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| La dernière enquête sur les opinions des PalestiniensMon, 02 Jun 2008 22:50:00 +0000
LES PALESTINIENS N'ONT PAS D'INTERET POUR LA PAIX
Par Richard Baehr, directeur politique de American Thinker American Thinker, le 20 Mars 2008 Titre original : The Palestinians Have no Interest in Peace
Traduction : Objectif-info
La dernière enquête sur les opinions des Palestiniens devrait faire l'effet d'une douche froide aux nombreux partisans des processus de paix au Moyen-Orient s'ils sont taraudés par leur conscience professionnelle, qu'ils vivent sur place ou aux États-Unis. Comme l'a rapporté le New York Times, rien moins, il s'avère qu'une majorité écrasante des Palestiniens de Gaza et de Cisjordanie soutiennent l'utilisation de la violence contre Israël et veulent la fin de toute négociation avec ce pays. Parmi les violences dont les Palestiniens se disent partisans, il y a le meurtre de sang froid de 8 enfants à Jérusalem, par les soins d'un homme armé qui a tiré des centaines de coups de feu sur les étudiants dans la bibliothèque d'une Yeshiva. Il y a aussi les tirs de fusées contre des villes israéliennes depuis la Bande de Gaza.
Naturellement, Israël s'est retiré de Gaza en août 2005, ce qui fait que les Palestiniens ne peuvent pas dire qu'ils subissent l'occupation ou la présence de colonies pour justifier le tir de plus de 5000 fusées contre ce pays depuis le désengagement. Bien que le président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas ait initialement condamné l'attentat de Jérusalem, il a élevé par la suite le tueur au statut de martyre. Ce dernier est à présent célébré dans les médias palestiniens comme un héros de la résistance.
Quand un type armé qui entre dans une école pour assassiner le plus d'enfants possible est considéré comme un héros national, nous avons affaire à une société sans équivalent sur la planète, pour ce qui est de l'abandon de toute morale et de toute décence humaine. L'éthique nationale palestinienne est une très grande malade. Le Hamas diffuse perpétuellement le slogan "les Israéliens aiment la vie, tandis que nous, Palestiniens, aimons la mort, et ainsi au final nous vaincrons".
L'auteur palestinien du sondage, Khalil Shikaki, qui a une bonne réputation, admet avoir été étonné par les résultats de l'enquête. Ceux-ci montrent que le soutien à la lutte armée contre Israël est au niveau le plus élevé qu'on ait jamais vu depuis 15 ans que l'on fait des sondages. Cependant, il n'a pas fallu longtemps pour que Shikaki change son fusil d'épaule et fournisse une explication des récriminations et de la colère des Palestiniens. La récente incursion à Gaza, et l'annonce par le gouvernement israélien des plans de construction de quelques centaines de logements près de la ligne verte. Les justifications avancées sont une mauvaise plaisanterie. Ce qui est pire, c'est que cette histoire va être gobée par les artisans du processus de paix, comme au Département d'état américain ou parmi nos alliés arabes "modérés".
Il y a une quantité de groupes capitulards, même au sein de la communauté juive américaine, au nombre desquels les "Américains pour la paix maintenant", le Forum politique d'Israël, l'Ameinou et le Brit Tzedek. Ce sont des groupes qui ne manquent jamais de voir la chance-de-la-décennie de faire la paix entre les deux camps. Selon eux, cette paix ne peut se réaliser que si les États-Unis s'engagent davantage dans le processus de paix, ce qui signifie s'ils font pression sur Israël pour plus de concessions, et si les nations occidentales fournissent plus d'argent aux "modérés" favorables à la solution à deux états, les "partisans de la paix" de l'Autorité palestinienne.
La réalité, bien sur, c'est que les Palestiniens n'ont pas plus d'intérêt à une solution fondée sur deux états aujourd'hui qu'ils n'en ont eu au cours des 60 années qui se sont écoulées depuis que l'état moderne d'Israël a été créé. Les Arabes n'ont pas accepté un mini-état juif à côté d'un état palestinien, beaucoup plus grand à la fin des années 30, sur l'offre des Anglais avec le plan Peel, ni les deux états de taille équivalente proposé par l'ONU en 1947, ni l'offre d'Israël et des États-Unis à Camp David en 2000 ou encore à Taba en 2001. (Dans ces deux derniers cas, l'offre comprenait l'intégralité de Gaza et pratiquement toute la Cisjordanie).
Le vrai mythe, toutefois, c'est de croire que les Palestiniens ont le moindre intérêt à la paix. La paix a toujours été le but des Israéliens : mettre un terme au conflit, passer un compromis sur les principales questions, et en finir une fois pour toutes avec les accusations et les revendications contre Israël exprimées dans la région et dans les organismes internationaux. À la fin du processus, la normalisation d'un état à tout jamais.
Pour les Palestiniens, la paix n'est pas un but. Cela peut être une étape en direction d'un but, une tactique à court terme. Mais la paix elle-même n'a aucune signification pour les Palestiniens. Ce n'est pas un aboutissement désiré. Le but palestinien est la fin d'Israël. En d'autres termes, une partie à ce conflit veut que sa prolongation soit assurée. Les objectifs de l'autre partie ne doivent jamais advenir.
Les Palestiniens croient que leur but peut être réalisé par la capitulation politique d'Israël, ou par la force, à partir d'un certain point, une ou des bombes iraniennes, par exemple. Mais le terrorisme palestinien et la violence font toujours partie de leur stratégie, conçue pour que les Israéliens ne puissent jamais se sentir en sécurité ni en repos, avec un État normal, et une existence reconnue en tant que peuple libre.
Les Palestiniens ont également découvert que ceux qui ne tirent aucune leçon de l'histoire de ce conflit sont nombreux en Israël et en Occident, y compris beaucoup de juifs en Amérique. Ils refusent de reconnaître la haine profonde contre les juifs, Israël, l'Amérique et l'Occident, qui a été inculquée aux Palestiniens de toutes les générations par l'intermédiaire des médias, des écoles, des mosquées et des dirigeants politiques en personne. Tout cela donne, faute d'un meilleur qualificatif, un conflit irréconciliable, du fait des objectifs poursuivis par les Palestiniens.
Les Palestiniens ont sacrifié la vie de trois ou quatre générations de leur peuple, abandonnées dans des conditions horribles dans des camps de réfugiés administrés par l'UNWRA et financés en grande partie par ce pays, qui ne sert, c'est son dessein, qu'à maintenir en vie un Israël détesté et source de colère. Pourquoi aboutit-on toujours à une impasse quand les deux parties se réunissent ? Parce que les Palestiniens ne peuvent en définitive donner leur accord à un arrangement qu'à leurs conditions. Et jusqu'ici, Israël n'a pas accepté de signer un pacte suicidaire de ce genre.
Dans les jours à venir, les résultats de ce sondage seront cités comme la preuve qu'Israël et de l'Amérique doivent faire davantage. Bien sûr, c'est exactement ce qu'il ne faut pas faire. Essayez d'imaginer que 5000 fusées aient été tirées depuis deux ans et demi du Mexique ou du Canada sur les États-Unis. Je crains bien que notre pays n'aurait pas eu à compter jusqu'à 5.000 avant qu'une réponse ait mis un terme à ces tirs.
Est-ce qu'une autre nation, excepté Israël, aurait été condamnée pour avoir répondu à ces attaques ? Qu'est-ce qui est effectivement disproportionné dans la réponse d'Israël au tir de 5.000 fusées qui avaient toutes pour fonction de tuer des juifs en Israël ? Fallait-il qu'Israël tire 5000 fusées en réponse pour réaliser la proportionnalité ?
A un moment ou à un autre, des gens sensés des pays clés de la région, des États-Unis, et d'Europe, ouvriront les yeux sur la situation telle qu'elle est, et ils se rendront compte que tout simplement les Palestiniens ne veulent pas d'un nouvel État qui leur soit propre. Un tel État ne serait qu'une avancée de plus pour saper l'existence d'Israël, et déstabiliser la Jordanie, le Liban et l'Égypte. Les Palestiniens ne seront jamais d'accord pour mettre fin au conflit, ou abandonner une seule de leurs exigences.
On a vu exactement ces deux dernières années à Gaza ce que l'autonomie palestinienne peut réaliser avec un territoire qui lui appartient exclusivement. Ce genre de comportement n'encourage pas à leur remettre davantage de terres pour aboutir à un État terroriste. En ce moment, créer un état palestinien équivaut à créer une nouvelle nation pour Al Qaeda.
Il y a de vastes étendues de terres dans le monde arabe sur lesquelles les Palestiniens pourraient vivre leur vie, s'ils repartaient à zéro avec des financements internationaux. Les États du Golfe ont quelques milliards pour jouer cette carte. Il pourrait aussi y avoir un régime d'autonomie pour une partie des Palestiniens dans une confédération avec la Jordanie. De toute façon, le mariage des Palestiniens avec les fusils et les explosifs, l'histoire romancée des Palestiniens, tout cela doit prendre fin. Mahmoud Abbas n'est en droit de recevoir un soutien que si les modérés sont en mesure de vaincre le Hamas.
Le Hamas doit être défait à Gaza, sans qu'il lui soit permis de reconstituer ses forces comme après la récente incursion israélienne, ni de perfectionner ses systèmes de tir de fusées. À partir d'un certain point, les réponses israéliennes intermittentes aux attaques lancées depuis Gaza seront jugées insuffisantes, et la tâche difficile de renverser les effets du coup de force du Hamas de 2007 commencera. En attendant, il faudra tenter des actions plus puissantes pour se rapprocher de cette échéance.
Il ne faut pas mener de grandes négociations entre Israël, l'Autorité palestinienne et le Hamas. Il n'y en aura pas. Le Hamas ne cèdera jamais son pouvoir sur Gaza. C'est la réalité du conflit en cours. Les animateurs du processus de paix se dresseront sur leurs grands chevaux, mais il n'y a pas de paix à signer. Il faut inventer des solutions novatrices, ou alors le monde accepterait le meurtre de davantage d'enfants et récompenserait ceux qui fêtent ce genre de "succès".
| | Film Fitna, du parlementaire hollandais Geert Wilders : point de vue d'un professeur de philosophie de la loi à l'Université de Leiden aux Pays-Bas...Sat, 05 Apr 2008 21:45:00 +0000VOIR VIDEO FITNA EN FRANCAIS : http://www.dailymotion.com/bivouac-id/video/x4vfdf_fitna-version-francaise-geert-wilde_newsL'ISLAM ET LA CRITIQUE Par Afshin Ellian, professeur de philosophie de la loi à l'Université de Leiden- Pays Bas ? a dû fuir l'Iran en 1983 Paru dans le Wall Street Journal du 31 mars 2008. Traduit par Albert Soued, www.chez.com/soued pour www.nuitdorient.com/n1514.htmLe documentaire Fitna sur le Coran est arrivé. Le parlementaire hollandais Geert WIlders a mis son film de 15 minutes sur le Net, la semaine dernière. Mais des semaines avant que personne ne l'ait vu, le drapeau hollandais a été brûlé partout dans le monde islamique. Le si peu démocratique parlement Iranien a décrété un boycott des Pays Bas et les sites liés à Al Qaeda ont appelé à des attaques terroristes. Les Américains sont aujourd'hui habitués à ce que des "barbus" enflamment leur drapeau. Mais pas les Hollandais. En réponse, le gouvernement hollandais a élevé le niveau de sécurité au maximum, alors que son 1er ministre Jan Peter Balkenende a pris ses distances vis-à-vis du film. Jusqu'au dernier moment, il avait demandé à Mr Wilders de ne pas projeter son film. Le message de "Fitna" est que le Coran est une inspiration vivante pour les Jihadistes. Selon le film, sans les passages violents du Coran, il n'y aurait pas de terrorisme islamique. Mr Wilders présente des versets du Coran parallèlement à des discours de haine d'Imams et des images vidéos de terreur islamique ? allant du 11/9 à l'attentat des trains de Madrid en 2004 et à celui de Londres l'année suivante. Il utilise des séquences vidéo montrant une décapitation d'un otage par des terroristes musulmans. Il montre aussi le dessin danois le plus controversé, qui a déclenché les manifestations à travers le monde il y a 2 ans, celui d'un Mahomet dont la tête va exploser. Depuis fort longtemps, l'Occident a appris à critiquer, et même à se moquer de la religion. Pensez à des films comme "la vie de Brian" ou le "da Vinci Code", ou des textes plus sérieux sur la chrétienté, comme ceux de Nietsche, "Dieu est mort", qui fait partie de la culture populaire. La concurrence des idées est fondamentale pour le mode de vie occidental. Le monde islamique n'a pas l'habitude de ce genre de controverses. Comme dans d'autres pays, les terribles attaques du 11/9 ont soulevé aux Pays Bas des interrogations existentielles, et le débat se poursuit encore aujourd'hui. Il en est résulté l'avancée politique de Pim Fortuyn, écrivain et ex-professeur d'université, flamboyant et ouvertement homosexuel. Cet homme avait fulminé contre les côtés obscurantistes de l'Islam politique ? le terrorisme, l'assujettissement des femmes et des homosexuels et l'antisémitisme. Son meurtre en 2002 par un extrémiste de gauche a été perçu comme un assaut contre l'ordre démocratique hollandais. Le choc a été aggravé en 2004 quand à Amsterdam, capitale de la liberté et de la tolérance, un Musulman hollandais d'origine marocaine a abattu et presque décapité Theo Van Gogh, un cinéaste. L'assassin a déclaré que l'Islam lui avait demandé de tuer cet homme, car il avait tourné un film court qui critiquait le mauvais traitement des femmes en Islam. Après le meurtre, la collaboratrice du cinéaste, Ayaan Hirsi Ali, une parlementaire d'origine somalienne, a été mise sous protection de la police 24h/24. Quand celle-ci a été amenée à partir vivre aux Etats-Unis en 2006, Geert Wilders a repris le flambeau. Celui-ci a une position dure à l'égard de la terreur islamique et il a demandé l'arrêt de l'immigration en Hollande, au moins jusqu'à l'intégration complète des Musulmans qui y habitent. Certains de ses arguments sont de la pure polémique Ainsi par exemple, il déclare que le Coran est un livre "fasciste", et comme "Mein Kampf" est interdit de publication en Hollande, le Coran devrait aussi être interdit. On peut débattre du contenu du Coran, mais de là à l'interdire, il y a du chemin. En fait les remarques courageuses de Mr Wilders ont entraîné un débat constructif autour du Coran et de l'Islam aux Pays-Bas, débat le plus vigoureux qu'on ait eu dans aucun autre pays, occidental ou musulman. Aussi peu confortable qu'il soit pour les Musulmans de ce pays, ce débat peut les aider à voir leur religion sous un ?il plus critique. Malgré l'attrait croissant de l'Islam radical, la participation politique des Musulmans modérés croît aussi, signe positif pour leur intégration. Pour la 1ère fois dans l'histoire de ce pays, 2 Musulmans sont dans le cabinet et les Musulmans ont réagi calmement à la diffusion de Fitna. Pas de manifestation ici, ni pacifique, ni violente. Peut-être que c'est la preuve que l'âpre débat a aidé les Musulmans de Hollande à comprendre les valeurs occidentales. Mais le problème n'est pas le film de Mr Wilders ou s'il a incité à la haine ou non. Le vrai problème est de savoir si nous sommes capables de défendre nos valeurs contre l'intolérance de l'Islam radical. Certains ont demandé l'interdiction du film Fitna, sans l'avoir vu. C'est déconcertant! Surtout que la loi hollandaise interdit la censure a priori. Un courant dans la société occidentale prône l'apaisement, il s'agit d'un mélange de nihilisme européen, d'une haine de soi et de timidité. Ce n'est pas la force de nos ennemis, mais c'est notre faiblesse qui va nous ruiner. Si jamais Fitna mène à des violences et des protestations contre les Hollandais, l'Europe sera, je l'espère, plus solidaire qu'elle ne l'a été avec les Danois, du fait de leurs dessins. Toute faiblesse dans la résolution pour défendre l'ordre légal de la démocratie devrait être perçue tel qu'elle est: trahison et lâcheté. Note de www.nuitdorient.comLa plupart des séquences vidéo de ce film Fitna sont connues depuis longtemps, elles sont dans nos archives et existent sous différentes formes sur le Net. L'auteur de ce film n'a fait qu'alterner vidéos et pages du Coran. Or les versets du Coran qu'il a reproduits sont véridiques et correctement traduits. Le réalisateur n'a fait qu'illustrer des pages du Coran où il a repéré des versets iniques, par des images et des vidéos qui leur correspondent. Alors où est le mal ? Ainsi par exemple, comme le préconise un site arabe Al-Ekhlaas d'al Qaeda, selon la sharia' on devrait décapiter Geert Wilders, l'auteur du film Fitna, du fait qu'un Musulman peut se sentir calomnié. Or justement son film montre la décapitation du journaliste Daniel Pearl, parce qu'il a reconnu qu'il était Juif, et, selon le Coran et la Sharia', un Juif est un infidèle méritant la décapitation, s'il n'est pas soumis et dhimmi. Un Juif, fier de l'être, est considéré comme arrogant par tout Musulman qui se respecte, et il mérite selon le Coran la mort par lapidation ou décapitation. De même n'enseigne-t-on pas la haine du Juif aux enfants de 2 ou 3 ans, dans les écoles Palestiniennes, comme le montre ce film court? Le film est la photographie de la réalité. De quoi a-t-on peur ? Que le monstre se déchaîne? Mais il est déjà parmi nous: c'est l'obscurantisme qui est en train de nous ravager petit à petit, par la désinformation et en bâillonnant la liberté de s'exprimer, quitte à laisser s'exprimer librement et massivement l'Islam radical qui correspond à 10% de l'Islam, selon des sources bien informées, soit 130 millions de personnes? | Témoignages de Français vivant en IsraëlMon, 31 Mar 2008 21:50:00 +0000
Par Raphaël Perrodin raphaelperrodin@hotmail.com
J'envoie souvent des messages importants, provenant de sources diverses, concernant la situation ici en Israël, pour cette fois j'ai fait l'effort d'écrire moi même ce que j'avais sur le c?ur. Vous pouvez transférer ce message à d'autres personnes qui ne sont pas encore très informées sur ce qui se passe ici.
Vivant moi même en Israël depuis 20 ans et ayant deux garçons dans des unités combattantes de Tsahal, (un encore actif et l?autre réserviste), je voudrais donner [ou redonner] quelques précisions très importantes concernant la situation ici, que la plupart des médias dans les nations ne donnent pas.
Israël est sorti de la bande de Gaza il y a deux ans et demi, tous les villages Israéliens qui pour beaucoup donnaient du travail aux palestiniens dans l?agriculture ou autre ont été démantelés laissant cette bande de terre à l?Autorité Palestinienne, reconnue par Israël et par les nations, pour diriger le peuple palestinien et y établir l?ordre et la justice.
Malgré les aides financières très importantes reçues des nations, cette Autorité n?a pas été capable de maintenir un bon niveau social pour ses habitants, mais également et surtout, d?imposer le calme et la soumission aux bandes armées islamistes extrémistes, dont la plus importante est le Hamas, soutenu par le Hezbollah du Liban, la Syrie et l?Iran.
Après la sortie d?Israël de la bande de Gaza, le Hamas et autres organisations qui ne reconnaissent pas l?existence de l?Etat d?Israël, ont commencé à lancer des roquettes et missiles sur le sud d?Israël. Par la suite, faisant rentrer de plus en plus d?armes par l?Egypte, pays frontalier avec la bande de Gaza, le Hamas est devenu de plus en plus puissant et a chassé d?une manière violente, meurtrière et barbare l?Autorité Palestinienne et sa police. Depuis lors, le Hamas a pris le contrôle de Gaza et y impose une dictature islamiste.
Les tirs de roquettes et missiles sur Israël se sont alors intensifiés visant la population. L?armée d?Israël a dû intervenir pour protéger sa population et a fait des incursions par air et par terre pour neutraliser ces lanceurs de missiles et leurs commandants.
Dans ses actions, l?armée fait attention à ne pas toucher la population civile palestinienne, mais c?est difficile car le Hamas utilise la population comme bouclier humain et a même un grand intérêt à ce que cette population soit touchée pour utiliser cela comme propagande anti-israélienne auprès des arabes et des nations ! Et ça réussi bien car les médias étrangers sont de bons véhicules pour cela ! Lorsque des civils palestiniens sont touchés, Israël s?excuse officiellement et précise que son but n?est pas de faire du mal à la population, mais de stopper les lanceurs meurtriers de missiles.
Des dizaines de missiles sont envoyés presque chaque jour sur les villages et villes du sud d?Israël. Grâce a Dieu il y a beaucoup de miracles de protection, mais malheureusement il arrive que des Israéliens soient blessés gravement ou tués, et dans ce cas, le Hamas exulte de joie et même la population civile de Gaza fait la fête.
Les terroristes islamistes palestiniens voudraient s?attaquer aux dirigeants Israéliens mais comme ils n?y arrivent pas, ils se tournent vers des proies plus faciles et sans défense, comme par exemple jeudi dernier ce terroriste qui est rentré dans une école religieuse à Jérusalem et a mitraillé des jeunes étudiants, tuant et blessant plusieurs d?entre eux. Heureusement, un réserviste était dans les environs avec son arme et a tué le terroriste avant que le carnage ne devienne plus important.
Nous voyons bien la différence : d?un côté Israël veut supprimer les terroristes pour que la paix vienne sur les deux peuples, envisageant même de donner un Etat indépendant aux Palestiniens, et de l?autre côté, les islamistes palestiniens veulent anéantir la population Israélienne. Alors dans cette situation, qui sont les criminels de guerre ?
Je trouve étrange que le monde accuse si facilement Israël, et de ce fait donne une justification aux islamistes.
Concernant l?attentat terroriste de jeudi dernier dans l?école, je voudrais préciser que le terroriste était arabe Israélien, c?est à dire résident en Israël et recevant les droits d?un citoyen. Il y a beaucoup d?arabes qui bénéficient de la citoyenneté israélienne.
Récemment j?étais dans un petit bureau de poste à côté de mon travail en vieille ville de Jérusalem et il y avait une file composée d?hommes et de femmes arabes, pour la plupart d?un certain âge, qui attendaient de recevoir leur pension ou l?aide sociale. Un vieux musulman a commencé à me parler dans un très bon hébreu pour me montrer que tout ces gens bénéficiaient des aides de l?Etat d?Israël et qu?en remerciement leurs enfants ou petits enfants allaient jeter des pierres sur les véhicules Israéliens qui passaient dans leurs quartiers, ou même pour certains s?engageaient dans des organisations terroristes pour « tuer du juif » ! Cet homme m?a encore dit que dans tous les autres pays arabes, il n?y avait pas d?aide ou d?avantages sociaux comme en Israël et que leur vie était bien meilleure ici que dans les territoires autonomes palestiniens.
Merci de prendre en considération tout ce que je viens d?écrire la prochaine fois que vous écouterez vos medias.
UNE FIN DE SEMAINE PRESQUE NORMALE A ASHKELON
Par Rachel Haddad - rach.hadd@gmail.com www.desinfos.com - 2 mars 2008 -
A en croire les journaux télévisés francophones et notamment français ce soir, j?ai bien l?impression de ne pas vivre la même réalité. S?il est effectif que les représailles de l?armée israélienne aient été plus massives ces dernières 24h ayant causé selon la formule consacrée des "dommages collatéraux", je suis outrée de la manière dont les journalistes couvrent ces évènements.
Depuis plusieurs années, j?ai remarqué que le manque d?objectivité et d?impartialité étaient de mise, mais là je crains que le lynchage médiatique contre Israël n?atteigne des sommets...
Quel pays au monde pourrait accepter d?être la cible journellement de roquettes et ce depuis plusieurs années sans réagir ?
Quel pays au monde serait pressé de donner une partie de son territoire pour une hypothétique paix à ceux qui la refuse obstinément et qui n?ont que pour seul objectif de détruire le pays d?Israël ?
Quel pays au monde pourrait se faire traiter de microbe et être menacé d?éradication sans broncher, et ne susciter aucune émotion, sauf celles de se faire traiter de barbares ou génocidaires ?
Pourquoi ne pas dire que depuis 60 ans, Israël est le seul pays au monde a s?être autant fait agressé ! Pourquoi ne pas dire que la "population palestinienne" souffre de la lâcheté des pays arabes qui n?en ont cure et qui ne voient en eux qu?un outil de pression ?
Pourquoi ne pas dire que tout l?argent versé en 60 ans à ces dits palestiniens aurait pu sauver tous les réfugiés du Darfour plus d?une fois au lieu de remplir les comptes en banque de leurs dirigeants corrompus ?
Pourquoi nous force-ce t?on a établir une paix avec un Monsieur Abbas qui n?a aucune gène à reconsidérer la lutte armée contre nous comme une éventuelle possibilité ?
Pourquoi, Mme Rice, en future visite chez nous, ne vient-elle pas nous forcer la main à l?Université de Sapir à Sdérot ou à la Marina d?Ashkelon ?
La Marina d?Ashkelon, justement dans l?après midi. Vers 16H nous avons entendu un boum énorme à 400 mètres de chez nous, un boum d?un missile Grad causant des dégâts et des blessés, des rondes d?ambulances, des gens affolés, et les questions de mon fils :
Maman, moi aussi je serai comme Ocher, je ne pourrai plus jouer au football ? (Ocher de Sdérot a été amputé d?une jambe la semaine dernière) Papa va t-il aussi mourir comme le Monsieur de Sdérot ? Que répondre à mon fils ?
Que je souhaite faire la paix avec quelqu?un qui veut nous assassiner ?
Que je suis forcée d?approuver un accord de paix qui me mènera tôt ou tard à voir mon pays se faire détruire ?
Que je suis obligée de me soumettre au diktat hypocrite, voire mensonger des médias internationaux ?
Que je suis contrainte d?occulter la menace nazi-islamiste contre mon peuple qui je ne sais par quel miracle a réussi à survivre ?
Que répondre, que faire ? En attendant le prochain Grad....
| Point de vue d'un arabe, professeur de sociologie, sur le conflit Israëlo-PalestinienSat, 22 Mar 2008 20:46:00 +0000NOTRE ENNEMI PRINCIPAL
Par Sami Alrabaa, professeur de sociologie, vivant en Allemagne et commentateur des affaires arabes.
Jerusalem Report daté du 18 mars 2008
Traduit par Albert Soued, www.chez.com/soued/conf.htm pour www.nuitdorient.com
Nous autres Arabes, du moins nos régimes et nos médias, saisissons toute occasion pour dépeindre Israël comme le pire Mal au Moyen Orient. Un exemple récent, en janvier dernier, nous avons condamné Israël lorsque les Gazaouis ont fui en Egypte le blocus qui leur était infligé. Personne n'a mentionné les raisons du blocus.
Pendant plus d'1/2 siècle, les Arabes ont décrit Israël comme leur ennemi principal, une "force impérialiste", soutenue par les Américains, qui, en permanence, inflige aux Palestiniens "un génocide, la famine et les violations des droits de l'homme". Mais soyons sérieux, alors que nous déplorons l'existence de cet Etat, nous, les régimes arabes, nous sommes au fond très content qu'Israël existe. Nous avons un coupable à blâmer de la misère et de la confusion de nos peuples. Si Israël n'existait pas, nous serions dans l'obligation d'inventer un autre ennemi à accabler, par exemple, en demandant la restitution de terres arabes à la Turquie (Province d'Iskanderoun) ou à l'Iran (province de l'Arabstan).
Israël a cessé d'occuper Gaza et le Liban-Sud. Et pourtant, pour le Hamas et le Hezbollah, ce n'est pas assez! L'Egypte a récupéré jusqu'au dernier m2 toute sa terre, mais elle continue, à travers ses médias et ses porte-parole à tenir un discours hostile et provocateur à l'égard d'Israël. L'animosité des Arabes est devenue un article de foi, une forme de "religion": Israël est un mal inacceptable et les Arabes en sont les victimes. Cela dépasse la logique, la nécessité d'une realpolitik et toute preuve tangible. Des cinglés comme moi qui croient dans la coexistence font l'objet de la fureur des médias arabes et sont menacés de "la colère divine".
Les médias arabes ont concocté toutes sortes de théories de conspiration. Israël n'occupe pas seulement une terre arabe et n'affame pas seulement les Palestiniens, il provoque toute sorte d'animosité entre les Arabes. Dans l'hebdomadaire du Caire Al Ahram (les Pyramides), Hassan Nafaa écrit le 26/01/08: "En persistant dans sa détermination à créer la zizanie entre les Arabes, Israël a été à l'origine des dissensions entre le Fatah et le Hamas. Il n'a pas ménagé ses efforts pour inciter l'Autorité Palestinienne à reprendre Gaza et éliminer le Hamas et le Jihad Islamique de la Cisjordanie? Tel Aviv n'a jamais été sérieux à propos d'une solution pacifique du conflit et reste ferme dans son double objectif de garder la terre et de diviser les Arabes"
Combien de fois Tel Aviv n'a-t-il pas demandé au régime Baa'thiste de Syrie de revenir à la table des négociations? Les Syriens ont à chaque fois refusé l'offre et ont insisté pour la récupération du plateau du Golan ? "après on verra" disent-ils. Même si la Syrie récupère le Golan, le régime Baa'thiste de Damas restera provocant, soutenant les milices telles que le Hezbollah ou le Hamas.
Dans le même numéro d'Al Ahram, on trouve les résultats d'un sondage mené par "le Centre de recherche al Moustaqbal" de Gaza d'après lesquels le Hamas reste toujours populaire parmi les Palestiniens, alors que son rival le Fatah est en déclin, notamment en Cisjordanie. Essam Adwan, professeur de science politique à l'Université d'al Aqsa à Gaza n'est pas surpris disant "Bien que le niveau de vie des Gazaouis ait sérieusement chuté sous le gouvernement du Hamas, de larges secteurs de l'opinion palestinienne continuent de soutenir le Hamas, simplement parce qu'il est en guerre contre Israël!"
Cela n'est pas surprenant. Qui ose dire ouvertement qu'il s'oppose au Hamas ? Il serait abattu sur le champ.
En fait le Hamas et tous les régimes arabes ont pris en otage leur population. Personne n'ose plus s'opposer à ces régimes autoritaires, risquant d'être traité de traître, emprisonné ou tué. Les régimes autoritaires ont besoin d'un ennemi extérieur. Les périls extérieurs, réels ou fictifs, garantissent le soutien de la population. Hitler et d'autres dictateurs ont procédé de la même manière et les despotes arabes continuent le processus. Jusqu'à leur chute. En attendant que la démocratie et la liberté de parole soient introduites dans les pays arabes, que des partis d'opposition soient autorisés à s'exprimer, que le discours agressif et venimeux soit éliminé des écoles et des médias, la flamme de la haine continuera à flamber et les forces radicales continueront à l'animer.
Lorsque vous parlez aux gens en privé, ils vous disent qu'ils sont fatigués et malades de leurs régimes. Ils veulent la paix avec Israël. Si des consultations libres et transparentes étaient tenues, la majorité voterait pour une complète coexistence avec Israël. Et parmi eux à Gaza, on pourrait trouver peut-être Ali, Nidal, Tawfiq et Moufid (qui ont refusé de donner leur nom de peur de représailles), qui ont dit à un journaliste allemand que ceux qui ont défoncé la frontière avec l'Egypte essayaient de fuir le Hamas, la vie sous sa férule étant devenue insupportable. | Pour essayer d'être objectif sur le conflit Israélo-Palestinien, il faut aussi s'intéresser à la version israélienne... En voici une...Fri, 14 Mar 2008 23:53:00 +0000RAPPEL AUX NON-JUIFS SOUTENIR ISRAËL, C?EST AUSSI DEFENDRE CERTAINES VALEURS FONDAMENTALES
Par Francine Girond pour Guysen International News
Jeudi 13 mars 2008
Lorsque des victimes civiles sont massacrées par des terroristes, c?est toute l?humanité qui est mise en péril. Quand ces victimes sont des enfants, délibérément désignés avec préméditation, c?est le sens même de la vie qui échappe à cette humanité. Il serait simplement humain d?attendre une seule et unique réaction spontanée: la condamnation sans aucune condition, sans aucune nuance.
Or, s?il s?agit d?Israël, et d?enfants israéliens, une sorte de tabou refait toujours surface. Rares, dans les milieux non-Juifs, sont ceux qui condamnent cet acte barbare sans, au mieux, « comprendre » ce qui a poussé l?assassin ; au pire, le justifier.
Le soutien à Israël revêt quelque chose de suspect et sa critique systématique va forcément de soi, y compris dans les milieux intellectuels, enseignants, littéraires et bien formés. Et s?il arrive de vouloir entamer une discussion, deux attitudes, somme toute assez violentes, s?imposent : le déni de la réalité historique et l?accusation de partialité. Alors qu?il ne serait pas interdit d?échanger sereinement des points de vues divergents sur la politique étrangère de n?importe quel pays, avec les mêmes principes de départ.
Par exemple, que ne faut-il pas aller rechercher sur internet le texte de l?ONU de novembre 1947 pour prouver qu?à l?origine, c?est bien la création d?un état « juif » qui a été votée à la majorité? et ce n?est pas suffisant parce qu?il est alors rétorqué qu?il faudrait s?insurger contre ce qui ressemble alors à une théocratie, puisque certains peuples comme les Druzes ne peuvent pas en substance se reconnaître dans cette définition. Alors, il faut expliquer qu?il existe un parti arabe, des Arabes élus démocratiquement à la Knesset, selon la spécificité de cet Etat.
Que cela plaise ou non, la création de l?Etat juif d?Israël a légalement été votée, et soutenir l?existence de cet état, c?est défendre les valeurs de la démocratie et de la liberté d?opinion.
Mais la critique persiste : un intellectuel européen, universitaire de premier plan, m?objectait récemment qu?il fallait être plus exigent avec Israël parce que, justement, ce pays était supposé se conformer aux règles de la démocratie alors que les dictatures islamistes voisines étaient dirigées selon des principes contraires à la civilisation. Si cette remarque est très juste, et elle le serait aussi pour nombre de pays européens, il n?en reste pas moins qu?elle n?est pas alléguée au bon moment. Ne serait-il pas tout aussi juste de hiérarchiser les priorités ? de commencer par lutter contre les violations des droits humains les plus meurtriers ? Soutenir Israël, c?est défendre aussi les valeurs des droits de l?homme, et des droits de la femme. Et l?argument suprême s?exprime : les Palestiniens de Gaza souffrent et crèvent? comment faire comprendre que, pour améliorer le sort des Palestinien, pour les sauver, on a vraiment intérêt à soutenir Israël ?
Peut-être en posant quelques questions : selon le rapport publié le 6 mars dernier par différentes organisation humanitaires, le peuple palestinien de Gaza, dont la majorité des familles gagne moins de 1,2 dollars par jour, connaît la pire des situations depuis 1967.
Par ailleurs, Indy Khoury, la représentante en France de l?Autorité palestinienne ne cesse de conclure tragiquement qu?un blocus israélien empêche, entre autres, l?arrivage de nourriture dans cette zone. Alors, s?il est impossible de faire parvenir des vivres à Gaza et si les Gazaouis sont trop pauvres, comment se fait-il que, dans Gaza, les membres du Hamas, eux, soient bien portants et bien nourris, qu?ils puissent trouver de l?argent pour acheter des armes, ou du matériel explosif, et les introduire dans ce territoire ? Il est peut-être trop difficile de répondre objectivement à ces questions, parce que, au fond, elles révèlent une violence intellectuelle trop pénible à intégrer lorsque l?on est sincèrement persuadé du bien-fondé de la forme de son empathie avec « les Palestiniens », dans une globalité extrêmement artificielle. Parce qu?elles remettent en cause toute une formation culturelle sur ce que devraient être les principes du bien ? illustré par ceux qui ont l?apparence de la faiblesse et le monopole de la victimisation-, et du mal ? incarné par ceux dont un postulat de départ leur a attribué la force par excellence, la force militaire visible ou encore éventuellement le soutien des Etats Unis.
Il faudra bien cependant qu?il ne soit plus insupportable de les entendre.
Et puis il faudra bien admettre, enfin, que, pour les Israéliens, précieuse est la vie d?un seul enfant, qu?il soit d?Israël ou de Palestine | | Présentation du roman "Docteur Malard ou la fuite mystérieuse", publié fin 2006 aux éditions Bénévent (d'après l'énigmatique affaire Godard...)Mon, 03 Mar 2008 21:30:00 +0000 TEXTE DE QUATRIEME DE COUVERTUREOn se souvient du fait divers relatant la disparition d?un certain médecin acupuncteur de la région de Caen, disparu soudainement sur un voilier loué à Saint-Malo en août 1999? Le praticien était accompagné de ses deux jeunes enfants. L?affaire fit alors grand bruit et prit des allures de feuilleton durant des semaines, à la radio et la télévision. À ce jour, cette disparition compte parmi les énigmes du vingtième siècle. Malgré de nombreuses recherches, on ne sait toujours pas ce qui s?est réellement passé dans cette famille? Le roman, même s?il n?est que fiction, retrace cette sombre histoire en s?appuyant sur les faits réels. Il en donne une certaine version, notamment sur ce qui aurait pu arriver à la femme du médecin, dont on retrouva des traces de sang au domicile des époux, ainsi qu?aux deux enfants. Puisque le crâne de la fillette fut un jour remonté dans les filets d?un chalutier? Une histoire mystérieuse et troublante, pleine d?émotion. Un drame passionnel? Pour lecteurs sensibles et curieux. CHAPITRE I Ce samedi-là, soit le vingt-huitième jour d?un mois d?août ensoleillé de l?année 1999, à Tilly-sur-Seulles où il demeurait, le docteur Yvan Malard ne changea rien à ses habitudes. Il fit comme de coutume? En fin de matinée, il partit donc au café-tabac du village avec ses deux enfants, Camilla, six ans, et Marcus, cinq ans, qu?il venait de prendre au sortir de l?école ; il s?y rendait de temps à autre pour se détendre, seul ou non. Consommateur invétéré de cigarettes et lecteur assidu de certains magazines, ce bistrot plutôt tranquille et discret lui avait tout de suite convenu. Dans cet endroit un peu retiré de campagne, il se sentait à l?aise, et c?était devenu l?un de ses lieux favoris. Resté un peu sauvage, il fuyait toujours le monde lorsque son emploi du temps le lui permettait. Arrivé dans le bistrot, le docteur s?installa comme toujours à la même table, tout au fond de la salle? Et acheta comme à chaque fois, cigarettes, journaux et magazines, qu?il feuilleta en buvant des cafés crème. Pendant ce temps-là, ravis et pleins d?enthousiasme, ses enfants jouaient à d?interminables parties de baby-foot ou de flippers. Seulement, ce samedi-là, le docteur Malard avait bien du mal à rester calme, à se concentrer sur ce qu?il était en train de lire. Parce qu?aujourd?hui, il savait parfaitement qu?il ne parviendrait jamais à se détendre, bien au contraire? Et les mégots s?entassaient dans son cendrier sans qu?il s?en rendît compte. À peine une cigarette terminée, qu?il en reprenait une autre? C?est qu?il était très préoccupé, extrêmement soucieux ; plus que cela, même : il était carrément paniqué. Finalement, les jours avaient passé à une vitesse folle? Et le jour « J », ce jour tant espéré, tant attendu, arrivait à grands pas ! On y était presque? Le jour où tout allait se jouer, où tout devait se jouer. Alors, bien qu?il en fût extrêmement satisfait et soulagé, plus le moment se rapprochait, et plus il avait peur? Aussi le docteur Malard ne tenait-il plus en place, tenaillé par une nervosité grandissante dont il n?était plus maître ; mais en même temps, une grande joie l?empêchant de craquer le submergeait, à l?idée que sa vie allait enfin changer, et cette fois, dans le bon sens. Son cerveau en ébullition ne cessait de travailler, tandis qu?il semblait impassible, assis sur la banquette un peu inconfortable du café. Il regardait tout sans rien voir, ses mains soignées d?orfèvre de la chair pétrissant nerveusement les pages des magazines, et qui seules le trahissaient. Si le docteur était aussi paniqué, c?est qu?il songeait à ces derniers jours. Il se remémorait avec inquiétude, tristesse et lassitude les tout derniers évènements. Des évènements qui entravaient quelque peu la bonne marche de ce qu?il avait entrepris? Début août, il s?était enfin décidé à prendre la grande décision, celle qui l?engagerait pour le restant de sa vie. Mais seulement après l?avoir longuement mûrie, durant des jours et des jours. C?était donc pour lui une décision d?une importance capitale, d?une extrême gravité. Une décision devenue d?ailleurs absolument irrévocable, et à laquelle, hélas, Marion, sa femme, refusait toujours d?adhérer. Bien qu?il ait pourtant tout essayé depuis des mois pour la persuader, pour la convaincre, mais en vain? Elle continuait à ne vouloir rien entendre. Bien sûr, il le comprenait, elle avait deux enfants d?un premier mariage qui vivaient chez leur père, et qu?elle ne voulait pas laisser derrière elle? Mais lui aussi, était le père de deux grands fils issus d?une précédente union et auxquels il tenait également beaucoup ! Seulement, il estimait qu?ils étaient suffisamment grands et bien entourés, pour ne plus avoir besoin de lui trop fréquemment. Il trouvait donc qu?il devrait en être de même concernant les enfants de sa femme. Et puis, par la suite, rien n?empêcherait qu?il fasse venir toute la tribu au complet pendant les grandes vacances ! Comme à l?accoutumée? Là où il partait, il était certain d?en avoir les moyens. Il faudrait, certes, prendre quelques précautions? Il ne tenait pas à ce qu?on sache où il se trouve. Et maintenant, voici qu?on y arrivait? cela y était vraiment? Le moment fatidique se précisait. Dans quatre jours, mercredi premier septembre exactement, ce serait le grand départ ! Il poserait enfin le pied sur le voilier qu?il avait retenu à Saint-Malo depuis le 15 août, et en avant ! Finies toutes les turpitudes? Adieu la France et tout le reste ! Tout serait joué, et définitivement ! Enfin, presque? Mais pourquoi Marion s?obstinait-elle donc à ne pas vouloir le suivre ?? Peut-être pensait-elle qu?ainsi, il renoncerait à son projet ?? Elle savait pourtant bien que ce n?était plus un projet ! Que tout était maintenant en place, bien ordonné, bien établi? Qu?il était trop tard pour qu?il revienne en arrière. Mais elle faisait la sourde oreille, continuant à ne pas vouloir y croire, ou à faire semblant ! Elle s?y refusait totalement, obstinément? La politique de l?autruche, lorsque ça l?arrangeait ! Cela lui ressemblait bien? Bien sûr, il n?ignorait pas qu?elle détestait être en mer. Qu?elle n?avait pas le pied marin et avait une trouille bleue dès que ça gîtait un peu? Depuis leur mariage, durant ces cinq dernières années, elle ne s?était forcée à l?accompagner qu?une fois ou deux, tout au début. Ensuite, elle ne voulut jamais plus. Elle l?avait toujours laissé y aller seul, ou encore, avec les enfants, lorsqu?ils furent en âge et le souhaitaient. Mais il avait toujours su que cette situation la stressait? Et qu?elle tremblait à chaque fois pour Camilla et Marcus, encore si petits et vulnérables. Bref, qu?elle n?était jamais tranquille? Une des nombreuses raisons, sans doute, de sa nervosité croissante? Puisqu?elle était devenue, surtout ces derniers mois, de plus en plus nerveuse sans qu?il en comprenne d?ailleurs la raison véritable. Seulement voilà, il se trouvait que les enfants voulaient souvent l?accompagner. Et lui, justement, désirait leur faire aimer la mer? Comme son père la lui avait fait aimer autrefois. Alors, à présent que l?heure de ce départ tant voulu se précisait, était si proche, comment allait-il bien pouvoir s?y prendre, pour obliger Marion à venir ? C?est qu?il lui restait si peu de temps, pour parvenir à la décider? Et « L?obliger », oui, tel était bien le mot, malheureusement ! Il faudrait certainement la forcer pour qu?elle réagisse, pour qu?elle obtempère? Il n?avait jamais prévu de partir seul, ça n?aurait aucun sens ! Ce serait comme un abandon, et tel n?avait jamais été son dessein. Il tenait bien trop à sa femme ! Et à ses enfants, si adorables, encore si fragiles vu leur tout jeune âge, et qu?il fallait protéger. Ils avaient besoin de leur père comme de leur mère, qu?ils affectionnaient autant l?un que l?autre. Ses enfants, ses deux trésors? Et sa femme... Sa femme? Ah, Marion ! Son seul amour ! Il l?adorait. Il l?aimait tellement? Plus qu?elle ne le pensait. Mais il ne savait pas le lui dire ni le lui montrer. Dans sa famille, on n?était guère démonstratif côté affection? Il n?y avait pas été habitué. Marion devait en souffrir, c?était certain, et il en avait souvent conscience ; elle devait prendre cela pour de l?indifférence? Mais là-bas où ils iraient, rien ne serait plus pareil ! Il se laisserait aller? Il ne serait plus aussi coincé, il respirerait enfin. Il n?aurait plus les soucis d?avant, il lui montrerait tout son amour ; tout cet amour si fort, si profond, qu?il détenait toujours au fond de lui, prêt à ressurgir avec fièvre, mais qu?il avait enfoui par obligation, sous le poids des trop nombreux avatars qui l?avaient terrassé tout au long de sa vie professionnelle. L?empêchant du même coup de pouvoir donner libre cours à ses sentiments réels? Bientôt? Oui, bientôt, il pourrait l?aimer comme autrefois? Comme au tout début, au commencement de cette rencontre magique, où une fascination réciproque s?opérait instantanément entre eux à chaque fois. Et tous deux pourraient à nouveau revivre pleinement leur passion, peut-être même avec plus d?intensité, leur nouveau contexte s?y prêtant encore davantage? Mais, si? si malgré tous ses efforts pour la décider, Marion demeurait intransigeante et butée et ne le suivait pas ?? Eh bien, il aurait beau en être désespéré, mais ne pouvant la traîner de force, il était déterminé : il partirait de toute façon. Puisque son choix était définitif et qu?il ne voulait ni ne pouvait plus reculer ; puisqu?il avait tout prévu dans les moindres détails? Et il emmènerait ses enfants ; il était hors de question qu?il s?en séparât ; il avait assez souffert comme ça lors de son divorce, lorsqu?il avait fallu qu?il se résigne aux seuls droits de visite? Il ne voulait pas revivre le même calvaire une seconde fois. Peut-être que cela, et cela seulement, déciderait Marion, la ferait changer d?avis, l?obligerait à venir? Elle ne supporterait sans doute pas d?être privée de ses enfants. D?autant qu?elle aussi était marquée par son divorce pour les mêmes raisons? Elle préfèrerait encore partir, très certainement. De toute manière, en admettant même qu?elle restât dans un premier temps, ? sans doute par fierté, pour ne pas céder, ne pas avoir l?air d?abdiquer trop rapidement ? il était presque sûr qu?elle craquerait tôt ou tard, et sûrement très vite, et qu?elle les rejoindrait par la suite? Du reste, il s?y emploierait sans répit. C?est pourquoi plus le docteur Malard voyait avec bonheur les jours s?enfuir, et plus il appréhendait en même temps la chose. Réalisant plus que jamais le mal qu?il aurait à ce que Marion changeât d?avis, combien elle n?avait vraiment pas du tout envie d?entreprendre un tel voyage? Un voyage qui semblait lui paraître avec certitude comme étant une aventure par trop hasardeuse, malgré qu?il usât de tous les arguments possibles pour enfin chasser tous ses doutes. D?ailleurs, n?avait-elle pas déjà acheté les cartables des enfants pour la rentrée des classes prochaine ?? Elle les avait déposés bien en évidence sur une étagère, comme pour le narguer, comme pour lui signifier qu?il perdait son temps à vouloir la convaincre ; que leur vie était ici, ne pouvait être que là, et qu?on ne pouvait déroger à certaines habitudes essentielles? Ne lui avait-elle pas également pris des rendez-vous pour tout le mois de septembre sur son carnet, à son cabinet médical de Caen ?? Comme pour le dissuader de s?en aller ? Comme pour lui dire qu?il fallait qu?il reste, puisque de nombreux patients avaient besoin de lui ?? Pourtant, elle savait bien que tout cela n?était qu?illusoire, elle savait bien, que? Le docteur Malard venait de croiser sans le vouloir le regard du buraliste, lequel était justement en train de l?observer du coin de l??il ; ce dernier détourna aussitôt les yeux discrètement, feignant de s?intéresser à de nouveaux clients ; mais à part lui, aujourd?hui, il trouvait l?acupuncteur un peu tendu, un peu nerveux ; lui, d?habitude toujours si calme, tournait machinalement les pages des magazines d?un geste un peu brusque, l?air ailleurs, comme s?il pensait à autre chose et ne lisait pas. Il n?en fit pas l?observation, il ne se le serait pas permis, même en plaisantant, bien que le praticien fût admis au village comme quelqu?un de pas fier et de plutôt sympathique. Il était habitué au docteur, à ce client pas comme les autres, qui n?était jamais loquace avec qui que ce soit, mais dont les gens de Tilly-sur-Seulles, y compris lui-même, s?étaient plutôt bien accommodés, respectant son espèce de mutisme bienveillant et ne s?étonnant plus de ses silences ; parce que le toubib était gentil juste ce qu?il fallait, n?hésitait pas à venir lorsqu?on avait besoin de ses services, avait souvent fait régresser certaines maladies avec ses petites aiguilles, (alors qu?on avait essayé sans succès bien d?autres traitements auparavant) et n?insistait jamais si l?on avait du mal à le payer ; et c?était là le principal, c?était même plus que ce que les gens attendaient. En outre, tous les villageois avaient pu constater que sa femme et lui étaient la discrétion même, ce qui plaisait plutôt dans ce petit coin de France où une certaine pudeur était de mise ; quant à leurs enfants, tout le monde les aimait : ils étaient aussi mignons que bien élevés. À cause de tout ceci, le docteur avait de quoi être bien accepté par tout un village, et même respecté? Yvan Malard, qui avait aussitôt repris le fil de ses pensées, à cet instant précis était en train de se dire : « Mais enfin? Je ne comprends pas ! Pourquoi Marion ne veut-elle pas tirer un trait sur une vie qui l?ennuie, puisque je lui en donne justement l?occasion ?? Je me rends bien compte, contrairement à ce qu?elle pense, qu?elle ne s?épanouit plus? Que depuis environ deux ans, elle ne trouve plus de goût à cette « routine » qui est devenue la sienne, comme elle dit. Emmener chaque jour les enfants à l?école, aller les chercher, s?occuper des courses et du ménage, et venir trois fois par semaine tenir le secrétariat de mon cabinet de Caen, ne la satisfont plus. Je l?ai vue petit à petit déprimer? Et voici que maintenant, elle qui n?aspirait pourtant qu?au calme et aux plaisirs champêtres, elle qui détestait la vie citadine, ne trouve plus plaisir non plus à habiter dans un petit village? Même si elle avait tout d?abord adoré notre maison du hameau de Juvigny, dans ce charmant village qu?est Tilly-sur-Seulles? À l?époque, pourtant, les rénovations apportées à cette ancienne bergerie pour la transformer en habitation fonctionnelle semblaient la combler de joie? Elle avait même accepté avec enthousiasme, alors que les travaux n?étaient pas terminés, qu?on y fasse notre repas de mariage avec la famille et les amis? Notre mariage? Le 16 juillet 1994? Cinq ans déjà ! C?est si loin? Ah, cette belle journée, tous réunis à table à l?ombre du pommier !? Et lorsqu?elle avait emménagé définitivement dans notre maison enfin prête, elle était toujours aussi enchantée? Je la revois encore, toute excitée, riant de plaisir. Découvrant tout avec une ineffable joie. Visitant chaque pièce avec grand enthousiasme? Même par la suite, durant les premières années, je ne l?avais jamais vue une seule fois s?ennuyer. Elle trouvait alors toujours tout et n?importe quoi le plus charmant du monde? Les balades à vélo le dimanche dans la campagne environnante, le long de la Seulles où l?on se baigne l?été? Juste à côté de la maison ! Les pique-niques, les grillades en plein air? Et les bains de soleil en juillet et août sur les plages de Saint-Malo? Seulement, voilà, c?était au début? ». Et c?était bien après que tout avait changé, ainsi qu?avait pu le constater Yvan Malard, continuant d?y penser. Petit à petit, insidieusement, un certain ennui s?était emparé de Marion, semblant la ronger de l?intérieur. Et plus grand-chose ne semblait l?intéresser ; hormis peut-être, malgré tout, les trois jours par semaine où elle venait rejoindre son mari au cabinet médical. Il est vrai que là, elle n?était plus tout à fait la même : elle redevenait affable, souriante, semblant revivre ; d?ailleurs, tous les patients l?appréciaient. Le docteur s?était alors dit que la ville semblait maintenant mieux lui convenir que la campagne. Sans doute aussi, parce que l?aménagement de leur maison n?avait pu être continué, faute d?argent? Leur intérieur, pourtant meublé et décoré à l?ancienne comme ils l?avaient tous deux souhaité, était néanmoins rudimentaire, manquant de réel confort. D?autant que la Seulles, cette rivière toute proche, trop proche, y était également pour quelque chose ; aussi charmante et agréable qu?elle fût, elle apportait aux riverains pas mal d?inconvénients. Notamment, une humidité permanente dans la maison, qui obligeait à protéger les appareils ménagers en les isolant ; comme le réfrigérateur, par exemple, installé sur cales? Avec, en prime, une moisissure obligatoire sur tous meubles et tissus, ainsi que sur certains murs recouverts de salpêtre par endroits. D?où, une odeur persistante de moisi dans toute l?habitation? Et puis, il y avait de surcroît les inévitables rats venus de la rivière, et qui s?aventuraient parfois dans la maison, en quête de nourriture? Mais il ne fallait surtout pas mettre de « mort-aux-rats », par peur d?empoisonner leurs deux chats, qui, eux, réussissaient parfois à attraper les rongeurs, qu?on retrouvait alors occis dans l?une des pièces. Ce qui provoquait à chaque fois une certaine panique chez la mère et les enfants? Tout ceci avait évidemment de quoi faire déprimer n?importe quelle ménagère. Marion n?y échappait pas. Elle n?avait sans doute pas évalué à juste titre tous ces inconvénients, en acceptant de venir habiter là. À présent, elle devait sûrement déchanter? Certainement une autre des raisons de sa nervosité. Et le docteur Malard s?en voulait amèrement de faire vivre ainsi sa femme et ses enfants, dans l?ébauche de ce qu?il avait souhaité être un paradis. Malheureusement, ses revenus n?étaient pas suffisants ; ils ne lui permettaient pas de pouvoir apporter d?autres rénovations, qui seraient beaucoup trop coûteuses ; les précédentes, déjà énormes, n?étaient même pas fini de payer et tiraient très dur sur ses finances? Ni de les emmener ailleurs? Pas plus que d?offrir à sa femme les services d?une employée de maison, comme elle le souhaitait et l?aurait mérité? Mais Marion le savait bien. Et pour cause : lorsqu?elle travaillait au cabinet médical, c?était à elle que les patients réglaient le montant de leur consultation. Elle tenait à jour la comptabilité du cabinet sur son ordinateur ; elle connaissait parfaitement les recettes et les dépenses, ainsi que le maigre bénéfice qui en résultait? Elle n?ignorait donc pas non plus que depuis plusieurs années il était harcelé par les caisses sociales? La CARMF et l?URSSAF le poursuivaient parce qu?il refusait de payer ses cotisations. S?il refusait, c?est qu?il ne le pouvait pas, elle n?avait pu que le constater. Alors, depuis le temps qu?il ne les payait plus, évidemment, leur montant avait atteint une somme exorbitante? Si exorbitante, qu?il lui était devenu tout à fait impossible de les honorer. Elle le savait aussi, et ils en avaient d?ailleurs parlé plusieurs fois sans trouver de solution. Et, le pire, c?est qu?à présent, on le menaçait de saisie. Ça, elle le savait également? L?étau se resserrait, il était pris à la gorge. Marion, très certainement, devait énormément s?angoisser en y pensant ; et il était plus que certain qu?elle devait en avoir assez d?une telle situation? Yvan Malard se sentait donc acculé, pressé comme un citron. Il ne savait pas du tout comment s?en sortir et vivait perpétuellement avec cette épée de Damoclès au-dessus de la tête. Son caractère, déjà plutôt renfermé, en avait encore pris un coup supplémentaire et ne s?en était que plus accentué. Mais comment aurait-il pu satisfaire ce paiement ? Il avait beau avoir une assez bonne clientèle, avec les impôts, les charges de toute sorte l?assaillaient de toute part? Et cela ne lui laissait à la fin du mois que tout juste de quoi pouvoir subvenir à peu près décemment aux besoins des siens. Il était évident qu?il se fût trouvé un peu plus à l?aise s?il n?avait eu à verser une pension alimentaire pour ses fils. Mais à peine plus? Tout cela, Marion le savait bien, se répétait le docteur. Alors, pourquoi s?accrochait-elle à de l?éphémère ? À du dérisoire ?? Alors qu?il avait trouvé une solution, « la » solution, et qu?il lui proposait du solide, du vraiment fiable ?? De quoi se refaire, de quoi tout recommencer ? À quarante-cinq et quarante-trois ans, ce n?était pas trop tard, mais il était grand temps? De quoi réaliser tout ce à quoi il tendait depuis toujours, et en rendant tout le monde heureux ? Ils vivraient tous dans un pays magnifique, merveilleux, où il fait toujours beau et chaud. Où la végétation est exubérante et ses parfums subtils et voluptueux? Où les plages étincelantes de blancheur sous un soleil toujours présent, offrent leur sable velouté et l?ombre de leurs cocotiers se reflétant sur une mer tiède et transparente? Où l?on peut nager, se bronzer, et faire du bateau toute l?année. Où les gens vivaient simplement et avaient l?air plus gai? Avec qui il devait donc être plus facile de nouer d?agréables relations amicales et bon enfant, sans arrière pensée aucune? De vraies relations, d?où toute hypocrisie serait bannie et avec qui la vie deviendrait un bonheur permanent et durable. Et surtout, où on le laisserait pratiquer la médecine selon ses aspirations? Une médecine qui donnerait de bien meilleurs résultats qu?ici, il en était certain ; puisqu?il pourrait se servir, comme il l?avait toujours désiré, de médicaments non autorisés en France. Et quand bien même, si, sur place, il se trouvait une autre opportunité intéressante à saisir? Il pourrait néanmoins pratiquer occasionnellement ses séances d?acupuncture, renforcées d?un traitement à sa façon. Parce qu?en tant que médecin généraliste et acupuncteur, il avait mis au point une thérapie qu?il jugeait sans faille : mais c?était avec ces médicaments interdits, qu?il avait fait venir de Suisse et de Belgique? Et on avait tôt fait, alors, de le remettre en place, pour « Exercice illégal de la pharmacie ». « De toute façon, tout a mal commencé pour moi dès le début », se souvint le docteur Malard avec amertume. « Déjà, ma thèse n?avait pas eu très bon accueil, et je voyais bien que mes pairs la dédaignaient poliment? D?ailleurs, c?est bien pourquoi j?avais préféré quitter le milieu hospitalier et m?installer avec un autre médecin. Là, je pensais être enfin tranquille pour exercer selon mes souhaits? Mais non ! Il a fallu que, là encore, on ne me foute pas la paix ! Et ma réputation de toubib en a pris forcément un sale coup : le Conseil de l?Ordre des médecins m?est tombé dessus et m?a suspendu trois mois, pour des pratiques soi-disant peu orthodoxes ! C?était un comble ! Alors que mes patients, eux, étaient satisfaits? « N?est-ce pas surtout ça qui compte ? Parvenir à soigner ses malades avec un résultat positif ? Les soulager, et même, souvent, les guérir ?... « Des reproches, toujours des reproches? et injustifiés ! On vous juge, sans même vouloir approfondir ! Sur la forme, et non sur le fond ! « Franchement, il n?y a vraiment qu?en France qu?on est aussi sectaire, aussi conservateur, aussi retardataire ! Eh bien, moi, je dis : vive une médecine libre, lorsqu?elle s?avère bonne, non dangereuse et qu?on en a toutes les preuves ! Après tests et résultats concluants, naturellement ? « En tout cas, ce n?est pas étonnant, finalement, que beaucoup partent ailleurs ! Là où on nous laisse notre libre arbitre, dans la mesure où il est reconnu que ce qu?on fait est un bien pour la société. Et surtout, là où les charges de toutes sortes ne viennent pas nous enfoncer un peu plus, mais où, au contraire, on reçoit bien souvent de précieuses aides financières? « Voilà pourquoi je veux partir à tout prix ! J?en ai plus qu?assez de tous ces tracas, c?est devenu intolérable ! Invivable? « Bon sang ! Marion devrait pourtant comprendre que ce ne pourrait être que bénéfique pour nous tous? Envolée, alors, sa nervosité, j?en suis certain ! Elle n?aurait plus d?idées noires et plus besoin de recourir à certains dérivatifs? « Comme ces séances de relaxation par hypnose, où elle se rend maintenant de plus en plus fréquemment? Quelle bêtise ! Quelle dépendance ! Je ne le supporte pas, ça m?exaspère ! C?est vrai, ça ! A-t-on idée de se laisser manipuler de la sorte ! D?accepter de n?être qu?un pantin entre les mains, de?. de?. qui sait ? Peut-être un charlatan ! C?est carrément contraire à mes principes. J?ai beau être un peu marginal dans ma profession, j?ai malgré tout certains principes, et il y a tout de même des limites ! « Évidemment, ça l?irrite que je le lui fasse observer? Elle le sent comme une intrusion, comme un acte de phallocrate autoritaire dans ses choix personnels ; alors que c?est le médecin qui parle et qui essaie de la préserver? Mais elle ne le voit pas ainsi, et plus je critique, et plus elle est nerveuse. Et plus elle court chez son hypnotiseur ! « Le cercle vicieux? « J?ai sans doute tort. Mais quand même, c?est bien la preuve que ça ne va plus. Même entre nous? « Parce que notre couple, il faut bien le reconnaître, n?est pas au mieux de sa forme depuis déjà un certain temps... « Quand je pense à nos premiers ébats amoureux? Si intenses, si passionnés ! Alors qu?à présent, ils sont de plus en plus espacés, de plus en plus plats, de plus en plus fades? Les plaisirs du lit sont devenus rares. D?ailleurs, depuis plus d?un mois maintenant, ils n?existent même plus? Plus de ces câlins affectueux, qui nous rapprochaient tant? De la faute à qui ?? « Ça me rend malade, ça me rend fou. Fou de douleur ! Et Marion est loin de s?en douter, j?en suis pratiquement sûr? « Mais comment avons-nous pu en arriver là ? « Pourtant, ça ne vient pas de moi, j?en suis certain? ça ne se peut pas. Non, vraiment, je ne le pense pas. Pour Marion, je n?en sais rien, mais quant à moi, je suis toujours amoureux comme au premier jour? Ce jour merveilleux de notre coup de foudre? « Oui, ce fut bien un coup de foudre, comme il en arrive peu souvent? Nous éprouvions alors une telle attirance physique ! « Pourquoi, maintenant, est-elle ainsi avec moi ? Aussi indifférente, aussi froide ?? Est-ce vraiment ma faute ? Pourquoi ne me comprend-elle plus ? Pourtant, elle devrait bien voir que je l?aime, qu?elle m?attire toujours autant? Elle est si belle ! J?aime tout, en elle. Son visage si romantique? le bleu de ses yeux, ses épais cheveux noirs? Son corps mince et souple aux formes épanouies, à la silhouette harmonieuse? Ses sourires et ses rires? sa douceur et sa patience, sa sensibilité et sa gentillesse? En fait, elle a bien des qualités et je lui trouve peu de défauts? « Après mon premier échec sentimental, c?était un vrai miracle. Une rédemption ! « Mais je n?arrive pas à lui parler, à le lui dire? J?en ai pourtant souvent envie? Je ne suis qu?un idiot ! C?est pourtant sans doute ce qu?elle attend. Toutes les femmes attendent qu?on leur parle, qu?on le leur dise? Elles n?attendent que ça. Je sais? Je le sais bien ! « Je sais, mais je ne peux pas. Le parfait crétin? « C?est vrai, que je suis trop renfermé? L?introverti, c?est moi ! « L?ours Malard, la gueule en pétard ! », comme me charriaient mes anciens copains carabins? « Mais, ailleurs? Ailleurs. Oui, ailleurs, je le pourrai ! Tout sera différent. « À moins que ça ne serve plus à rien et que je ne lui plaise plus? Puisque ça n?a plus l?air réciproque. Mais pourquoi en serait-il donc ainsi ?... Qu?ai-je bien pu faire? ou ne pas faire ? Qu?aurais-je pu provoquer d?irrémédiable sans m?en douter ?... Ce ne serait pas ce départ, tout de même? Non? cela remonte bien avant? « Parce qu?il est certain que cela fait longtemps maintenant que nos relations se détériorent. Je vois bien que Marion invoque de plus en plus fréquemment tous les prétextes possibles : tantôt un mal de tête, tantôt une grosse fatigue ; il y a toujours quelque chose? Je ne suis pas dupe, je vois bien qu?elle est lasse de tout, y compris de moi? « Il n?y a que les enfants qui aient droit à toutes ses faveurs? Mais ça, c?est tant mieux ! Je ne suis que trop content que ma deuxième femme soit aussi maternelle? ». Yvan Malard s?arrêta un instant dans sa diatribe, dans son monologue intérieur, afin de donner quelques pièces à Camilla venue lui en réclamer pour continuer ses parties avec son frère. Puis il reprit le cours normal de ses pensées. « Ce ne serait tout de même pas cet hypnotiseur ?? ». Pourquoi allait-elle de plus en plus souvent à ses séances ?? Cet homme, lui, en faisait ce qu?il voulait, lorsqu?elle était endormie. Pourquoi acceptait-elle cette dépendance-là et pas la sienne ?? Des séances de relaxation ! Des séances de relaxation? Mon Dieu, mais de quelle sorte ?? Qu?est-ce qu?il en savait, après tout ? Et puis, pourquoi Marion était-elle aussi pressée d?y aller à chaque fois, hein ?? Et pourquoi, surtout, n?était-elle pas ensuite complètement sereine en revenant ? Bien relaxée, elle aurait pourtant dû être suffisamment détendue pour accepter ses avances ? Voire même, pour les provoquer, pourquoi pas ? Autrefois, elle n?était pas si farouche? Elle n?était pas la dernière à? Il trouvait cela bizarre? Et voilà que depuis, il était devenu jaloux de tous ceux qui croisaient le regard de sa femme ! Et cela aussi, ça énervait Marion. Jaloux et ombrageux, lorsqu?il la voyait sourire à d?autres hommes? N?importe lesquels : ses clients, les jeunes gens du village, et même leurs amis communs !? « Mais je ne veux pas la perdre, je ne le supporterai pas ! Je l?aime trop ! Il faut qu?elle vienne ! », s?écria intérieurement le docteur avec fièvre. « Il faut que nous partions définitivement, une fois pour toutes? Qu?elle me suive et qu?on n?en parle plus? Qu?on tire un trait sur tous ces gâchis, sur tous ces ratages !? Qu?on laisse derrière nous toutes ces merdes qui nous pourrissent la vie, qui nous détruisent à petit feu, qui nous étouffent? « De l?air pur ! Ailleurs, j?en suis sûr, on se retrouvera comme au début? De l?air ! J?ai besoin d?air. J?ai besoin de respirer, et Marion aussi? « Il faut absolument que je parvienne à lui faire comprendre que c?est la seule solution pour nous tous? ». Le docteur Malard levant la tête, sentit sur lui l??il légèrement étonné du buraliste ; il réalisa qu?il manipulait depuis assez longtemps les magazines de façon machinale, en regardant ailleurs, et qu?il devait avoir un air inhabituel le rendant étrange aux yeux du commerçant. Il consulta sa montre. Il était temps de rentrer. Il appela ses enfants et après qu?il eût réglé sa consommation sans un mot à l?homme derrière son comptoir, tous trois sortirent sans prononcer une parole. Habitués au silence de leur père qu?ils adoraient, Camilla et Marcus ne disaient jamais grand-chose en sa compagnie. Le dialogue avec lui n?était pas nécessaire ; à ses comportements et ses regards, ils ressentaient son affection. Ils étaient surtout heureux qu?il soit avec eux et que dans la rue il les tienne affectueusement par la main. | A TOUS CEUX QUI S'INTERESSENT AU SORT DES ANIMAUX, PARCE QU'ILS ONT CONSCIENCE QUE CE NE SONT PAS DES OBJETS MAIS DES ETRES VIVANTS POUVANT SOUFFRIRSun, 27 Jan 2008 23:55:00 +0000 http://www.reseaulibre.net/rage Au fond de ma révolte contre les forts, je trouve du plus loin qu'il me souvienne l'horreur des tortures infligées aux bêtes. Depuis la grenouille que les paysans coupent en deux, laissant se traîner au soleil la partie supérieures, les yeux horriblement sortis, les bras tremblants cherchant à s'enfouir sous la terre, jusqu'à l'oie dont on cloue les pattes, jusqu'au cheval qu'on fait épuiser par les sangsues ou fouiller par les cornes des taureaux, la bête subit, lamentable, le supplice infligé par l'homme. Et plus l'homme est féroce envers la bête, plus il est rampant devant les hommes qui le dominent. Louise Michel, MémoiresLa théorie des droits de l?animal selon Gary L.FrancionePour l?abolition de l?animal-esclaveNous adorons nos chiens et nos chats domestiques, raffolons des dessins animés ou des films animaliers, et cependant notre comportement à l?égard des animaux en général prouve notre insensibilité et notre complicité passive devant leur immense souffrance. Tant que l?animal continuera d?être une propriété et qu?il sera considéré comme un bien marchand, ses supplices se poursuivront. Le texte qui suit est une synthèse, effectuée par la rédaction du Monde diplomatique, des théories de Gary L. Francione pour l?abolition de l?exploitation animale telles qu?il les a exposées au colloque « Théories sur les droits des animaux et le bien-être animal », à l?université de Valence (Espagne), en mai 2006. Selon le ministère américain de l?agriculture, les Etats-Unis, à eux seuls, abattent plus de huit milliards d?animaux par an destinés à l?alimentation ; chaque jour, plus de vingt-deux millions d?entre eux sont sacrifiés dans les abattoirs américains, c?est-à-dire plus de neuf cent cinquante mille par heure, seize mille par minute ! Malgré les progrès effectués ces dernières années, ils continuent d?être maintenus dans des conditions d?élevage intensif effrayantes, mutilés de diverses manières, sans produit antidouleur, transportés sur de longues distances tassés dans des conteneurs exigus et insalubres, pour être finalement exécutés dans les cris, la puanteur et la saleté d?un abattoir. Les animaux sauvages ne sont guère logés à meilleure enseigne. Aux Etats-Unis, environ deux cents millions sont, chaque année, victimes de la chasse. Des millions sont également utilisés pour la recherche biomédicale et l?essai de nouveaux produits. On mesure sur eux l?effet des toxines, des maladies rares, des molécules expérimentales, des radiations, des tirs d?armes à feu, et ils sont soumis à de multiples formes physiques ou psychologiques de privation. S?ils survivent aux expérimentations, ils sont presque toujours tués juste après, ou recyclés pour d?autres expériences qui, cette fois, auront raison de leur résistance. Cirques, zoos, carnavals, parcs d?attractions, spectacles de dauphins et autres utilisent les animaux à la seule fin de divertir. Près de quarante millions de bêtes à fourrure sont abattues chaque année pour la mode... Avant le XIXe siècle, les animaux étaient considérés comme des objets. Même pour Descartes, un chien qui gémissait était semblable au crissement d?un mécanisme ayant besoin d?huile (1). Parler de nos obligations morales envers les animaux, « machines créées par Dieu », n?avait, pour l?auteur du Discours de la méthode, pas plus de sens que de parler de nos obligations morales envers les horloges, machines créées par l?homme. Le principe humaniste du traitement médical des bêtes souffrantes et l?application des lois sur le bien-être animal qui en résulte supposent que nous acceptions de nous demander si la souffrance animale est inévitable. Si le fait de ne pas utiliser des animaux pour notre confort nous cause plus de préjudice que la souffrance n?en cause aux animaux. En général, l?intérêt de l?homme l?emporte, et la souffrance animale est considérée comme un « mal nécessaire ». Par exemple, la loi britannique régulant l?utilisation des animaux de laboratoire exige, avant qu?une expérience soit engagée, une évaluation des « possibles effets nocifs sur les animaux concernés par rapport au bénéfice pouvant en découler (2) ». Pour qu?une interdiction de la souffrance animale ait une portée minimale, il faut qu?elle condamne toute douleur infligée uniquement par plaisir, amusement ou convenance (3). Porter un manteau de fourrure, imposer aux cobayes de multiples tests pour les produits ménagers ou pour de nouvelles marques de rouges à lèvres ne relève pas d?intérêts vitaux pour l?être humain. De même, manger de la viande est considéré par la plupart des nutritionnistes comme nuisible pour la santé. Par ailleurs, des experts écologistes ont souligné les dégâts de l?élevage intensif sur notre environnement. Pour chaque kilogramme de protéines animales fourni, la bête d?élevage doit consommer environ six kilogrammes de protéines végétales et de fourrage. De surcroît, produire un kilogramme de viande requiert plus de cent mille litres d?eau. Alors que la production d?un kilogramme de blé en exige à peine neuf cents? L?incohérence entre nos actes et nos pensées au sujet des animaux vient de leur statut de propriété (4). Selon la loi, « les animaux sont des propriétés, au même titre que des objets inanimés comme les voitures ou les meubles (5) ». Les animaux sauvages sont considérés comme appartenant au patrimoine de l?Etat, qui les met à la disposition du peuple ; mais ils peuvent devenir la propriété d?individus, en particulier par le biais de la chasse, du dressage ou du confinement. La « souffrance » des propriétaires de ne pouvoir jouir de leur « propriété » à leur gré compte plus que la douleur de l?animal. Dès lors qu?il s?agit d?intérêts économiques, il n?existe plus de limite à l?utilisation ou au traitement abusifs des bêtes. L?élevage intensif, par exemple, est autorisé parce qu?il s?agit d?une exploitation institutionnalisée et acceptée. Les industriels de la viande estiment que les pratiques consistant à mutiler les animaux, quelles que soient les souffrances endurées par ceux-ci, sont normales et nécessaires. Les tribunaux présument que les propriétaires n?infligeront pas intentionnellement à leurs bêtes des sévices inutiles qui diminuerait leur valeur monétaire (6). Les lois sur le bien-être animal visent à protéger les animaux dans la mesure où ceux-ci demeurent des biens monnayables. Les évolutions de l?industrie agroalimentaire en leur faveur répondent généralement à des critères de rendement économique, les animaux ayant une valeur marchande (7). Pour faire évoluer le statut de l?animal dans nos sociétés, nous devons appliquer le principe d?« égalité de considération » (selon lequel il faut traiter de façon égale des cas semblables), une notion essentielle à toute théorie morale. Même s?il existe un grand nombre de différences entre les humains et les animaux, une chose fondamentale au moins nous rapproche : notre capacité à souffrir. Si notre désir de ne pas faire souffrir inutilement les animaux revêt quelque signification, nous devrions alors leur accorder une égalité de considération. Le problème est que l?application de ce principe a déjà échoué du temps de l?esclavage, qui autorisait des hommes à exercer un droit de propriété sur leurs semblables. L?esclave étant considéré comme un bien, son propriétaire pouvait ne pas tenir compte de ses intérêts si cela ne lui était pas économiquement profitable. On admettait, certes, que l?esclave pouvait ressentir de la souffrance. Toutefois, les lois pour le respect de son bien-être n?ont pas abouti, pour les mêmes raisons qu?échouent de nos jours celles pour le respect du bien-être animal : aucune véritable limite n?est fixée à notre droit de propriété. Les intérêts des esclaves n?étaient préservés que lorsqu?ils généraient du profit pour les propriétaires ou servaient leurs caprices. A l?heure actuelle, l?intérêt d?un être humain à ne pas être considéré comme propriété est protégé par un droit. Avoir le droit fondamental de ne pas être traité comme une propriété est une condition minimale pour exister en tant que personne. Nous devons étendre aux animaux ce droit que nous avons décidé d?appliquer à tous les hommes. Cela n?éradiquerait pas toute forme de souffrance, mais cela signifierait que les animaux ne pourraient plus être utilisés comme source de profit. Pourquoi jugeons-nous acceptable de chasser des animaux, de les emprisonner, de les exhiber dans des cirques et des zoos, de les utiliser dans des expérimentations et de les manger, autrement dit de leur faire subir ce que nous n?oserions jamais infliger à aucun être humain ? La thèse selon laquelle les hommes sont pourvus de caractéristiques mentales complètement absentes chez les animaux est contradictoire avec la théorie de l?évolution. Darwin affirmait qu?il n?existait pas de caractéristiques exclusivement humaines : « La différence d?intelligence entre l?homme et l?animal le plus évolué est une question de degré et non d?espèce. » Les animaux sont capables de penser, de sentir et de produire des réponses émotionnelles semblables à celles des humains. Darwin notait qu?« un animal vivant en collectivité éprouve des sentiments d?amour envers les autres » et que les animaux sont réceptifs à la détresse de leurs congénères. Même si nous ne sommes pas en mesure d?évaluer la nature précise de la conscience animale, il semble évident que tout être doué de perception est conscient et possède une existence mentale continue. Le professeur Antonio Damasio, un neurologue travaillant avec des personnes victimes d?infarctus cérébraux et de graves dommages au cerveau, atteste que ces malades possèdent ce qu?il nomme une « conscience noyau ». Les sujets souffrant d?amnésie transitoire n?ont aucune notion du passé ou du futur mais conservent une conscience de leur corps par rapport aux objets et aux événements présents. Damasio affirme que de nombreuses espèces animales détiennent cette même conscience noyau (8). Le fait qu?ils n?aient pas de notion autobiographique de leur vie (du moins, à notre connaissance) ne signifie pas qu?ils n?aient pas une existence mentale continue, ou qu?ils n?éprouvent nul intérêt à vivre, ou que les tuer leur soit indifférent. Les animaux possèdent une intelligence considérable et sont capables de traiter une information de façon sophistiquée. Comme les humains, ils communiquent avec les membres de leur propre espèce. Il est prouvé, par exemple, que les grands singes utilisent un langage symbolique. Aucune créature, à part l?homme, n?est peut-être capable de se reconnaître dans un miroir, mais aucun humain n?a non plus l?aptitude de voler, ou de respirer sous l?eau sans assistance. Pourquoi la capacité de se reconnaître dans un miroir ou d?utiliser le langage articulé serait-elle supérieure, au sens moral du terme, au pouvoir de voler ou de respirer sous l?eau ? La réponse, bien entendu, est que nous le proclamons. Mais il n?existe aucune raison de conclure que les caractéristiques prétendument exclusives à l?être humain justifient le fait que nous traitions l?animal comme une propriété marchande. Certains hommes sont privés de ces caractéristiques, et pourtant nous ne les considérons pas comme des objets. Par conséquent, la question centrale n?est pas : les animaux peuvent-ils raisonner ? Ou peuvent-ils parler ? Mais bien : peuvent-ils souffrir ? Si nous voulons que leurs intérêts soient respectés, nous n?avons qu?un droit à leur accorder : celui de ne plus être assimilés à de simples marchandises. ? ? ? ? ? ? | Présentation du roman "L'étrange don d'Anaïs C.", paru aux éditions Osmondes en 2006. Un surprenant récit où se mêlent fantastique, amour et guerre...Tue, 27 Nov 2007 23:32:00 +0000 Résumé : Architecte divorcée, Anaïs C., après une tentative de suicide, rencontre Vladimir Kovacic, séduisant médecin anesthésiste au CHU de sa ville ; ce dernier arrive des Balkans en tant que réfugié politique, ayant fui la guerre du Kosovo après y avoir perdu femme et enfant. Ils vont vivre tous deux un véritable coup de foudre. Ce, malgré le drame récent de Vladimir et malgré le don bizarre qui vient d'échoir à Anaïs après son suicide... Extrait du chapitre II Plus l?heure passait et plus Anaïs C. était troublée? Elle se rendait compte combien elle était tombée totalement sous le charme de cet inconnu, ce qui augmentait un peu plus son émoi? Envolées pour la soirée, ses étranges visions ! Elle ne voyait plus rien, sinon Vladimir? Vladimir, qui la dévorait souvent des yeux, justement parce que ses yeux, à elle, étaient encore plus beaux, plus clairs et lumineux, dans la lumière toute en douceur des bougies. Et, parfois, dans l?émotion vertigineuse qui la saisissait, elle ne savait plus où les poser? De temps à autre, Alexandra Kovacic, mi-amusée, mi-attendrie, les observait discrètement, leur lançant de furtifs regards. Anaïs s?en aperçut, malgré ce trouble délicieux qui continuait à l?envahir chaque minute un peu plus. C?est que Vladimir, qui avait comme tout le monde un peu bu, s?enhardissait? À sa plus grande joie, il lui faisait carrément un brin de cour? À la fin du repas, Christian se leva de table pour mettre quelques CD dans la minichaîne Sony, pendant qu?Anne, aidée d?Alexandra et d?Anaïs, finissait de débarrasser. On repoussa table et chaises, et les deux couples commencèrent à danser. Alexandra Kovacic y trouva prétexte pour prendre congé ; elle souhaita le bonsoir à tout le monde et embrassa chaleureusement Anaïs, lui confiant qu?elle souhaiterait vivement la revoir. Madame Kovacic à peine partie, les quatre amis reprirent leurs danses. Pleins d?entrain et d?enthousiasme, Anaïs et Vladimir se dépensèrent avec leurs hôtes sur quelques rocks and roll bien rythmés ; histoire de se mettre dans l?ambiance, de perdre un peu de leur trouble et d?être plus détendus? Ils profitèrent ensuite de ce qu?Anne et Christian se soient rendus dans la cuisine chercher quelques rafraîchissements pour s?asseoir et pouvoir enfin bavarder un peu. Pendant l?apéritif et le dîner, ils n?avaient pas vraiment pu faire connaissance. Ils avaient hâte de se découvrir? « ? Ainsi, vous êtes une amie de notre chère voisine Anne ? Anne et Christian sont les seuls que nous connaissions dans cet immeuble. Les seuls à nous avoir aussi bien acceptés et accueillis? Je ne savais pas qu?Anne avait une amie aussi charmante et sympathique. Et surtout, aussi ravissante ! déclara Vladimir, très enthousiaste. ? Merci ! répondit Anaïs, ravie et troublée. Oui, nous nous connaissons en effet depuis longtemps, Anne et moi? À vrai dire, depuis l?adolescence. Nous nous sommes connues aux Beaux-Arts et nous étions perdues de vue depuis des années. Anne avait choisi de partir vivre à Paris? Nous venons juste de nous retrouver. ? Eh bien, la chance est avec moi, puisque vous vous êtes retrouvées,ce qui me permet d?avoir le plaisir de faire votre connaissance? ? Mais, c?est réciproque? J?en suis très heureuse également ! Et c?est vrai que le hasard parfois fait bien les choses? Je suis vraiment contente de vous connaître?, affirma avec conviction Anaïs, de plus en plus émue, qui enchaîna : alors? d?après ce qu?Anne m?a confié, vous arrivez du Kosovo? Vous êtes donc à la fois Kosovar et Yougoslave, je suppose. Mais, êtes-vous originaire de Serbie ou bien d?Albanie ? Ou encore, êtes-vous Tzigane ?? D?après votre physique, je vous verrais plutôt Serbe ou Tzigane? Je me trompe ?? ? Oui, un tout petit peu? Parce que si je suis bien Yougoslave, ? enfin, d?ex Yougoslavie ? je ne suis cependant ni Kosovar, ni Serbe, ni Albanais, ni Tzigane? Car je viens de Bosnie. Je suis donc aussi Bosniaque? Mais comme la Bosnie est constituée de gens venant de Serbie, de Croatie et même de Turquie, et que toute ma famille et moi-même sommes originaires de Croatie, je suis également Croate? Pour résumer, je suis avant tout un Croate de Bosnie, puisque avant de partir pour le Kosovo, ? où m?attendait un poste d?anesthésiste à l?hôpital de Pristina ? j?habitais à Sarajevo, donc en Bosnie? Et si mon physique vous intrigue, c?est qu?il est métissé. Parce que, comme dans tout pays aux nombreux brassages, il y a eu pas mal de mélanges? Ce qui a été aussi le cas il y a bien longtemps de cela en Dalmatie, province croate de mes ancêtres. Parmi ceux-ci on trouve, paraît-il, une Italienne et une Autrichienne? Qui seraient apparues du temps où la Croatie avait d?abord été occupée par les Vénitiens, et ensuite été attribuée à l?Autriche? La Dalmatie !? Ah, si vous saviez? la Dalmatie aux douces collines rocheuses? Le charme tranquille de ses villages, où le temps s?est arrêté? Ses magnifiques maisons de pierres blanches? L?adriatique aux eaux si limpides? C?est si beau ! Un jour, j?aimerais vous y emmener pour vous la faire connaître? Enfin, si vous acceptez mon amitié. Mais, je m?égare? Pour en revenir à ce que je disais précédemment, toutes ces précisions ont leur importance?, ajouta Vladimir, revenu à des réalités moins poétiques. Parce qu?il vous faut savoir également, si vous ne le savez déjà, que les Serbes sont pour la plupart de religion orthodoxe, et les Croates plutôt catholiques? Tout comme les Tziganes, d?ailleurs, qui viennent de Hongrie (dont une minorité est protestante). Tandis que les Turcs sont complètement musulmans, tout comme les Albanais, islamisés par ceux-ci? C?est bien compliqué, n?est-ce pas ? Mais c?est ça, les Balkans : une vraie mosaïque ! D?où leurs difficultés? ? Certes, pour nous, c?est très compliqué ! », répondit Anaïs. Elle connaissait un peu par Anne le passé douloureux de Vladimir, et, par délicatesse, hésitait à poursuivre. Ce fut Vladimir qui continua : « ? Je dois vous avouer que ma vie passée est plutôt tragique? Et ce soir, je ne désire pas en parler? Ce soir, c?est fête, je ne veux pas le gâcher en remuant d?affreux souvenirs. L?heure est à la détente, aux choses gaies, aux amitiés qui se nouent? J?espère bien qu?on se reverra par la suite, j?aurai ainsi l?occasion de vous expliquer en détail tous les évènements graves et dramatiques qui m?ont conduit à quitter mon pays. Mais vous savez sans doute déjà que je suis anesthésiste au C.H.U. de la ville ? Que je suis veuf et vis depuis quelques mois chez ma tante, qui a eu la bonté de m?accueillir chez elle ? Parce que, si j?ai préféré partir définitivement de l?ex Yougoslavie, quitter le Kosovo et ne pas retourner en Bosnie, c?est que plus rien ni personne ne m?y retenait. Je n?avais plus que ma tante? Et puis, je pense que c?est ce que j?avais de mieux à faire, vu le désordre, la pagaille, les règlements de compte et la panique qui y règnent depuis la fin de la guerre et encore maintenant? Vous ne l?ignorez sans doute pas, vous avez dû le voir aux informations télévisées. Ce ne sont que représailles incessantes, malgré l?US KFOR, ces militaires de l?OTAN toujours en faction au Kosovo avec les casques bleus? Et malgré la présence de Bernard Kouchner? Durant toutes ces épreuves, ma tante Alexandra, ? c?est la s?ur de mon père ? n?arrêtait pas de m?écrire et de me téléphoner, me suppliant de venir en France? J?aurais bien dû l?écouter tout de suite? Si j?étais parti dès le début des émeutes avec ma femme et mon fils, tous les deux seraient peut-être encore vivants? Mais je ne pouvais quitter l?hôpital de Pristina, c?était impossible, on y avait trop besoin de moi? En dernier lieu, Alexandra a réussi à me convaincre et je suis parti? Elle avait peur pour ma vie, puisque je suis à peu près le seul survivant de la famille. Voici qui est fait, et j?ai obtenu très rapidement l?asile politique dans votre beau pays? Que je connaissais déjà et que j?adore? J?y ai fait mes études et y venais souvent en vacances, chez ma tante Alexandra. Elle vit en France depuis l?adolescence, elle est naturalisée française? C?est ce que je souhaite également obtenir bientôt. Puisqu?à présent, ma vie est ici? D?autant plus que j?ai eu la chance de trouver tout de suite ce poste d?anesthésiste aux urgences du C.H.U. Il faut dire qu?en France, on manque d?anesthésistes? C?est d?ailleurs pourquoi, dans vos hôpitaux, on trouve des infirmières pratiquant également cet exercice, sous contrôle de médecins. Voilà? À présent, je vous ai à peu près résumé l?essentiel de ma vie passée et actuelle? Et en conclusion, il ne me manquait plus que de rencontrer une femme comme vous? Ou plutôt, que de vous rencontrer, vous, pour être tout à fait comblé? précisa-t-il élégamment avec grand enthousiasme, ajoutant : mais? je suis inquiet? Vais-je vous plaire autant que vous me plaisez ?? ». Anne et Christian étaient revenus depuis longtemps ; ils avaient disposés les différentes boissons sur la table. Parfaitement discrets, ils avaient respecté l?aparté de leurs invités? Anne, satisfait |
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