Dans la série la rue Ramey change, j?en ai loupé un. A la place de l?ancien loueur de DVD, un coiffeur est venu s?installer. Mais pas n?importe quel coiffeur, un vrai coiffeur pour hommes et rien que pour hommes. Moi qui croyais ce genre d?établissement en voie de disparition je l?ai essayé avec un grand bonheur. Comme dans tout coiffeur masculin il y règne une ambiance très particulière que l?on ne retrouve nulle part ailleurs. A mille lieux de la branchitude ambiante à laquelle les coiffeurs succombent si facilement, le coiffeur pour homme est un endroit immuable. Déjà les sièges, c?est idiot mais de plus en plus, les coiffeurs utilisent des sièges pas du tout adaptés. Là ce sont d?authentiques modèles des années 60 qui vous accueillerons comme aucun autre ne saurait le faire. Ensuite, on se trouve vêtu de la classique blouse noire, surmontée d?une espèce de col blanc en papier et sur les épaules d?une sorte de couverture de caoutchouc lestée de poids. Avec tout ça impossible que le moindre cheveu ne se faufile et on pourra se rendre directement après la coupe à son rendez vous sans craindre la moindre démangeaison. Une fois équipé, on se laisse aller entre les mains du figaro. Derrière, la télé allumé sur BFM permet de discuter de l?actualité, de la politique, du sport ou que sais je. Un autre client attend son tour en lisant le journal et c?est facilement que les discussions peuvent devenir collectives. Une fois la coupe terminée on sortira en appréciant le fait de n?être certainement pas une gravure de beauté mais un homme soigné tout simplement.
Bon avant d?expliquer ce qu?est Circul Livre je dois d?abord avouer mon adhésion à l?association Arcane 18. Donc Arcane 18, j?en suis, j?en croque, vous allez en manger ! S?intéresser à son quartier c?est bien , y participer à la vie locale c?est encore mieux. A vous de trouver l?assoc qui vous botte le plus, moi c?est Arcane 18. Mon manque d?objectivité et ma mauvaise foi étant établit une bonne fois pour toutes, retournons à nos moutons. Donc Circul livre qu?est ce que c?est ? C?est tout simplement une opération de prêt de livre un peu comme une bibliothèque mais en beaucoup plus simple. Ici pas de contraintes, pas de fiches administratives. Vous venez, vous voyez un livre qui vous plait, vous le prenez ! La seule chose demandée c?est que un jour vous le rameniez. Aucun délai n?étant impartit vous ne risquez pas d?avoir de pénalités de retard. Les prêts se faisant directement dans la rue sur des tréteaux vous pouvez même en profiter pour papoter avec vos voisins, personne ne vous fusillera du regard en mettant son doigt sur la bouche. En langage technocratique ça se dit favoriser le lien social. Le stock de livre est alimenté par la générosité des habitants du quartier. Cela donne un choix éclectique ou l?on trouve de tout depuis les livres pour enfants, aux livres d?arts tout en passant évidemment par un grand nombre de roman. Le stock est d?ailleurs impressionnant et ce sont des caisses bien lourdes que les arcaniennes et arcaniens doivent manipuler pendant que certains dorment encore du sommeil du juste. L?opération à lieu les troisièmes dimanches du mois de 10 heures à midi devant la boulangerie 1, rue Feutrier. La prochaine aura lieux le dimanche 29 juin lors de la fête de la goutte d?or devant l?église saint Bernard. Plus d?info : ici et là
Dimanche matin place Charles Dullin ,là où se trouve le théâtre de l?atelier, on pouvait voir ça. A ce qu?il parait ce serait l??uvre d?un même individu qui aurai déjà frappé. Il n'y a pas que en banlieue que ça brule.
En l?espace d?un mois rue Ramey ce sont trois nouveaux commerces qui se sont ouverts. Un restaurant bar à vin, une cave à vin et une boutique de décoration marocaine. Indéniablement la rue est en train de changer et j?ai eu le plaisir de déjeuner au Nansouty, un de ces trois nouveaux venus. Comme au Voltigeur le vin est à l?honneur et on peut même dire qu?il est mis en scène tellement il est présent. La carte est plutôt étonnante on trouve des plats traditionnels mais retravaillé de façon originale. Même le tartare de b?uf à son brin d?excentricité grâce à sa préparation ou la moutarde était présente. Pour ma part j?ai pris les magrets de canard pamplemousse pomelos au miel d?acacia le tout arrosé d?un verre de Bourgueil. J?avoue que la sauce m?a un petit peu décontenancé mais le canard était très bien et se mariait parfaitement avec le pamplemousse. Là où j?ai vraiment été bluffé c?est sur les desserts. Mon riz au lait à l?abricot était aussi beau que bon et c?est peu dire tellement la présentation est soignée. La décoration du restaurant est un mélange de moderne et d?éléments plus ancien comme les casiers à vins qui donnent une chaleur à l?endroit que les endroits trop à la mode n?ont pas. Comptez une trentaine d?euro pour un plat, un verre de vin et un dessert.
Le Nansouty 36, rue Ramey Paris tel : 01 42 52 58 87
Toujours dans le cadre du festival newbled et à la suite des projections de scopitones une bonne surprise nous attendait dehors. Un concert et un repas gratuit !
A la cuisine, l?institut de culture musulmane et à la scène Boogie Balagan.Le mélange des deux événements donnait un air de fête particulièrement bon enfant au quartier. Les charmantes jeunes femmes du centre culturel servant avec grâce et bonne humeur un repas des plus agréables arrosés de thé à la menthe. Pour la musique tout est affaire de gout mais indéniablement l?installation de la scène, le matériel, l?organisation furent impeccables.
Dans le cadre du newbled festival, une projection avait lieu dimanche dernier, au centre Barbara Fleury de la goutte d?or. Le programme annonçait « Trésors des scopitones Arabes, Kabyle et Berbères ». J?avoue y être allé sans trop savoir à quoi m?attendre. Le scopitone je savais bien que c?était l?ancêtre français du vidéoclip, une sorte de juke-box vidéo que l?on trouvait dans les cafés. Par contre j?ignorais complètement que le Maghreb avait aussi gouté aux joies du scopitone. L?avantage quand on va aux événements locaux et gratuits de son quartier, c?est que si on s?y ennuie on peut filer à l?anglaise sans aucun regret. Eh bien cette fois nul besoin de retraite. D?abord le centre Barbara Fleury flambant neuf est superbe. La salle de projection est parfaite pour accueillir le public. Ensuite le documentaire se révéla des plus passionnants. La diversité des styles et des thèmes abordés par les différents chanteurs est tout simplement incroyable. On passe de clips orientaux kitchissimes, à d?autre ou l?on a des copies des Bee Gees en version arabe tout en passant par des chanteurs réalistes ou humoristes. Les chansons pour la plupart sont datées d?avant le regroupement familiale. Ces clips expriment donc souvent le quotidien et les aspirations du travailleur exilé de façon tantôt naïves, tantôt touchantes. Leurs lieux de projection étaient le café. Les cafés orientaux d?alors étant le lieu de rencontre quasi exclusif des maghrébins ce qui explique la richesse du programme. Les cafetiers, s?ils voulaient satisfaire leur clientèle se devaient de leur offrir un programme adapté. Le café lieu de projection pouvait devenir un lieu de tournage et même un sujet de chanson.
J?avoue avoir complètement craqué sur certain artistes. Salah Sadaoui, sorte de Fernandel nord africain, chantant le très peu religieusement correcte « Dieu me préserve de l?anisette » fait partie des trouvailles incroyables de ce trésor. Le documentaire n?est hélas pas disponible en DVD et c?est une salle enthousiaste qui a applaudit la fin de la projection.
Samedi dernier au square Maurice Kriegel (anciennement square Clignancourt) avait lieu la fête du conseil de quartier Jules Joffrin qui est celui de mon «secteur». La fête devait durer de 12h à 18h et comportait un programme riche, pouvant séduire les petits et les grands. Le programme est détaillé dans l?agenda.
Je ne suis resté qu?une demi-heure et outre le fait de pouvoir approcher les personnes de cette institution locale qui ne m?est pas familière, j?ai assisté au spectacle de l?Écho râleur. Ça déménage, ça donne envie d?en être.
Ce n?est qu?une fois que l?on a mangé un bon hamburger que l?on se rend compte à quel point les fastfoods produisent de la malbouffe. Pour trouver le mythique vrai hamburger deux solutions : le faire soi même ou trouver un bon restaurant. Le Floors offre donc cette expérience toujours étonnante d?un hamburger qui à du gout. Avant de passer aux possibilités les plus fantaisistes de la carte je recommande de d?abord prendre le « classic ». C?est celui qui dans sa simplicité permet le mieux de sentir chacun des éléments. Déjà l?aspect, la bête est énorme ! Enorme mais soignée, à l?image de la déco du lieu. Les petits pains sont délicieux, fait maison ? En tout cas on dirait. Ce sont des espèces de petites brioches bien dorées. Ensuite, une fois en bouche, on a le plaisir d?avoir une viande vraiment gouteuse. Le steak est haché sur place et ça se sent. Pour moi la révélation vint du fromage, ce fut sans doute la première fois que je mangeai du vrai cheddar anglais. Indéniablement cela à un gout délicieux, à des années lumières des tranches de plastique fondues servies par Macdo and co. Le tout accompagné généreusement de frites et d?une salade forme un plat roboratif dont votre balance se souviendra. Surtout, si par gourmandise vous rajoutez un dessert. Etant un accro du cheese-cake, je l?ai évidemment essayé. Je n?eu pas la même heureuse surprise, mais il faut dire que je suis impitoyable en la matière. Heureusement, la personne qui m?accompagnait avait commandé les pancakes à la myrtille qui eux se révélèrent une source de contentement des plus réjouissante malgré leur fausse simplicité. Le choix des douceurs et d?ailleurs tout à fait épatant allant des classiques scones, crumpet aux étonnantes « figues rôties au miel, pistaches et glace yaourt ». Si l?on accompagne le tout d?une boisson on se retrouve donc facilement à 25-30 ?. Dit comme cela, ça choque pour un hamburger et on pensera surement que l?on paye une partie de la très jolie décoration de l?endroit. Mais sincèrement vu le prix moyen du moindre resto un tant soit peu supérieur à une cantine, cela les mérite et ceci d?autant plus qu?il existe une intéressante formule enfant. Pour 8 ? ils auront hamburgers, frites, glace et boisson. Cela explique leur présence nombreuse le dimanche. Ouvert jusqu?à minuit le Floors fera aussi bien office de resto que d?endroit où aller prendre un verre.
Le Floors : 100 rue Myrha Paris Tel :01 42 62 08 08
Les bénévoles de l?association Arcane 18 peuvent être content d?eux. Ils ont posté des affiches un peu partout, bossé toute la nuit pour installer le vide grenier festif et le succès est venu récompenser leur travail. Le vide grenier a indéniablement été une grande réussite. Les trois rues bloquées à l?occasion fourmillaient de gens du quartier. D?un cotés les gens venus vendre leur objets inutilisés et de l?autre les chalands nombreux ,souvent en famille, venus chiner. Limiter l?événement à simplement un vide grenier serai d?ailleurs injuste, des animations sont venues égayer toute la journée.
Au programme nous avions du théâtre de rue avec la « Compagnie unique et Giratoire », de la musique avec « Les Incompétents » et un lâcher de clown par les « Cliniclown ». Le point fort fut sans doute l?attaque du petit train de Montmartre (AKA le promène couillons) par les Brigades d?interventions Marionettiques. En plus de tous cela une expo photo des « Visages du quartier » se tenait sur les marches de la rue Paul Albert. Plus d?image de l?événement ici.
Vous pouvez aussi voir les photos en vrai,ce qui est quand même mieux, en vous rendant directement chez les commerçants dont l'adresse figure ici.
Pour bien commencer la journée j?aime à satisfaire trois de mes vices dans un endroit à la fois sympathique et calme. Le Voltigeur est l?endroit idéal pour ça. En attendant le bus il me permet d?acheter mon tabac, de boire un café et de lire le parisien. La décoration éclectique et l?ambiance musicale faite de jazz me permet un réveil en douceur qui me met dans les meilleurs dispositions.
Eté comme hiver l?endroit est agréable. Sa terrasse couverte est parfaitement adaptée aux jours pluvieux et gris des plus froides saisons et ce n?est évidemment pas que le matin que l?endroit à du charme. En plus de faire bar tabac le Voltigeur c?est aussi un restaurant doublé d?un bistrot à vin.
La carte propose une cuisine plutôt du sud ouest tout à fait authentique ou l?on retrouvera de grands classiques tel que du chou farci, de la saucisse au couteau ou encore du pot au feu au confit d?oie.
En dessert la tourtière landaise viendra heureusement conclure le repas. Le choix des vins est des plus appréciables et l?on sent que le patron à une vraie passion pour la bouteille qu?il tient à faire partager. Rocamadour, Malbec ou Collioure AOC jouxtent les traditionnels vins de Bourgogne, Touraine ou Juliénas. Comptez une trentaine d?euro maxi par personne pour plat dessert vin et café.
Le Voltigeur 55, rue Ramey 75018 Paris Tel : 01 42 54 94 36
Cet été verra renaître une salle mythique de la scène parisienne. Les Trois Baudets (qui ont vu débuter Brel, Brassens, Gainsbourg et bien d?autres ) vont rouvrir leurs portes après 40 ans de silence. Il faut saluer la volonté politique de la majorité socialiste qui sur ce coup à fait les choses, de façon à la fois ambitieuse et localement significative. Située à l?angle de la rue Coustou et du boulevard de Clichy,au 62, ce n'est qu'une salle de concert de plus qui vient s?ajouter à celles déjà nombreuses du quartier, me direz-vous.
Erreur, c?est bien plus qu?une nouvelle salle qui s?ouvre ! La particularité des Trois baudets par rapports aux autres vient évidemment de sa vocation de révélateur de nouveaux talents mais aussi de sa conception comme un véritable lieu de vie et de rencontres. En effet, l?établissement, en plus de la salle de 250 places, aura un restaurant et deux bars ouverts à tous, même à ceux qui n?auront pas assisté aux concerts. Le dernier service du restaurant qui sera assuré vers minuit et demi, permettra d?attirer les noctambules en quête d?un endroit ou manger. Le bar sera naturellement un endroit où se mélangeront les artistes sortis de leurs concerts et leurs spectateurs .
Les Trois Baudets se différencient réellement des autres salles. Leur statut de DSP (Délégation de Service Public) implique une grande mission de service public ! De la même manière que le palais de la découverte a pour vocation de montrer la science en train de se faire, les trois baudets vont nous montrer la musique en train de se faire. Ainsi il est prévu que chacun pour une somme modique puisse assister aux filages publics des artistes (qui sont en fait leurs dernières répétitions) avant de présenter un spectacle. L?artiste pourra ainsi se frotter à son audience de manière progressive et gagner en assurance tandis que le spectateur assistera au making-of. Ici on laissera le temps à l?artiste de progresser et de faire ses preuves. Des ateliers ouverts aux enfants ou aux adultes sont d?ores et déjà prévus. On pourra par exemple s?initier à l?art difficile de composer des paroles. Moi qui ai toujours cherché à comprendre comment on faisait pour que paroles et musique puissent se marier harmonieusement et que l?un renvoie à l?autre, un tel atelier risque de satisfaire ma curiosité.
Sur les 300 jours d?ouverture, beaucoup de spectacles destinés au jeune public seront proposés. Le mardi sera le jour des scolaires. Les élèves dans le cadre d?un projet pédagogique mené en amont par leurs professeurs iront aux Trois Baudets et découvriront tout les aspects de la scène depuis le chant jusqu?à l?éclairage. Le palais de la découverte est responsable de la vocation scientifique de 56 % des chercheurs de plus de 30 ans dont Pierre-Gilles de Gennes, combien de futurs artistes les Trois Baudets vont-ils générer ? Le mercredi aura lui une programmation spéciale enfant et les parents pourront donc y laisser leurs rejetons s?initier aux joies du spectacle vivant. Le dimanche enfin, en matinée c?est toute la famille qui sera conviée à assister à un concert pour petits et grands.Il y a aura même un brunch au restaurant ! De mon enfance je garde le souvenir émerveillé de mon père me faisant découvrir Bobby La Pointe, qui dit enfance ne dit pas forcement niaiseries. Les Trois Baudets ont donc vocation à faire découvrir de nouveaux talents mais pas seulement. Leur liberté de ton devrait aussi permettre à des artistes déjà reconnus de venir s?exprimer mais à la condition que le projet soit original. A nous les spectacles libérés de l?empreinte pesante du marketing des maisons de disques ! Les pieds bien sur terre mais la tête dans les étoiles, les Trois Baudets partiront du local pour aller vers le global. Les jeunes artistes francophones si ils chantent naturellement en français sont de plus en plus nombreux à utiliser l?anglais sur quelques titres et c?est tout naturellement que la salle devrait obtenir une réputation internationale.
Pour accomplir cette ambitieuse mission de service public, la mairie à choisit le projet d?un triumvirat franco-belge. Denis Gérardy, Stefff Gotkovski et Julien Bassouls sont chacun des professionnels reconnus dans leur domaine. Les Trois Baudets, ce sont ces trois hommes la. Mais n?y voyait surtout pas malice de ma part si je les traite de baudets, c?est que baud en vieux français signifie hardi. Et de la hardiesse il en faut pour mener un tel projet. Leur société de droit privé a obtenu une concession de 4 ans et sera jugée une fois ce délai passé. En plus de l?équilibre financier indispensable à son bon fonctionnement, elle devra répondre d?un bilan culturel. Aucun de ces trois hommes n?étant des habitués de la culture officielle, il y à fort a parier qu?ils seront attendus au tournant par des concurrents éconduits. J?ai eu la chance de pouvoir rencontrer Julien Bassouls et Jean Vincent Banès. Jean Vincent est responsable de la com et c?est lui qui m?a expliqué toute les infos ci-dessus. J?ai eu l?heureuse surprise d?être contacté par lui suite à deux rencontres fortuites. Il à donc organisé un rendez vous avec Julien Bassouls, le journaliste de Dix huit info et moi-même. Par cette communication très ciblée ils veulent montrer qu?ils s?intéressent fortement et sincèrement au 18ème et qu?ils sont d'abord une salle de quartier.Julien Bassouls est la tête chercheuse du triumvirat. Dénicher de nouveaux talents c?est son job, en plus du reste. Il a, à son actif l?association Life, Live in the bar. Life, Live in the bar qui à l?origine ne s?occupait que de concerts dans les bars s?est petit à petit développée grâce au travail de Julien et aussi à l?inspiration de Yann, le chanteur de Yann et les abeilles aujourd?hui décédé à qui Julien souhaite rendre hommage. C?est en effet Yann, dit- il qui lui a appris à se défaire de certaines barrières mentales et réaliser l?impensable comme de louer l?Olympia avec une affiche composée de groupes peu connus. C?est lors de ces concerts qu?il a découverts et mis en orbite des groupes comme Louise Attaque, Sanseverino ou la Grande Sophie. Cette expérience longue de vingt ans, fait qu?il est tout naturellement informé dés qu?un concert à lieux. Pour lui écouter de la musique c?est d?abord aller à des concerts et il n?est pas rare qu?il en enchaine trois en un soir. Hardi le baudet ! C?est souvent lors de ces rencontres en chair et en os qu?il est à même de juger au mieux du potentiel d?un artiste.Il reçoit aussi des maquettes et évidemment le concours fait pour le lancement de la salle, demandant aux artistes d?envoyer une chanson avec les mots les trois baudets, à déclenché une avalanche de plus de 90 titres à écouter consciencieusement. Quand on le lance sur la politique, il a un discours très clair et convainquant, il félicite les parisiens d?avoir élu Bertrand Delanoë. Pour lui le contraste entre la majorité socialiste et la majorité d?avant est saisissant. La Direction des Affaires Culturelle s?intéresse enfin à ce que certains considéraient comme de la sous-culture mais qui est le terreau indispensable à l?émergence de nouveaux artistes.Il s?avoue très reconnaissant envers Delanoë qui l?a choisi lui et ses associés alors qu?ils ne sont pas des hommes du sérail et que les « favoris » présentaient leur propres projets.
Pour conclure ce billet bien trop long je vous propose d?écouter quelques artistes qui sont actuellement sur le radar de nos découvreurs de talents. Ecouter des mp3 c?est bien, voire les artistes en live c?est mieux. Si le planning des travaux est respecté ce sera possible début septembre.Vous pouvez suivre l'avancée des travaux directement sur le blog des Trois Baudets.
J?ai le plaisir d?ouvrir la « rubrique » restaurant avec Asuka , arrivé il y a 6 ans dans notre quartier. Ce minuscule restaurant (8-10 places) est situé dans une ancienne boucherie ou sans rien détruire de l?ancien aménagement les patrons ont réussi à niponiser complètement l?endroit. La porte souvent fermée et les lumières éteintes ne doivent pas vous faire rebrousser chemin entrez et vous serez surpris. Hier quand nous sommes arrivés nous étions les deux seuls clients et nous avons vraiment eu l?impression d?entrer dans le salon d?un couple japonais. L?espace déjà réduit est bourré de babioles, livres, DVD tout ce qu?il y a de plus garantis made in Japan. Le chef qui est aussi peintre et dont certaines ?uvres sont présentes sur les murs, s?est donc mis en cuisine et nous à préparé un délicieux repas rien que pour nous. Le problème du japonais pour moi, c?est que je n?arrive jamais à me souvenir du nom de ce que mange une fois sorti des classiques sushis et sashimis, je vais donc vous décrire les plats.
En amuse gueule nous avons eu le droit à une espèce de rillette de saumon et thon aux graines de sésame le tout sur un lit de pommes de terres écrasées. Personnellement j?avoue ne pas avoir été très fan de ce minuscule hors d??uvre, ce qui ne fut pas le cas de la personne qui m?accompagnait. Des gouts et couleurs? Ensuite, par contre je me suis régalé d?une salade composée de laitue et de carottes râpées à la main. La « vinaigrette » m?a particulièrement séduit. Elle était composée d?une sauce soja acidulée de vinaigre de riz et légèrement relevée de gingembre qui venait poivrer l?ensemble.
Le plat principal fut un classique grand bol de riz avec par-dessus des sashimis de poissons du jour, à savoir thon, saumon, maquereau et une grosse crevette. Au milieu du bol se trouvaient de délicieux champignons marinés dans une sauce soja douce, parsemés de graines de sésame. Nous avons bu un thé vert infusé à la perfection et nous sommes arrêtés là. Parmi les desserts disponibles on trouvait évidemment la délicieuse glace au thé vert, mais aussi les traditionnelles douceurs à base de haricots rouges qui peuvent être déroutantes pour nos palais occidentaux. Tous les produits sont évidemment du jour et donc d?une fraicheur exceptionnelle. Y aller sans réservation est possible en semaine, mais de plus en plus en plus risqué à mesure que le week end s?approche. Sans être exceptionnel par sa cuisine l?endroit l?est par la gentillesse des patrons et l?authenticité de l?endroit. Y aller c?est vraiment avoir l?impression d?être dans un bon petit bouiboui de Tokyo. Comptez 57 euros à deux sans dessert.
Asuka 145, Rue Marcadet 75018 Paris Tel : 01 42 55 50 91
Demain, la mairie du 18ème lancera en présence de Daniel Vaillant et des élus, la votation citoyenne qui aura lieux du 22 au 25 mai. Mais votation quèsaco ? D?après le Littré, le mot existe bel bien et c?est tout simplement l?action de voter. Wikipédia lui nous informe que bien que tombé en désuétude en France il reste fréquemment utilisé en Suisse. Et ça tombe bien parce que somme toute, le 18éme est bel et bien les alpages parisiens, les vaches et les marmottes en moins. Pour rajouter encore au cotés local, l?association à l?origine de cette action est la Ligue des Droits de l?Homme, qui a son siège rue Marcadet. La votation a évidemment lieu sur tout Paris, mais pas seulement d?autres villes en France organisant elles aussi ce vote. Cet événement, est en fait une invitation à tous les habitants de l?arrondissement, à s?exprimer sur le droit de vote et d?éligibilité de tous les résidents étrangers non communautaires aux élections locales. Tout le monde peut voter pour cette consultation du moment que l?on soit majeur. Les résultats seront publiés le 26 mai, alors d?ici là, bon vote.
Et c'est bien le seul. Après la victoire du PSG contre Sochaux qui évite ainsi le passage en seconde division, notre maire bien aimé, a félicité le PSG. Rappelons que la mairie verse la coquette somme de 2,3 millions d'euros directement au club et que en plus elle achète pour 1,3 millions de billets. A ce prix, ça ferai un super club de seconde division. Allez Red Star !!!!
Souvenez vous, pendant la campagne municipale ils étaient beaux, jeunes, souriants et propres sur eux. Avec eux la politique allait être faite différemment et on allai d'abord commencer par imposer une courtoisie souriante. Avec leurs belles écharpes orange on leur aurai donné le bon dieu sans confession et c'est certain que ce devait être les plus aptes à faire traverser les vielles dames dans la rue. Grace à cette habile communication les militants modems un peu partout sur la blogosphère gagnèrent le surnom de bisounours. Mais c?est fini, d?abord ça énerve la madone des bloggeurs modem, Quitterie Delmas. Mais en plus, nous dans le 18ème nous avons la chance d?avoir la première génération de bisounours flingueurs.
Syrine Catahier et François Florès tous les deux ex-verts et respectivement n°1 et n°2 modem aux municipales ont sorti les flingues. Constatant et faisant constater par huissier l?utilisation frauduleuse des panneaux publicitaires de la société Insert par les verts ils demandent l?annulation de l?élection dans le 18ème . Par conséquent ils demandent aussi l?annulation de l?élection de Bertrand Delanoë à la mairie, le PS ayant fusionné sa liste avec celle des verts. La procédure n?est pas du tout si aventureuse que on pourrait le croire, il y a indéniablement eu infraction des lois électorales et sachant qu?il s?en est fallu de seulement 232 voix pour que Vaillant ne passe au premier tour, il n?est pas insensé de penser que cela à eu une influence suffisante pour empêcher cela. Mais me direz-vous quel est donc l?intérêt pour le modem que Vaillant passe au premier tour ? C?est simple Vaillant élu du premier coup, c?est l?assurance pour le modem d?avoir un ou deux conseillers alors qu?aujourd?hui il n?en a aucun. Sylvain Garel n°1 vert, risque l?inéligibilité dans le coup, il est le premier à gouter cette nouvelle radicalité du modem qui n?est pas pour me déplaire après l?overdose de bons sentiments.
Après les résultats Kim Sungesque de la liste d?union de la gauche aux dernières municipales, l?UMP se retrouve avec seulement six sièges sur les 42 que compte le conseil d?arrondissement. Les conseils en questions illustrent bien d?ailleurs toutes les difficultés de l?UMP locale à exister.
Coincée entre un rôle d?opposant stérile et celui de mouche du coche, la liste occupe l'espace difficilement. A peine émet-elle une critique qu?en face ce sont entre 4 et 5 conseillers qui vont se charger de la rabrouer. Systématiquement monsieur Vaillant prends la posture du bon père faisant la leçon aux nouveaux élus de l?opposition. A tel point que l?opposition demanda et obtint une interruption de séance devant ce qu?elle estimait être une condescendance et un mépris excessif. Souvent on a le sentiment que l?opposition et la majorité ne travaillent pas ensemble, qu?ils ne partagent pas les informations. Ainsi lors du dernier conseil la droite proposa l?aménagement d?un dispositif de sécurité sur un carrefour. La mairie ridiculisa l?opposition en expliquant que ça tombait bien car le projet avait déjà été voté et financé? Au début d?internet une expression disait « information wants to be free », je ne suis pas certain que ce soit le cas à la mairie.
Résultat pour occuper le terrain l?UMP, menée par Roxane Decorte, multiplie les actions innovantes et les surprises. Ainsi récemment Pierre-Yves Bournazel organisa un débat avec le conseiller communiste Iann Brossat. Roxane va être la première élue municipale parisienne de droite à « célébrer » un Pacs en juin 2008 ! (9 ans après sa création tout de même..) Et dans le débat concernant le droit de vote aux immigrés, la droite d?une belle voix unie à annoncé son soutien au projet. Nous avons donc dans le 18ème une droite innovante par rapport au reste du pays mais je suppose que comme le dit l?expression à bon chat, bon rat.
La mairie a choisit en l?espace de quelques semaines d?inaugurer la place Jean Marais et la place Jean Gabin. Le hasard est amusant et permet d?illustrer avec vie deux réactions très différentes à la catastrophe que fut l?occupation allemande.
En 1939 lorsque la Guerre éclate Jean Gabin acteur reconnu qui à déjà joué dans Quai des brumes est mobilisé dans la marine de guerre à Cherbourg. En février 41 refusant de tourner pour les nazis il s?expatrie pour Hollywood. Il y tournera deux films mais ne s?y sentira jamais vraiment à l?aise, préférant New York ou il rencontrera une artiste fermement antinazie, Marlene Dietrich.Ils resteront amants jusque en 1947. En janvier 1943 malgré ses 39 ans il s?engage dans les Forces Françaises Libres au sein du régiment blindé des fusiliers marins de la 2ème DB de Leclerc. Simple second maitre d?un char, il sera décoré de la médaille militaire et de la croix de guerre. En 45, il à 41 ans, est démobilisé, à les cheveux blanc et s?apprête à affronter une traversée du désert qui ne s?achèvera que en 1954 avec le succès de « Touchez pas au grisbi ».
Jean Marais, en 1939, a 26 ans. Mobilisé en 1939 et libéré de ses obligations en 41 cela fait donc 4 ans que Jean Marais à rencontré l?homme qui marquera si fortement sa vie, Jean Cocteau. Cocteau n?est pas ce que l?on peut appeler un farouche résistant et longtemps on lui reprochera ses amitiés collaborationnistes et en particulier son enthousiasme pour l?exposition d?Arno Breker. Breker sculpteur Kolossal , ancien élève de Maillol, fut utilisé par les nazis pour draguer l?intelligentsia Parisienne. Le même Brekersera éblouipar Jean Marais jouant un Tristan nordique dans l?Eternel Retour. Malgré cela Jean Marais deviendra une « icône » de la résistance. Ce qui à l? origine n?est que un différend artistique entre un critique collabo de Je suis partout deviendra une lutte idéologique. A tel point que Philipe Henriot déclarera sur Radio Paris la radio aux mains de la Propaganda Staffelque Jean Marais est « plus dangereux pour la France que les bombes anglaises ». En réponse Radio Londres dira «Courage Jean Marais, nous arrivons ! ». Sa carrière explosera à partir de 1943. En septembre 44 une fois Paris Libéré il s?engage lui aussi dans la deuxième DB et sera décoré de la croix de guerre. Gabin gardera une certaine amertume de cette traversée du désert qu?il connut après la guerre. Lui qui fut un combattant de la première heure,eut un regard désabusé sur certains de ses confrères qui firent carrière durant l?occupation.
Et puis apprenez déjà l?origine des mots avant de prétendre en utiliser de nouveau.
Le bourgeois au sens étymologique c?est l?habitant du bourg, de la ville. Ce n?est que plus tard qu?il a pris sa connotation lutte des classes pour être désigné à la vindicte populaire. Le procédé étant passé de mode et la lutte des classes ayant été ringardisé du discours général, un type à eu l?idée géniale de faire du recyclage. David Brooks écrit en 2000 « Bobos in Paradise » . Sa thèse c?est que les yuppies (souvenez vous, ces affreux jeunes capitalistes qui voulaient faire de l?argent vite et jouir sans entraves) s?étaient transformés en espèce de dames patronnesses des temps modernes par le mélange des idées progressistes desannées 60 et des comportements libéraux des années 80.
Aux USA l?expression fait florès chez les néo-conservateurs qui exècrent ces traitres à leur classe. En France le succès est immédiat aussi bien à droite que à gauche. Le Bobo est vite désigné comme responsable de tout les maux de la ville. Si le prix du mètre carré augmente c?est évidemment la faute à ces salauds de bobo qui achètent de grands lofts dans les anciens ateliers des quartiers populaire. En fait c?est toute la petite bourgeoisie de gauche qui ne supporte pas la concurrence de ces nouveaux individus. C?est vrai quoi, quand on est prof, de gauche, qu?on gagne plus que la moyenne nationale on trouve forcement choquant que des gens qui gagnent encore plus que vous prétendent en plus faire la morale tout en habitant dans des apparts plus grands et en vivant mieux. Jeter l?anathème sur une population de cette façon me parait aussi stupide que de reprocher le saturnisme aux habitants de château rouge. C?est évidemment plus facile de charger une classe de population fantasmée plutôt que de remettre en cause la politique de la ville surtout quand elle tenue par une majorité de gauche.
Aussi dans un élan créatif de je vous propose touteune série de nouveaux boucs émissaires. N?hésitez pas à m?en proposer.
Quand je suis arrivé dans l?arrondissement il y à quinzaine d?années, j?ai commencé par habiter tout en bas de la rue Custine. J?avais fui les beaux quartiers de Neuilly que je trouvais d?un ennui mortel et avait choisit le 18eme tout autant pour des raisons familiales que d?opportunité financière. Ma s?ur habitait en plein château rouge, de l?autre coté du boulevard Barbés qui fait office de frontière entre le « bon » et le « mauvais » 18ème arrondissement. Mes allez retours incessants entre chez elle, chez moi et le sommet de la bute, me firent découvrir ce que j?appelle la voie Royale. De château rouge et ses taudis (en voie de disparation heureusement) à l?avenue Junot et ses hôtels particuliers d?un luxe inégalable il n?y a que quelques mètres, une cinquantaine en dénivelé, et 983m à vol d?oiseau.
Au fur à mesure que l?on monte géographiquement, on s?élève socialement. Je n?ai jamais vu ailleurs une illustration aussi topographique de l?expression.
Que dans un espace si réduit puissent vivre en harmonie des populations aussi hétérogènes m?a toujours semblé quelque chose de positif, même si dans les faits les extrémités s?ignorent royalement. L?histoire que j?avais envie de croire c?était que si on réussissait bien sa vie alors on pouvait tout en restant dans le même quartier monter sur la butte. C?est une jolie histoire et bien que je la sache fausse j?ai toujours envie d?y croire. A l?arrivée en haut de l?avenue Junot on est d?ailleurs clairement averti que attention propriété privé, on n?est pas le bienvenu ici.
En allant au conseil d?arrondissement qui avait lieu hier soir comme indiqué dans l?agenda, j?ai eu l?heureuse surprise de voire que la mairie elle aussi offrait un accès Wifi gratuit. Je suis évidemment retourné aujourd?hui même sur place, histoire de vérifier si les mêmes causes produisent les mêmes effets. Evidemment si on ne filtre pas son accès tout est forcement accessible. Quand je pense que mon dernier employeur filtrait même les webmails, ils en ont de la chance à la mairie. Promis au prochain conseil d?arrondissement qui se prolonge comme hier soir au delà de 23 heures je compléterai ma collection d?estampes japonaises.