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| Instant 5 - Net et sans bavureFri, 04 Jul 2008 20:11:16 +0200
Est-ce ceux-là,
Aux quatre cheveux gominés,
Costard étriqué,
Aux coudes élimés,
Qui élèvent leurs enfants
A coups d'inceste et de ceinturon...
Ou ceux-là,
Le nez dans la farine,
Les poches pleines de blé...
Est-ce ceux-ci,
Erudits du non-dit,
Provocateurs de petits malheurs,
Coiffeurs d'hermine,
Gigolos amuseurs...
Est-ce ceux-là,
Messies velus aux comptes fournis,
Prédicateurs à la petite semaine,
Qui distillent en épisodes,
Les graines des nouvelles horreurs,
Des gentilles haines,
D'une verve flamboyante,
En costume d'apparat,
Une main posée sur l'intelligence,
L'autre sur notre glas...
Ou ceux-ci peut-être,
L'air arrogant,
Fiers et hautains,
Enormes et titanesques,
La voix portant loin,
Le verbe juste et justiciable,
Le verbe vert comme du bois souple,
Qui se plie au sens du vent,
A l'air du temps,
Opportunistes de guinguettes,
Au bal des cons
Ne cessent de tourner
En valse de sentences,
Se contorsionnent en courbettes
Gymnastes de cocktail...
Ou peut-être ceux-là,
Les plus beaux,
Moulés dans la norme,
Roulés dans la soie,
Sculptés, polis sur les angles,
Ayant partagés les mêmes bancs,
Les mêmes filles,
Les mêmes soirées,
Le même milieu,
Les mêmes rêves,
Ayant enfumés les mêmes toilettes
Avec des cigarettes mal roulées,
Qu'ils s'échangeaient en serment de
fraternité...
Ces mêmes qui ont partagé les mêmes
angoisses,
Les mêmes peines,
Le caviar serait-il encore frais après tout ce trajet,
Le champagne compterait-il le nombre de bulles
nécessaires,
Marie-Marguerite portera-t-elle des portes jarretelles,
Et pas de culotte,
Ou cette soirée pourtant si ordinaire,
Tombera-t-elle en ses mauvaises périodes...
Que d'angoisses et de questions sans réponse.
Sera-t-il nommé ou recalé comme l'an
dernier,
Pour absurdité notoire,
Devra-t-il encore payer pour conserver sa place,
Son rang, son dentier,
Cédant aux rentiers...
Ils sont magnifiques,
Brillent de mille flammes,
L'élite d'hier et de demain,
Pavanes et s'exposent,
Prennent la pose de la postérité,
Arborent le regard lointain de la myopie hypermétrope,
Touchés par la grâce,
Une main divine se pose sur leurs épaules,
On lâche les colombes, elles s'ébrouent,
Et repeignent ce tableau d'un torrent de fiente...
Attaque aérienne, la garde tire,
Les balles crépitent comme un feu de 14 juillet,
Les plumes volent, les ailes se déchirent,
Et les corps volatiles tombent à terre dans
l'agonie,
Les pavés se maculent de noir et de blanc,
Les costumes gris s'agitent,
Et achèvent à coups de talons les petits becs
stridents.
Le calme revient,
La cérémonie peut reprendre,
Je sourie...
Est-ce ceux-là,
Vers de terre cannibales,
Pourceaux élégants,
Est-ce vraiment ceux-là
Qui me jugent aujourd'hui,
Sur cette place,
Pavée de mes mains,
Où bientôt ma tête se décrochera,
Où bientôt mon sang coulera,
Et se mélangera à celui des colombes...
Je rie et les observe,
Merci Monsieur Guillotin,
Quelle fastueuse mise en scène,
Pour l'ultime ascension,
Quelle invention redoutable,
Je grille les étapes,
Et du bout du menton,
Frappe à la porte des réponses,
Et les laisse patauger dans l'artificielle pesanteur,
Les laisse disputer du meilleur et du bon,
Les éclaboussant de candeur,
Je les laisse entre cons.
Tchac !
| Entre les draps...Thu, 03 Jul 2008 18:35:09 +0200
Un lit, c'est presque un livre.
On se glisse entre les draps comme entre deux
pages et on devient soi-même une belle histoire.
Jacqueline Mabit
| Cette chère Nadine... On ne s'en lasse pas ;-)Thu, 03 Jul 2008 18:26:42 +0200
L'adultère est possible, mais une femme ne
doit jamais avouer.
Même prise sur le fait, dans un lit, elle
doit nier :
"Non, ce n'est pas moi".
Nadine de Rothschild
| J'I Love... Un peu...Thu, 03 Jul 2008 15:52:01 +0200
J'I Love la littérature
contemporaine,
quand on ne sait plus quoi dire,
on raconte une histoire de cul ;
Ça détend l'auteur,
et ça offre un repère au lecteur
J'I Love faire la part du réel et de
l'imaginaire,
mais ce n'est utile que si l'on est sûr de vivre dans la
réalité
J'I Love le destin,
quand la roue tourne, la voiture
avance
J'I Love les jeux télévisés,
ils sont le camouflage de l'Alzheimer light des personnes
âgées
J'I Love les femmes de caractère,
elles se distinguent des chieuses par leur mètre dix de
jambes,
leurs yeux de chatte et leurs seins en obus
J'I Love la solitude,
elle est un enfer sans flamme et sans désert
J'I Love la vérité absolue que les
scientifiques promènent sous leur bras...
... J'I Love les
scientifiques d'hier qui affirmaient
que le soleil tournait autour de la Terre,
et qu'en plus, elle était plate
| En attendant demainThu, 03 Jul 2008 14:56:32 +0200
Il va pleuvoir, j'ai mis un disque brésilien. La force
de la musique tient au fait de pouvoir modifier notre façon
de vivre l'instant présent. Sa magie est de pouvoir en
créer une vision différente à la
demande.
Il pleut ; Elément météo qui pousse à
la mélancolie. Et pour peu qu'on soit volontaire
à s'apitoyer sur son sort à cet instant, il
suffit de mettre un disque de ballades tristes et là,
c'est le carnage !
Les vieux fantômes sortent des placards, le spleen, les
amours perdus, le verre n'est plus à moitié
plein mais à moitié vide ! L'orgie de la cata
cérébrale, par moment si humainement
jouissive...
C'est vrai qu'on est souvent enclin à
s'enterrer tout seul quand on a déjà le moral
approximatif !
Il pleut, des gouttes énormes, presque des larmes. Elles
rebondissent sur les joues de la Terre au rythme des guitares
brésiliennes.
Contraste tranquille, voix féminine rassurante... Elle
sourit... Elle chante... Elle vit...
La pluie s'est arrêtée... La musique a ce
pouvoir...
Le soleil perce l'angora des nuages... La musique a ce
pouvoir...
Il y a une seconde encore, le tonnerre roulait. A cet instant la
montagne m'offre dans le tranchant des sommets,
l'éclat des derniers rayons de soleil. Elle
chante encore, soutient la lumière, la fait grandir et les
nuages fondent...
J'éteins la lampe.
Je suis la lampe...
Au moral qu'on allume, qu'on éteint...
D'un rien, d'une musique, d'une chanson,
d'un rideau de pluie, d'un éclat du destin,
d'un courrier inutile, d'un sourire, d'une
rencontre, d'une cartouche qui se vide, d'une page qui
se remplit...
Je suis la lampe, la propre lumière de ma vie... Que
j'allume, que j'éteins. La musique est mon
soleil en orbite, la page blanche, ma table des lois où tout
est permis.
J'éponge l'instant, il est doux, la pluie
s'est arrêtée... Elle chante...
La musique a ce pouvoir à jamais...
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