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Le rythme des soukousseursLa musique congolaise est avant tout une musique d?amour. Aussi, au niveau du
rythme, les exécuteurs adoptent-ils le plus souvent un tempo lent qui permet aux
danseurs par couple, les pieds rivés sur le plancher, de virevolter sur les pas de la sacrosainte
rumba et d?extérioriser leurs sentiments. La rumba congolaise est un rythme doux, " soft ".
Le morceau s?ouvre le plus souvent par quelques notes de guitare ou une
brève introduction de batterie. Les deux parties du couplet, chantées à deux ou trois
voix, sont la plupart du temps séparées par un solo de guitare que suit le refrain
harmonisé par les improvisations du chanteur vedette et des répons de guitare ou de
cuivre. Cette partie est suivie par le sebene ou chauffé qui donne l?occasion aux
instrumentistes de s?exprimer. Avec le temps, les cuivres ont été délaissés au profit de la
guitare, l? instrument roi. Cela donne au guitariste un réel ascendant sur les autres
musiciens. Ce pouvoir qu?on leur a octroyé les laisse maîtres des arrangements et des
animations. Le sebene devient alors le lieu pour admirer non seulement la virtuosité du
guitariste, mais surtout sa capacité à faire " bouger " les danseurs.
A partir des années 80, la structure des chansons subit une transformation en
profondeur. Le tempo s?accélère. Le morceau devient monolithique. La composition
tourne autour de deux ou trois accords de base afin de faciliter les improvisations du
soliste. Pas de grandes variations sur le thème. Le rythme est désormais allègre, alerte,
endiablé. C?est le principe de base du soukouss des années 70 et 80, immortalisé par
Pierre Mountouari ou Aurlus Mabele. Le ndombolo et l?hélico des années 90
s?appuient sur le même principe. Le soliste guitariste s?exprime sans interruption d?un
bout à l?autre des gimmicks entrecoupés de nombreux breaks.