer est désormais aux mains de l?armée tchadienne depuis la « victoire décisive » qu?elle a remportée sur les rebelles mardi après-midi. Le bilan officiel des combats reste inconnu à ce jour. Le gouvernement tchadien tout comme les rebelles ne s?accordent ni sur la situation réelle ni sur les chiffres. Quant à la communauté internationale, elle soutient le régime en place mais se garde d?intervenir.

Les troupes gouvernementales tchadiennes semblent reprendre le dessus une semaine après l?offensive lancée par les rebelles dans l?Est du Tchad. L?armée régulière a indiqué, mercredi, avoir repris la localité d?Am Zoer, située à 80 kilomètres d?Abéché. Aux mains des rebelles mardi matin, Am Zoer est finalement tombée sous contrôle gouvernementale après de rudes combats en fin de journée. Une victoire que le chef d?état major de l?armée de terre, le général Touka Ramadan Koré, n?a pas hésité à qualifier de « décisive » devant des journalistes, présents mercredi sur les lieux des combats. Adeptes des offensives surprises et des guérillas, les rebelles n?ont pas su s?organiser face à la riposte de l?armée régulière. Une victoire que cette dernière savoure davantage au fur et à mesure que des rebelles, sans pouvoir estimer leur nombre, se rallient à présent à la cause d?Idriss Déby.

La Commission de l?Union africaine et les Nations Unies ont fermement condamné, lundi, les attaques de l?Alliance Nationale. La France, précieux allié du Tchad, a réaffirmé son soutien au chef de l?Etat. Elle exclut cependant toute intervention militaire, position qui entre désormais dans le cadre de la nouvelle politique de défense et de sécurité de la France. Quant à la force européenne Eufor, elle déclare vouloir s?en tenir à son mandat. En réponse au président tchadien qui a remis en cause, lundi, la mission de la force, Cristina Gallach, porte-parole du chef de la diplomatie européenne Javier Solana, a rappelé que « l?Union européenne n?a pas comme mandat de s?occuper des rebelles ; ça c?est la responsabilité (?) des autorités. ». Cependant, l?Eufor a renforcé la protection des camps de réfugiés dans l?Est du pays et a procédé à l?évacuation des humanitaires qui le souhaitaient.

Malgré sa déroute à Am Zoer, l?Alliance Nationale ne s?avoue pas vaincue et reste déterminée à atteindre la capitale. « Nous continuons la lutte, nous continuons à nous battre (...). Pour le moment, nous regroupons nos forces dans la région d?Am Zoer. Ceux qui disent que c?est fini se trompent. Nous allons les détromper : l?objectif reste N?Djamena. Attendez quelques jours », a déclaré M. Gueddei.

 Le régiment normand part au Tchad
Wed, 18 Jun 2008 04:55:00 +0000

Au régiment de Bretteville-sur-Odon, c'est l'heure des départs pour le Tchad. Les 'transmetteurs quittent Caen ces jours-ci.

Près de 350 hommes du 18e Régiment de Transmissions de Bretteville-sur-Odon participent cette année aux opérations militaires extérieures de la France.

Parmi eux, 50 hommes et femmes sont sur le départ. Ils attendent leur embarquement pour le Tchad. Une moitié d'entre eux quitte Caen à la mi-juin, l'autre à la mi-juillet.

Un poste central à Abéché
Comme sur les autres théâtres d'opération où il sont déjà présents, les transmetteurs du "18e” devront assurer le fonctionnement des réseaux de communication et d'information entre les unités de la Force européenne présente sur place, l'Eufor Tchad-RCA ".

Cette opération, la cinquième de l'Union européenne, a été lancée en mars dernier. Composée de 3 700 hommes, dont 55 % de Français, elle est commandée depuis le Mont Valérien et, sur place, depuis Abéché, où s'installeront les militaires de Bretteville-sur-Odon.

"D'autres de chez nous seront installés au sein des unités, au Nord avec le bataillon polonais, par exemple, ou avec les soldats français du 7e bataillon de chasseurs alpins. Nous aurons également un poste à N'Djamena, la 'base arrière' de la force", explique le lieutenant-colonel Lieb, chef du bureau opérations au régiment, sur le départ lui aussi.

"La mission des soldats là-bas est d'assurer la sécurité pour les civils et l'acheminement de l'aide humanitaire", explique-t-il. Le Tchad "reçoit beaucoup de réfugiés depuis la crise du Darfour. Ainsi le théâtre des opérations 'reste dangereux même si 'la force n'est pas visée".

Si tout le monde n'a pas la chance de partir, les "opex" ou opérations extérieures des troupes françaises demeurent 'l'alpha et l'oméga” de la vie de militaire. "C'est un moment fort qui permet à chacun de se recentrer sur l'essentiel de son métier", note le chef du bureau opérations, qui commandera là-bas le réseau déployé.

La hâte du départ
Les transmetteurs, entraînés 20 mois sur 24 à ces opérations, assurent les liaisons téléphoniques, mais aussi internet, intranet, fax et visio-conférences. "C'est un peu le France Télécom de l'armée", résume en souriant le sergent Leïla Ghouli, prête à partir dans quelques jours avec la première fournée.

Pour elle, "aucune appréhension" : "nous sommes préparés pour ça, et puis c'est ma première opex". Après l'école de sous-officiers de Saint-Maixent dont elle sort, et quatre mois et demi de formation technique à l'école des transmissions de Rennes, "c'est une chance de partir aussi tôt".
L'enthousiasme est visible. Comme dans les yeux du lieutenant Erwan Bellec, dont ce n'est pas le premier départ. Responsable de l'instruction dans l'unité de soutien au régiment, il sera officier adjoint de la compagnie en place à Abéché.

"Étant donné que le Tchad est un théâtre d'opérations récent, les conditions de vie y sont plus rudes", note l'ancien fantassin à qui cela ne fait pas peur. "Le plus compliqué, d'ailleurs, ne sera pas pour moi mais plutôt pour mon épouse qui, en plus de son travail, va devoir tout gérer seule durant six mois", reconnaît le militaire dont les deux enfants sont heureusement "habitués" à ses départs.

Le sergent Ghouli sera également affectée au "camp de l'Étoile" d'Abéché où elle assurera la permanence d'une station de télécommunications autoportée. Si, au Tchad, les transmetteurs de Bretteville travailleront "à 90 % dans des abris modulaires", quelques-uns de ces drôles de camions, des "VLMA", sont déjà partis par voie maritime.

Après l'entraînement intensif de ces derniers mois - combat, tir, et marche au camp de La Courtine en avril, cours sur le pays -, c'est le moment de vérifier matériel et papiers administratifs. Embarquement dans quelques jours. Retour avant l'hiver.

Lieutenant-colonel Lieb, chef du bureau Opérations du 18e Régiment de Transmissions

"La Manche libre du 12 juin 2008"

 Guerre par procuration
Wed, 18 Jun 2008 04:44:00 +0000

Pick-up chargés d'hommes en armes passant en trombe, blindés déployés, rumeurs affolantes sous le vrombissement des hélicoptères d'attaque : Abéché, la grande ville de l'Est tchadien, hume l'air de la guerre qui vient. Celle que se livrent, par procuration, le Tchad et le Soudan vient d'entrer dans une nouvelle phase, encore incertaine, avec l'irruption de rebelles tchadiens en provenance de leurs bases arrière du Darfour, à l'ouest du Soudan.

Leur entrée en territoire tchadien, jeudi après de brefs combats, ressemblait à une simple démonstration militaire, avant la saison des pluies, qui va figer les activités d'ici quelques semaines.
Lundi matin 16 juin, l'est du Tchad redoutait une percée, menée par plusieurs groupes qui se livrent en brousse à "une guerre de mouvement, pas de positions", selon le ministre de la communication tchadien, Mahamat Hissène, et dans laquelle des soldats de l'Eufor, la force européenne au Tchad et en Centrafrique, se sont trouvés engagés brièvement, pour la première fois depuis le début de leur déploiement en mars.


Des rebelles tchadiens quittent la ville de Gos Beida,
où des affrontements ont eu lieu le 14 juin.


Pour l'Eufor, ce début d'épreuve du feu a eu lieu à Goz Beida, au sud d'Abéché, l'un des pôles humanitaire de l'Est où sont déployés plus de quatre cents soldats européens, majoritairement irlandais. Samedi, une colonne rebelle de près de cent véhicules, approchant de la ville, a engagé des combats avec des troupes gouvernementales. Les forces irlandaises de Goz Beida ont alors "déployé leurs blindés autour de la ville pour protéger les camps", explique, à Abéché, le chef d'état-major de l'Eufor, le colonel Dumont Saint Priest, qui conclut : "C'est un bon exemple de la façon dont on remplit notre mandat. On montre aujourd'hui qu'on a une véritable efficacité." A Goz Beida, le camp de l'Eufor a servi de zone de protection pour les humanitaires qui étaient parvenus à le rejoindre. Cela n'a pas empêché la colonne rebelle d'entrer dans la ville et d'y passer quelques heures, le temps de s'emparer de véhicules tout-terrain et de téléphones satellites dans plusieurs ONG. "NOUS REGARDERONS PASSER LES OBUS"
Avec trois mille hommes actuellement sur le terrain (sur un total de 3 700 lorsque son déploiement sera achevé), l'Eufor a été créée dans le but de protéger les réfugiés, les déplacés et les opérations humanitaires dans l'est du Tchad, frontalier du Soudan. Depuis sa conception, défendue à grand-peine par la France, qui en est la nation cadre, plane dans plusieurs capitales européennes le soupçon que Paris cherche à faire de cette force un parapluie de protection pour le président tchadien, Idriss Déby, son allié. Alors que commençait le déploiement de ses hommes, en février, le général Ganascia, commandant de la force sur le terrain, s'en défendait et affirmait au "Mond" : "En cas d'attaque rebelle, nous regarderons passer les obus."

L'Eufor, à présent, risque surtout de "regarder passer" des rebelles, à condition de les trouver. Ces derniers circulent en plusieurs colonnes, qui tentent de se dissimuler pour échapper aux bombes de 250 kg des hélicoptères de combat de l'armée tchadienne. Joint par téléphone, le colonel Adouma Hassaballah, dont les hommes ont mené l'attaque de Goz Beida, affirmait, dimanche soir, continuer à se déplacer et avoir affronté quelques heures plus tôt les forces gouvernementales dans la région d'Am Djerema, près de la frontière soudanaise. "Notre objectif est de rester en dehors des centres urbains, d'attaquer l'ennemi pour le fatiguer. Ils vont s'éparpiller et on pourra marcher vers N'Djamena", affirmait-il en promettant de "continuer la guérilla".

Quelques heures plus tôt, d'autres éléments de l'Alliance nationale, coalition de mouvements rebelles dirigée par le général Mahamat Nouri, étaient signalés à Am Dam, une petite bourgade plus à l'ouest, à environ 600 km de N'Djamena. Certaines sources estimaient qu'elle pourrait compter deux cents véhicules, déployés sur 7 km, et compter des camions chargés de nourriture et de munition.

En visite en Côte d'Ivoire, le ministre des affaires étrangères français, Bernard Kouchner, a affirmé, au sujet de cette offensive rebelle, que "la France n'est pas intervenue et n'interviendra plus". Les forces françaises, présentes au Tchad dans le cadre de l'opération "Epervier", ont apporté à l'armée tchadienne une aide décisive au cours des précédentes attaques.


Ali Gadaye, porte-parole de l'Alliance nationale, déclarait dimanche au téléphone "enregistrer avec satisfaction cette déclaration", affirmant y voir "une évolution de la position de la France". Tandis qu'à N'Djamena le pouvoir dénonçait une man?uvre d'"intoxication", Mahamat Hissène prédisait : "Depuis 2005, l'objectif de Khartoum est de renverser le régime en place au Tchad, c'est pourquoi il leur faut attaquer N'Djamena. Mais ils ne réussiront pas. A chaque fois, ils viennent, ils sont repoussés et ils rebroussent chemin."

 Le Tchad dénonce une attaque soudanaise
Wed, 18 Jun 2008 04:39:00 +0000

Le conflit dans l'est du Tchad s'internationalise. N'Djamena accuse le Soudan d'avoir attaqué son territoire et Déby s'en prend à l'Eufor. Ses proches reconnaissent des pertes.

Fébrilité, hier, à N'Djamena. Le président Déby s'en est d'abord pris à la force européenne déployée dans l'est du pays. « Nous sommes en droit de nous interroger sur l'efficacité de cette force et de l'utilité de sa présence au Tchad », a-t-il dit dans une allocution. L'Eufor, a aussitôt répliqué le diplomate en chef de l'UE, Javier Solana, se comporte « de manière stricte » et selon son mandat. Un mandat limité à la protection des populations des camps de réfugiés.

Accuser la force européenne de complaisance avec la rébellion témoigne des inquiétudes du président tchadien. Déjà ébranlé par l'attaque de février sur la capitale, Déby est de nouveau confronté à une offensive des rebelles. Hier, l'opposition armée a annoncé avoir pris la localité d'Am-Zoer (80 km au nord-est d'Abéché), dans l'est du pays, se rapprochant ainsi de la ville d'Abéché, centre névralgique des opérations humanitaires internationales le long de la frontière avec le Soudan.

Hier soir, le général gouverneur de la région, Issa Djadallah Bichara, ancien ministre de la Défense, a affirmé avoir repris Am-Zoer. Il ajoute avoir « repoussé deux attaques soudanaises à la frontière d'Adré. Nous avons fait des prisonniers et nous avons eu des pertes ». Le matin, le gouvernement avait annoncé l'attaque de la garnison d'Adré par l'armée soudanaise « appuyée par des hélicoptères ».

« Cet échelon franchi par les autorités soudanaises a le mérite de clarifier les positions aux yeux de ceux qui auraient encore des doutes sur la responsabilité de Khartoum dans les attaques successives contre le Tchad et notamment dans les combats commencés le mercredi 11 juin », insiste N'Djamena qui verrait d'un bon oeil les troupes de l'Eufor sécuriser la frontière avec le Soudan et neutraliser les colonnes rebelles.

 Le président Deby remet en cause la présence de l'Eufor, confusion dans l'est
Tue, 17 Jun 2008 16:33:00 +0000

Le président tchadien a remis en cause la présence de l'Eufor, la force européenne au Tchad, lundi lors d'une allocution télévisée alors que la confusion régnait sur la situation militaire dans l'est du pays cinq jours après l'offensive lancée par la rébellion contre le régime.

"Nous avons accueilli avec joie l'Eufor (...), mais quelle ne fut pas notre surprise de voir, dès la première épreuve hostile, cette force coopérer avec les envahisseurs" (la rébellion tchadienne qui a lancé une offensive dans l'est contre son régime), a affirmé M. Deby.
"Nous sommes en droit de nous interroger sur l'efficacité de cette force et l'utilité de sa présence au Tchad", a souligné M. Deby qui s'exprimait pour la première fois depuis l'offensive des rebelles mercredi.
M. Deby, qui a évoqué un "complot international visant à replonger le Tchad dans la guerre civile", a accusé l'Eufor d'avoir "laissé emporter les véhicules des humanitaires, incendier leurs stocks de vivres et de carburants" et d'avoir "fermé les yeux devant le massacre programmé des populations civiles et des réfugiés".

Lors de l'occupation de Goz Beida par les rebelles samedi, l'Eufor, la force européenne chargée de faciliter le travail des humanitaires et protéger les réfugiés du Darfour dans l'est du Tchad et les déplacés tchadiens et centrafricains (450.000 personnes), est intervenue pour protéger les camps et les personnels humanitaires.

Des pillages ont eu lieu dans la ville, comme l'avait souligné Serge Malé, représentant du Haut Commissariat des Nations unies pour les Réfugiés (HCR) au Tchad, sans toutefois pouvoir identifier ses auteurs dans l'anarchie qui a suivi les combats.

L'Alliance nationale, qui regroupe les diverses factions rebelles, a, elle, "exprimé (lundi) ses regrets face à l'épreuve subie par les organisations non gouvernementales (ONG) lors de la chute de Goz Beida"

Quant à la situation militaire sur le terrain, elle est des plus confuses, les rebelles et les autorités multipliant les déclarations contradictoires. "C'est une guerre de Thuraya (téléphone satellitaire) en plus d'être une guerre de kalachnikov", a résumé Mahamat Hissène, le ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement.

Dans la matinée, les rebelles qui avaient pris et quitté Am-Dam la veille ont annoncé s'être emparés de Biltine, une ville bien plus importante mais aussi plus à l'est. "Quand on regarde une carte, les colonnes qui avaient promis d'aller vers N'Djamena sont retournés en direction du Soudan", souligne le ministre.

Toutefois, Ali Gueddei, porte-parole de l'Alliance nationale a affirmé que l'objectif de la rébellion n'est pas de "garder les villes".
"Actuellement, notre tactique est d'étirer les troupes gouvernementales. Ce sont de véritables courses-poursuites", précise Abderaman Koulamallah, autre chef rebelle ayant participé à l'offensive de février sur N'Djamena et qui avait été à deux doigts de renverser M. Deby.

Mais le Tchad affirme avoir la "situation bien en main" et prendre les rebelles "en étau". Le HCR a indiqué depuis Genève que Abéché, "principale base opérationnelle du HCR dans l'est, a été bouclée par l'armée tchadienne lundi, rendant très difficile tout déplacement" des travailleurs humanitaires".

"Ils (les rebelles) évoluent dans un rayon de 190 km autour d'Abéché, il est normal que le gouvernement prenne des mesures pour éviter des surprises", a expliqué Mahamat Hissène.
Au plan diplomatique, l'Union Africaine mais surtout le Conseil de sécurité de l'ONU et le secrétaire général Ban Ki-moon ont condamné l'offensive rebelle, l'ONU se disant même "prêt à envisager des mesures appropriées contre les groupes ou les individus qui constituent une menace pour la stabilité de la région".

 Les rebelles en guerre de mouvement
Tue, 17 Jun 2008 04:31:00 +0000

Intoxication ou désir de prendre de vitesse la saison des pluies ? Les rebelles disent progresser vers l'ouest et la capitale.

Les rebelles tchadiens, qui ont lancé une offensive, mercredi, dans l'est du pays, ont pris, hier, la ville de Biltine. Cette localité est située à une centaine de kilomètres au nord d'Abéché, la plus importante ville de la région (700 km à l'est de N'Djamena). Après avoir investi puis abandonné les villes de Goz-Beïda et Am Dam, ils se dirigeraient à présent vers Mongo.

Confortés par les déclarations du ministre français des Affaires étrangères qui a expliqué, dimanche, que « la France n'était pas intervenue et n'interviendrait plus » au Tchad, les rebelles prétendent vouloir marcher vers l'Ouest et s'emparer de la capitale.

Cette tactique pourrait s'avérer risquée, surtout si le scénario de février devait se répéter : les rebelles, alors vaincus dans la capitale, avaient dû se replier vers la frontière soudanaise à travers 800 km de désert. Aujourd'hui, un tel repli serait rendu très difficile par l'arrivée de la saison des pluies, qui va transformer de nombreuses pistes en bourbier.

Selon plusieurs observateurs, les rebelles pourraient, en fait, recourir à une tactique de raids pour affaiblir les garnisons gouvernementales. « Actuellement, notre tactique est d'étirer les troupes gouvernementales. Ce sont de véritables courses-poursuites », explique Abderaman Koulamallah, un des chefs rebelles qui a participé à l'offensive de février sur N'Djamena.

Conscient des risques que courent ses garnisons de l'est du pays, l'état-major tchadien les a renforcées au cours des derniers jours. De source militaire française, l'armée tchadienne aurait concentré près de la moitié de ses troupes dans divers points stratégiques de l'est.

Le choc principal entre rebelles et forces loyalistes pourrait donc bien avoir lieu au sud d'Abéché. Si les rebelles l'emportent, il semble évident qu'ils s'engouffreront alors dans le désert en direction de N'Djamena.

 EUFOR : le défi logistique
Sun, 15 Jun 2008 18:47:00 +0000


 Une ville de l'est du Tchad brièvement occupée par les rebelles
Sun, 15 Jun 2008 13:35:00 +0000

Les rebelles du Tchad, qui ont lancé une offensive mercredi dans l'est du pays, ont brièvement occupé samedi à la mi-journée la ville de Goz Beida, à 75 km de la frontière soudanaise.
Des soldats irlandais de l'Eufor, la force européenne déployée dans l'est du Tchad, ont essuyé samedi des coups de feu tandis qu'ils surveillaient les combats entre l'armée tchadienne et des rebelles. Le même jour, Paris a lancé une mise en garde aux rebelles, en prévenant que "toute action armée visant le Tchad et ses institutions ne peut qu'être condamnée".

Des soldats irlandais de l'Eufor, la force européenne déployée dans l'est du Tchad, se sont retrouvés au milieu des violences qui se sont déroulées à Goz Beida, à 75 km de la frontière soudanaise. Alors qu'ils surveillaient les combats entre l'armée tchadienne et des rebelles, ils ont essuyé samedi des coups de feu. Les soldats ont alors répliqué en procédant à des tirs de sommation. Il n'y a pas eu de victimes dans les rangs irlandais. "L'Eufor a immédiatement renforcé sa présence dans la zone située entre le lieu où se sont produits ces incidents et les camps les camps de réfugiés et de personnes déplacées", a déclaré la force européenne.

Les rebelles du Tchad ont brièvement occupé samedi à la mi-journée la ville de Goz Beida. Ils ont annoncé que plusieurs de leurs colonnes progressaient en direction de l'ouest, dans l'espoir d'atteindre la capitale N'Djamena, pour renverser le président tchadien Idriss Deby Itno. Ce que démentent les autorités. Elles dénoncent une "campagne d'intoxication dénuée de tout fondement". Le Tchad accuse le Soudan de soutenir et de téléguider les actions des rebelles. Ces derniers ont demandé vendredi à la France de cesser ses missions de "renseignement", la menaçant de prendre les avions français "pour cible".

Des rebelles tchadiens ont attaqué samedi 14 juin la localité de Goz-Beïda, dans l'est du pays, où de violents combats étaient en cours, rapportent des témoins."Il y a de violents combats en ville", a déclaré un travailleur humanitaire interrogé par Reuters. Une colonne de fumée s'est formée au-dessus de la ville, a par ailleurs constaté un correspondant de l'agence à une douzaine de kilomètres de Goz-Beïda, d'où il dit avoir entendu des tirs d'armes lourdes et de mitrailleuses.Le journaliste de Reuters avait vu passer un peu plus tôt une colonne de 80 à 100 pick-ups fonçant en direction de Goz-Beïda, localité de la région d'Ouaddaï, limitrophe du Soudan.Les rebelles veulent atteindre N'Djamena

Certains des véhicules étaient équipés de mitrailleuses montées à l'arrière et d'autres transportaient des rebelles, le visage et la tête enturbannés, tenant des fusils automatiques et des lance-roquettes.Une alliance rebelle tchadienne en lutte pour renverser le président Idriss Déby, l'Alliance nationale, a annoncé que plusieurs de ses colonnes progressaient en direction de l'ouest, dans l'espoir d'atteindre la capitale N'Djamena.Le gouvernement a estimé qu'il s'agissait de pure propagande de la part de la guérilla, tout en indiquant que des "mercenaires à la solde du Soudan" - formule par laquelle il désigne les insurgés - étaient entrés au Tchad mercredi.A Paris, le ministère des Affaires étrangères a déclaré suivre "avec beaucoup d'attention la situation dans l'est du Tchad".

Les soldats de l'Eufor,"en protection du camp de réfugiés de Djabal, à 4 km au nord de Goz Beida", ont "répliqué par le feu" à des rebelles, a indiqué un porte-parole de la force européenne, chargée de protéger les populations civiles et les réfugiés. L'accrochage n'a pas fait de blessé côté Eufor."A la demande des agences de l'ONU, les soldats de l'Eufor procèdent actuellement à une opération de récupération des personnels humanitaires avec huit véhicules blindés", a ajouté le colonel.

Les rebelles ont quitté la cité dans l'après-midi, "pour rejoindre d'autres forces de la rébellion dans le secteur", a indiqué par téléphone un porte-parole, Abderaman Koulamallah, estimant que "le gros choc aura lieu probablement demain à Goz Beida avec les troupes gouvernementales". S'il a évoqué de "lourds combats" lors de la prise de la ville, un autre chef, Abdelwawid Aboud Makaye (UFDD-F) a déclaré également par téléphone que les rebelles n'avaient pas essuyé de pertes, mais que l'armée "a subi quelques morts", et qu'ils lui avaient pris "20 véhicules".

Une source militaire tchadienne à N'Djamena a assuré que les rebelles avaient été "repoussés par l'armée", et étaient partis en direction d'Adé, ville frontalière du Soudan, en emportant quatre véhicules de l'ONG Médecins sans Frontières (MSF). Le gouvernement tchadien affirmait vendredi que l'offensive des rebelles n'était qu'une "campagne d'intoxication sans fondement" de "mercenaires à la solde du Soudan" - formule par laquelle il désigne les insurgés, qui disposent de bases arrières dans le pays voisin. Les rebelles ont affirmé jeudi avoir abattu un hélicoptère de l'armée, laquelle a expliqué que l'appareil avait connu un problème technique. Mais un officier irlandais a confirmé à Reuters qu'un appareil avait été abattu et un autre endommagé par des tirs au sol.

Un porte-parole des rebelles a déclaré qu'ils étaient prêts à renoncer à leur offensive si la France et l'Union européenne contraignaient le président tchadien Idriss Déby à accepter la tenue d'une table ronde de négociations sur l'avenir politique du pays. A Paris, le ministère des affaires étrangères a dit suivre "avec beaucoup d'attention la situation". "Toute action armée visant le Tchad et ses institutions ne peut qu'être condamnée par la France et la communauté internationale", a ajouté le Quai d'Orsay dans un communiqué, appelant à une "solution politique".

 Participation de la Suède à EUFOR Tchad
Sun, 15 Jun 2008 11:04:00 +0000

Reportage du 03 mars 2008


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