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En manque d’Eglise ? regard critique ecclésial et sociétal

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En manque d’Eglise ? regard critique ecclésial et sociétal


Présentation du site En manque d’Eglise ? regard critique ecclésial et sociétal :

Que devons-nous communiquer d'essentiel au-delà du socialement correcte ? L'Amour de Dieu réalisé en Christ montre un chemin devant se traduire en gestes quotidiens. Cela demande un débat ouvert à toutes questions.
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Confluences montre tout ce que la beauté artistique apporte à l'épanouissement humain. Voyages, iconographie, valeur spirituelle du temps libre. Un mensuel qui parle de la grandeur de l'homme en Christ.
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Paroisse Saint-Polycarpe des pentes de la croix rousse.
Toutes les activités d'une paroisse située en quartier quelque peu déchristianisé et fortement marquée par la présence d'artistes et d'associations militantes de tous genres dans la tradition des c

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Vivre et faire Vivre : Quel est ce courant de force et d'Amour qui nous traverse, nous rend créateurs, nous pousse les uns vers les autres pour avancer ensemble ? un Blogue très personnel
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   Derniers posts : En manque d'Eglise
 Homélie du 6 juillet 2008
Sun, 06 Jul 2008 18:56:00 +0200

Entrée en Eglise de Stéphane et baptême d'Ewen, le bébé de Gwendolyne et Stéphane.

d'où une liturgie quelque peu abondante.

Pour en savoir plus, vite sur le site de la paroisse Saint-Polycarpe des pentes de la croix-rousse de Lyon.


Rappel :
à Lyon, place des Terreaux, 19 - 20 h,
mercredi 9 juillet, deuxième cercle de silence.




 2 - Le regard de Dieu dans l'art actuel
Sat, 05 Jul 2008 12:13:00 +0200

(rapporté par Eliane Saussus,  Commission d'Art Sacré Grenoble)

colloque : l'homme dans l'art actuel, lieu de la révélation, octobre 2003

Le premier thème abordé est celui de Dieu dans ma création, à travers ma création : Dieu regarde à travers moi. L'Esprit Saint m'interpelle. Matisse avance que quand il s'est donné totalement à son chemin de Croix, quelque chose de plus fort est intervenu. Il a eu le sentiment que Dieu passe. Il y a un lien très fort entre l'artiste et sa création. L'homme est créé à l'image de Dieu et dans la mesure où il est créateur, il est à l'image de Dieu. Créer une ?uvre, c'est comme créer un enfant : cela nous échappe, mais un regard nous bouleverse, même s'il est handicapé. Le sacré dans une ?uvre d'art, c'est ce qui fait vibrer. Ce qui est important n'est pas ce qui est représenté, mais ce qui rend présent, donc un investissement du corps et aussi de l'espace. Dieu nous invite à ne pas rester comme des êtres finis ; l'art permet de transmettre toute la richesse de la vie et de nos émotions. Toutes ces facettes se rapportent à la joie de la création. L'atelier s'est aussi penché sur le regard de Dieu dans l'Evangile, en particulier celui de Jésus sur saint Pierre après son reniement : regard de miséricorde et d'amour. Essayer de regarder comme Dieu regarde : Heureux les c?urs purs, ils verront Dieu. Le Christ en croix est sans beauté, ni éclat, complètement défiguré et pourtant c'est le plus beau des enfants des hommes : qu'est-ce que c'est que la beauté défigurée, la beauté crucifiée ? Les chrétiens devant les drames sont porteurs d'espérance, ils restent debout devant les drames parce qu'ils restent porteurs d'espérance. Un artiste membre du groupe s'est posé la question : Qu'est-ce que je veux partager ? Moi je ne vivrais pas avec des trucs que j'ai faits, je ne peux plus me confronter avec ce qui sort de mes mains.

 L'art contemporain en procès et le sacré ? 1 - Impressions d'artistes
Sat, 05 Jul 2008 12:11:00 +0200

L'Eglise à Lyon (Arts, cultures et foi) s'engage avec Confluences dans la 7ème Biennale d'Art Sacré Actuel qui se tiendra en octobre-décembre 2009 avec le thème : « Filiation », en même temps que la Biennale d'Art Contemporain de l'agglomération lyonnaise (Contact : Th. Rapail).
Les dossiers de candidature doivent être remis avant la fin septembre 2008.
Dans le cadre de cet événement à construire, il me semble important de reprendre le débat : art contemporain / art actuel.
Il y a cinq an, octobre 2003, Confluences organisait un colloque : « l'homme dans l'art actuel ; lieu de la révélation ». En voici, pendant tous ces jours, quelques éléments, autant de points à débattre.



1 - Compte-rendu d'ateliers par Françoise Holfager : avoir un regard neuf


C'est d'abord faire abstraction de mon éducation, de mes arrière-pensées, des jugements préalables, aller voir l'homme qui a réalisé l'?uvre et qui permettra à cette rencontre de réaliser autrement l'?uvre. Le peintre ou l'artiste sort de lui-même. Il y a peut-être des questions spécifiques liées à l'art religieux. Les participants à l'atelier se sont demandé si l'artiste incroyant pouvait nous pousser, nous qui regardons, à avoir un regard neuf. Le peintre incroyant peut peindre un sujet religieux sans avoir une démarche intérieure ; alors il transmet mais ce n'est pas intériorisé. Ce qui touche une ?uvre d'art peut revêtir des aspects négatifs, en particulier l'art contemporain qui représente parfois n'importe quoi, et qui dit que tout peut être ?uvre d'art. Mais alors n'importe qui peut être artiste. L'artiste peut avoir le sens de l'esthétique, éprouver des émotions personnelles, il peut mettre du temps à réaliser son ?uvre, il peut avoir de la technique. Quelle est ma façon à moi de regarder ? On peut être fermé à toute ?uvre contemporaine, si on garde en tête les critères de sa propre culture. Revenons à l'art religieux : on a constaté que par rapport à la lecture des textes évangéliques, l'?uvre d'art attire le regard sur ces textes eux-mêmes ; elle a aussi transformé notre vision et façon de lire et de voir plus loin. Toute une série de questions se pose : est-ce que l'art n'est qu'émotion ? Quand on ne comprend pas, que fait-on pour avoir un regard neuf ? Quelques réponses : il faut plonger dans la vie de l'?uvre et celle de l'artiste, ouvrir son regard comme celui de l'enfant, c'est-à-dire manifester de la spontanéité. Le regard sur l'?uvre traduit l'époque. Actuellement quel est le sens de la grisaille de l'art actuel, quel est le rôle du public par rapport à l'artiste, que fait-on par rapport à cet artiste, comment l'encourager en achetant ses ?uvres, ou le soutenir, par exemple, de façon associative ? Le regard neuf doit aussi être critique et l'atelier a dévié sur le rôle de la publicité qui n'a pas toujours été compris. Pour terminer, les réflexions se sont portées sur l'art éphémère: l'art doit-il être durable ? L'art éphémère pose le problème de l'appropriation, le problème de la beauté qui dure...

 L'homme s'est inventé de nouveaux dieux : Argent
Fri, 04 Jul 2008 12:02:00 +0200

Dans la ligne des méditations que me suggèrent les objecteurs de croissance, je vous communique ce texte de Dominique Ponnau. Directeur honoraire de l'Ecole du Louvre, conservateur général du Patrimoine, Dominique Ponnau est à mille lieux des occupations des « décroissants ». Je ne le sens pas non plus dans la ligne théologique de Jacques Ellul. Pourtant, ces pages de « Célébration de la gratitude », dévoilent quelques accents en accords avec les inquiets sur l'avenir de la planète.
Le style de cette « confession » n'est pas toujours facile à lire. Chargées d'élans mystiques, les phrases sont longues, subtiles, nuancées. Les occasions de se perdrent sont nombreuses.
Je vous invite malgré tout à entrer dans les méandres de cette méditation. Vous n'en sortirez pas déçu. Les essentiels de nos existences y sont concernés.

Sentiers dans la nuit


LE MONDE RETENTIT D'UN HURLEMENT d'horreur. Les hurlements les plus effroyables sont les hurlements muets. Les hurlements rentrés. Enfermés dans la glotte. Ils doivent faire place sans cesse dans ce réduit à de nouveaux hurlements avortés. Le corps qui les contient étouffe de ne pouvoir éclater. Même les hurlements libérés sont affreux. Parfois, on croirait qu'à cette horreur se résume le monde. Horreur assourdissante. Hébétude au-delà de la souffrance. Ainsi de la brûlure extrême ou du mal d'amour. Ils paralysent la souffrance. Jusqu'à ce que la souffrance reprenne ses droits et sa revanche... Alors !... Parfois, souvent, presque toujours, c'est trop. Courtes et insupportables les explications traditionnelles par le « péché ». Non que souvent elles ne vaillent. Peut-être valent-elles bien plus que le moraliste le plus austère ne le soutient. Il suffit de se connaître un peu. On sait bien, par expérience, qu'une seule pensée basse alourdit immensément le poids du monde. Et que dire d'une parole assassine ! D'un assassinat perpétré ! Assurément la faute humaine, la haine humaine, ou seulement l'égoïsme humain, l'indifférence humaine, creusent un cratère vertigineux dans le corps et l'âme du monde. L'homme, par son « péché », blesse non seulement soi, non seulement ses congénères, mais le monde tout entier, jusqu'à ses ultimes confins, s'ils existent. C'est un grand mystère que celui d'une si gigantesque disproportion entre l'insignifiance apparente de cet avorton éphémère et les effets presque infinis de ses manquements. Ne pas croire que, sous ces mots, se cache, ou que par eux se révèle, la ridicule prétention humaine à situer l'homme au centre de tout. Où se situe-t-il dans la prodigieuse aventure du temps et de l'espace ? Peut-être à la surface, à la marge, et peut-être au c?ur du monde ; peut-être à la fois ici et là ? Qu'il ne s'accorde ni trop d'importance, ni trop peu. Qu'il sache au moins que si, comme il semble, rien de ce qui constitue le monde ne lui est accessible selon un autre point de vue que le sien, il ne s'ensuit pas que ce point de vue soit sans valeur, même s'il ne peut l'apprécier avec justesse. D'autant que le point de vue de l'homme sur le monde et sur soi-même lui fait constater, éprouver sa finitude, sa petitesse, et qu'en elles il pressent que réside son sens de l'infini et de la suprême grandeur. S'il en est ainsi - et comment ne pas le voir ! -, l'explication par le « péché» de l'horreur du monde et des hurlements emprisonnés ou libérés que cette horreur suscite en l'homme n'est pas si risible et si vaine qu'il y paraît. Pourtant, à l'évidence, elle ne dit rien - ou si peu - des bouleversements du monde, dans lesquels l'homme est emporté comme un fétu. Quelles que soient les fautes de l'homme contre la demeure terrestre qui lui est confiée - et elles sont terribles, au point de rendre très aléatoires à court terme ses possibilités d'y survivre -, elles ne sont pas toutes coupables des tremblements de terre, des raz de marée, des cyclones... La majeure partie des catastrophes naturelles semble ne leur rien devoir. Rien ne dit que, par exemple, sous peu la terre ne soit pas écrasée par des corps célestes eux-mêmes emportés dans la ronde indifférente du cosmos... Si bouleversant de beauté nous paraisse et semble être vraiment celui-ci - tant qu'il y aura des regards humains pour s'en émerveiller -, on sait qu'il est le théâtre de violences inouïes, depuis sa naissance - que cette naissance ait été ou non précédée d'autres naissances, innombrables, et d'autres morts. Et l'on sait que de ces violences l'homme n'est ni responsable ni coupable : il les subit ; il essaie de les prévoir, de s'en protéger quand elles adviennent, d'en protéger aussi ses semblables en des mouvements de solidarité, de communion, d'amour infiniment plus significatifs et encourageants qu'ils ne sont dérisoires au regard de la puissance aveugle qui les ensevelit dans sa fureur. Cette puissance furibonde, en effet, semble renvoyer à l'absurde les causes du malheur. À moins de croire en un Dieu mauvais, ou encore tantôt bon, tantôt mauvais, au gré de ce que nous ressentons comme ses caprices. Encore faut-il être bien naïf et bien vaniteux pour attribuer la violence des forces du chaos à un dessein divin sur nous, fût-il capricieux. La folie des hommes nous semble certaine et se charge tous les jours d'infliger le malheur, un malheur mortel, tant à eux-mêmes qu'à la nature. Mais ils savent qu'ils pourraient, qu'ils devraient la refréner et créer sur la terre, sinon les conditions du bonheur éternel, manifestement hors de leur portée, du moins celles d'une existence tolérable en sa fugacité. Il n'est jamais certain que les hommes, si bas qu'ils descendent, si cruellement qu'ils se comportent envers eux-mêmes et envers leur terre-mère, n'en viendront pas à une attitude plus raisonnable, plus mesurée, plus aimante, plus authentiquement vivable donc. La destruction totale et prochaine de l'homme par l'homme et, avec lui, par lui, celle de la nature qu'il a reçue en partage, même si elles sont devenues ces derniers temps l'hypothèse la plus plausible et peut-être la plus vraisemblable, ne sont pas inéluctables : l'homme peut se reprendre ; il peut encore se reprendre ; pour cette reprise de la raison sur la déraison il n'est peut-être pas trop tard, même si, à l'évidence, il est très tard. Tandis que le cosmos, l'effroyable violence qui sévit dans le cosmos, semblent parfaitement indifférents aux efforts bienfaisants de l'homme, autant qu'à sa folie destructrice. Pourtant tout retentit sur tout ; un vol de papillon, on le sait, a fortiori la pensée et l'action de l'homme, ses dispositions intérieures et leurs manifestations, bonnes ou mauvaises, justes ou injustes, confiantes ou défiantes, ouvertes à la vie ou refermées sur la mort. Tout cela est étrange. Beaucoup de croyants se soumettent - c'est le sens de l'islam, je crois : la soumission - à la volonté de Dieu. « C'était écrit. »1I ne reste plus à l'homme que la possibilité d'obéir ou de désobéir, sans que, d'ailleurs, son éventuelle désobéissance aux ordres divins altère si peu que ce soit la plénitude de conscience et de volonté divines : de cette désobéissance aussi, dût-elle être éternellement punie, on dira : « c'était écrit ». D'autres évoquent un « plan de Dieu ». Le judaïsme et le christianisme l'affirment. Selon ces voies, le monde, la vie ont un sens. II appartient à l'homme de le dégager et de le suivre, car Dieu lui a confié la terre, que, durement, il doit travailler, « à la sueur de son front » depuis la faute originelle, mais dont la vocation est de redevenir un jardin, aussi beau, plus beau peut-être même que le premier jardin, image et préparation du jardin d'éternité dont la mort de chaque homme juste lui ouvrira la porte. De telles voies sont consolantes. Elles encouragent à la purification du c?ur et au bien agir. Elles sont humbles lorsqu'elles sont suivies avec sincérité, car elles récusent, même si les mauvaises herbes égoïstes du c?ur y repoussent sans cesse, toute démarche intéressée. En profondeur, en vérité, elles exigent du pèlerin le don absolu et la pureté essentielle. Elles sont trop profondes pour s'illusionner sur la faiblesse de ceux qui empruntent leur chemin. Elles accueillent d'avance les chutes, les retours en arrière, la complicité avec l'esprit de négation, de possession. Mais elles sont riches de la miséricorde divine. Ce sont des voies qui incluent dans leur propos la remise en marche du pécheur. Elles considèrent en effet que « là où abonda le péché, a surabondé la grâce ». Parmi elles, la voie du Christ est sans doute la plus paradoxale et peut-être celle qui tente de répondre avec le plus de justesse aux aspirations de l'homme et à ce que, dans sa vie si brève et fragile, il peut considérer comme la plus raisonnable des raisons de croire au sens de l'existence et de la création, au sens de sa propre vie donc. Cet homme voit bien l'absurdité du monde. Il discerne la vanité de tout ce qui lui fut dit sur le sens du monde vers le Salut qu'une nouvelle religion, issue du judaïsme et du christianisme, appela le progrès. Le monde allait, cahin-caha, vers un mieux, vers un perfectionnement indéfini. Demain serait plus beau qu'hier et qu'aujourd'hui. L'effrayant XXe siècle aurait dû guérir l'homme d'une croyance aussi naïve, qui avait cru fonder sa légitimité sur la négation de Dieu... Signe du passage de l'enfance à l'âge adulte ! Le XXe siècle avait suffisamment illustré dans les camps nazis, les goulags soviétiques, les charniers maoïstes, la parole de Rabelais, selon qui « science sans conscience n'est que ruine de l'âme », pour que l'homme, eût-on pensé, fût guéri de ses illusions messianiques et prométhéennes, avec ou sans Dieu. Pourtant cela n'a pas suffi. L'homme s'est inventé un nouveau dieu, qu'à vrai dire il a toujours connu et adoré, mais qui n'avait jamais autant qu'aujourd'hui revendiqué et obtenu de ses esclaves un culte aussi exclusif. Ce dieu, c'est Mammon, l'argent, qui, seul, confère puissance, jouissance, et, seul conduit, sur les ruines du monde, au néant. L'homme s'est offert à un dieu dévorant qui ne lui offre d'autre horizon que le désespoir. Si ce dieu était sadique - et sans doute ne l'est-il même pas -, il ferait sentir à ses adorateurs sa haine aussi insatiable qu'implacable. Mais il n'est même pas méchant. Il a l'épouvantable visage d'une « non-méduse ", l'absence de visage du rien. L'homme, ne pouvant se satisfaire du rien, ne pouvant vivre sans perspective d'un salut, s'est inventé,  contre Mammon, de nouveaux dieux, parfois très anciens, tel Celui dont la transcendance dispense de penser, le Dieu du « Tout Autre » et du « soumets-toi », ou encore ce dieu qui n'en est pas un et se donne comme voie de sagesse, de discipline du corps, de conscience progressive que tout est éternel recommencement, que les cycles divins naissent, s'épanouissent, périclitent, meurent, et renaissent, indéfiniment. Rayonne une grande beauté de cette invitation à se soumettre à la transcendance et une grande compassion dans l'invitation des voies de la sagesse à reconnaître la vie comme source unique de la souffrance et à préparer, par-delà le cycle indéfini des naissances, des morts, des renaissances, l'éternité ultime, celle de la béatitude du néant, d'un néant qui n'est pas celui, infernal, auquel mène Mammon, mais au contraire d'un néant de bienveillance, et d'Éveil. Parmi tous ces sentiers de la forêt obscure de ce temps, demeure tracé le sentier du Christ. Lui aussi, lui surtout peut-être, prolongement du sentier d'Israël, a traversé les illusions du sens et, en leur nom, a souvent forcé, parfois jusqu'à la mort, les marcheurs récalcitrants, soit à filer doux, soit à tomber dans les précipices qu'il côtoyait. Ce sentier, à vrai dire, n'est pas le sentier du Christ, mais celui de trop de ceux qui, au long des siècles, se sont prétendus les guides sûrs de ce chemin, et d'ailleurs l'ont été, mais avec brutalité et en confondant leurs faibles lumières avec Sa Lumière. Aujourd'hui, peut-être voit-on briller avec un incomparable éclat, un éclat plus mystérieux que jamais, l'étoile qui, sur ce sentier, nous guide. Car le sentier du Christ, à la lueur de cette étoile, ne se donne pas comme un sentier d'où l'on contemplerait le sens du monde. Il se donne comme un sentier traversant l'absurdité et l'horreur du monde, l'assumant, au point de se perdre et de perdre le marcheur dans les ronces, parmi les fauves et les serpents, en pleine nuit, parmi les affolements, les détresses, les révoltes, la tentation de mourir avant le terme. Il se donne comme le sentier de l'impasse. Car il mène sur une colline ayant forme de crâne, du crâne du premier des morts. Le sentier du Christ ne permet pas d'expliquer le monde, encore moins de le dominer. Il invite à monter sur la croix, à mourir dans la souffrance. Mais à mourir non pour renaître, pour naître, pour naître à jamais, de telle sorte que le hurlement d'horreur du monde, que poussa le Crucifié Lui-même, ayant forcé ses poumons asphyxiés à le proférer, devienne, sur le monde entier, sur la totalité des temps, un chant de résurrection, le chant de la Résurrection. Ma gratitude va à celui qui, le premier, marcha sur ce sentier et nous y accompagne. Elle va à tous ceux qui, sans l'emprunter, s'efforcent de donner du sens à ces choses qui n'en ont pas. Elle va, plus qu'à tous, à ceux qui, sans plus chercher de sens car ils n'y croient plus, ou plus guère, vivent comme s'il y avait un sens, parce que, plus qu'ils ne dénient le sens, par leur vie ils témoignent de l'Amour. Puissent-ils accepter que je mette une majuscule à ce mot. Voilà un très grand mystère. « La science disparaîtra », dit saint Paul ; et « les prophéties », mais non « la charité », non « l'Amour ». « L'amour ne passera jamais.» L'apôtre parle des « vertus théologales » comme de la source intarissable de l'énergie du vrai croyant. Il en parle au présent. Il en parle pour ce temps. Pour le temps bref où se déroule ici-bas le fil de chaque vie humaine. Mais aussi pour le temps, à peine moins bref, qui s'étend du premier au dernier instant de l'aventure du genre humain. Il pense et affirme que l'aventure personnelle d'un homme singulier, autant que celle, universelle, de toute l'humanité, depuis son origine jusqu'à son terme, puise l'énergie de sa fidélité à sa vocation dans l'accueil intime, vivifiant, de ces trois vertus : la foi, l'espérance et la charité. Mais, de la charité seule il dit qu'elle est éternelle, et qu'outre mort seule elle demeurera, la foi s'étant noyée dans le rayonnement du face-à-face entre l'homme et Dieu, l'espérance ayant été comblée par la vue éternelle de la face divine qu'ici-bas, sans la voir, elle espérait. «Voir ce que l'on espère, dit-il, ce n'est plus l'espérer. » Tandis que la charité, elle, sera sans fin, car elle ne se rassasiera jamais de la joie débordante dont elle sera pourtant pleinement rassasiée. La joie infinie d'aimer sans entraves Celui dont l'Amour infini ne se lasse pas d'aimer, puisqu'Il est l'Amour même. Cet Amour est un inépuisable, un ineffable mystère. Il est déjà présent au c?ur de ce temps éphémère où se déploient la foi et l'espérance. C'est à Lui qu'elles mènent, mais c'est Lui qui les attire à Lui. Un jour viendra, dit l'apôtre - le Jour sans déclin, éternel-, où l'Amour les aura pour toujours absorbées et seul, en tous, en tout, rayonnera. Ce qui peut-être est le plus admirable, le plus étonnant, le plus subversif même, pour un croyant, ou - ce qui souvent revient au même - pour un homme qui se considère comme un croyant, même s'il traverse parfois, souvent, l'obscure vallée du doute, c'est l'avènement de l'Amour, du pur Amour, de l'Amour de charité, dès ce temps éphémère, dès à présent, sans le soutien de la foi et de l'espérance. Certains diront qu'en ce temps, sans la foi et l'espérance, l'Amour de charité ne peut se vivre. Il me semble avoir rencontré des êtres dépourvus de foi et d'espérance théologales - ou, ce qui revient au même, se considérant ainsi -, qui cependant savaient aimer d'un amour de charité, d'un amour sans retour sur soi, d'un amour qui donne tout, qui se donne lui-même, sans attendre un retour de la part du bien-aimé, ni une récompense venant d'un au-delà. L'amour de charité est un amour léger, discret, fidèle. Un amour joyeux, qui puise sa joie dans celle du bien-aimé. Ou, si le bien-aimé ne peut trouver la joie, dans l'adoucissement de sa peine. C'est un Amour qui inspire au bien-aimé la confiance, même si la confiance n'habite pas celui qui la transmet. C'est avant tout un Amour qui s'efface ou plutôt dans lequel, pour lequel s'efface celui qui le transmet. L'image de Jean le Précurseur me vient en mémoire. L'image de « l'ami de l'Époux ». Un ami qui dans son effacement devant l'Époux trouve sa joie et la déclare parfaite ; et qui, voyant l'Époux se préparant pour l'Épouse, proclame : « Il faut que celui-là grandisse et que, moi, je diminue. » Mais Jean avait espéré la venue de l'Époux, il croyait la voir s'accomplir sous ses yeux. L'espérance et la foi soutenaient son amour. Même si - et ce n'est pas le moins puissant de son témoignage - il viendra, étant dans l'obscurité de sa prison, à la veille de sa décapitation, à douter de Jésus. « Es-tu bien celui qui doit venir ou devons-nous en attendre un autre ? » lui fait-il demander par ses disciples. Jean, celui dont le nom signifie « le Seigneur a fait grâce », n'en a pas moins aimé l'Epoux, dont la venue signifie son effacement, d'un pur amour de charité, soutenu par la foi et par l'espérance, jusqu'au temps où l'une et l'autre, pour un temps - car Jésus lui fit parvenir le signe prophétique de sa mission -, elles s'éclipsèrent pour lui dans la nuit de la solitude inconsolée et peut-être dans celle d'une tentation plus radicale. Mais ceux vers qui va ma pensée n'ont peut-être jamais lu l'Evangile. Ou peut-être l'ont-ils rejeté, non comme livre d'amour - un tel rejet me semble impossible - mais comme livre d'espérance et de foi. Ma pensée va vers les incroyants, que ne consolent ni la foi ni l'espérance et qui pourtant, dès à présent, dès ce monde-ci, sont capables d'aimer d'un amour de charité. Sans doute n'aiment-ils pas toujours ainsi. Sans doute eux aussi, ni plus ni moins que les autres, cèdent-ils parfois à la lassitude, à l'égoïsme, au repli sur soi, à la cruauté peut-être - le c?ur de l'homme, de tout homme, est « compliqué et malade ». Mais il m'est arrivé de constater et d'admirer - et à qui cela n'est-il arrivé ? - chez certains de ces êtres, au chevet d'amis malades par exemple, ou d'amis sombrant dans une désespérance aux effets dévastateurs, une compassion, une tendresse, une persévérance dans l'amour auxquelles je ne puis penser sans me dire que, par eux, qui ne croient pas en Dieu et n'espèrent pas en Lui, passe la lumière de Dieu et que leur amour est  Son Amour même. Seulement je sais que je ne puis pas le leur dire et que je n'en ai pas le droit. Devant de tels êtres, on peut seulement essayer, discrètement, dans le silence du c?ur, d'adresser à Dieu une prière de gratitude. Parce qu'ils nous paraissent remplis de sa grâce. Mais aussi parce que ce qu'ils font, ce qu'ils sont, ils le sont, ils le font en toute humilité, sans le définir, simplement parce que l'Amour, l'Amour seul les inspire. Je me souviens d'une religieuse carmélite - elle aurait aujourd'hui plus de cent ans - me disant d'un ami communiste : « Monsieur... se fait de notre foi une idée si haute qu'il n'ose même pas s'interroger sur l'éventualité qu'il soit digne de la partager. » Cet ami, en effet, ne savait que l'aimer. Sans doute cette carmélite, et toutes les s?urs de la communauté, qui, pour la plupart, depuis, ont traversé le fleuve, avait-elle expérimenté, chez lui, que, dès aujourd'hui, la foi et l'espérance peuvent s'effacer dans le rayonnement de la charité. Pour tout croyant peut-être y a-t-il ici un mystère à méditer.

 ETRE OPTIMISTE DANS UN MONDE QUI AGONISE ? - 5
Thu, 03 Jul 2008 21:29:00 +0200

Final des textes des jours précédents : Ces pages furent écrites il y a 30 ans. Je suis frappé par leur actualité et heureux de les reproduire ici.

Pour les lire dans leur continuité, il suffit de regarder les dates de leur édition dans le blogue.
merci de votre lecture, assurément critique. Je suis bien sûr à l'écoute de vos critiques, même si vous me dites, comme je viens de le lire, que je ne suis « qu'un anarchiste » donc « hérétique. »

Une place au spirituel

Je voudrais à nouveau préciser ma pensée, à propos du jugement que je porte, après bien d'autres, sur l'économie en la qualifiant d'économisme.
Aujourd'hui, l'analyse de nombreux problèmes passe nécessairement par le crible de multiples recherches : sociologique, politique, géo-politique, économique, etc... Alain Peyrefitte nous présente, dans "Le Mal Français", " une tentative d'échapper à la loi des genres." Comment ces sciences, ces disciplines peuvent-elles, doivent-elles s'équilibrer entre elles ? Est-ce que les équipes d'études pluridisciplinaires arrivent à un dialogue tel que les divers angles d'attaque du problème soumis à l'analyse s'harmonisent en fonction de l'objet étudié, ou, au contraire, est-ce que les spécialistes n'ont pas tendance à vouloir faire du problème, leur problème. Il n'y a que la politique qui peut expliquer cela... il n'y a que la sociologie... mais non, ce cas est exclusivement économique... C'est elle qui peut tout expliquer ! Nous connaissons la théorie marxiste : "Marx passe encore souvent pour un économiste. On lui attribue (soit pour l'approuver, soit pour le critiquer) un déterminisme économique, selon lequel les forces productives et leur niveau entraîneraient par une sorte de mécanisme ou d'automatisme les autres rapports et formes constitutives du social : rapport de propriété, institutions et idées" (Henri Lefebvre). Madrid, folie des grandeurs ? Nouvelle Babel ? Sans aller jusque là, trop d'économistes veulent que tout passe par eux. Ils se donnent la place d'honneur dans la recherche pluridisciplinaire : trois quart de place pour l'économie, un quart pour tout le reste. Ce n'est pas qu'ils veulent imposer leur personne, non; c'est que leur foi en la domination du monde par l'économie est telle qu'ils ne peuvent pas imaginer autrement l'approche d'un problème. Et puis, l'économie travaille avec des chiffres, avec du solide. Les appréciations analytiques et synthétiques d'un historien, d'un géographe, éthnographe, sociologue, politologue... ressemblent bien trop à de la poésie. Ils rêvent ces gens-là, pensent les tenants de la science considérée comme la plus exacte. Roger Garaudy, dans "Parole d'homme", estime que la prospective est vraiment nécessaire à notre temps, et que celle-ci doit se penser à long terme, tant en économie qu'en politique. Il convient, dans ce cas, de prendre en compte toutes les dimensions de la vie humaine. Ainsi, pour lui, l'écart entre les pays du Tiers-Monde et les pays industrialisés serait largement réduit s'il existait "une prospective engagée dans un véritable dialogue des civilisations." Même les économies des pays développés y trouveraient un avantage. "Mais cela supposerait, en ce domaine comme en bien d'autres, que le culturel précède l'économique, c'est-à-dire que la réflexion sur les fins précède la réf1exion sur les moyens et l'organisation des moyens." C'est moi qui souligne. Voilà bien l'essentiel : ne pas se contenter des réflexions économiques, éco-politiques qui se limitent au court et au moyen terme. Dans notre étude sur l'agriculture, celle dont il est question ci-dessus, nous avons constaté qu'une solution n'existera pas vraiment tant qu'on en restera, par économisme, au seul court terme. Il est urgent d'envisager la nécessité de considérations philosophiques, morales, esthétiques, spirituelles. Celles-ci sont aussi importantes que l'indispensable science économique. Oui, je ne nie pas la valeur de l'économie ; je dis seulement qu'elle doit être mise en relation avec les autres études sur l'homme, même si celles-ci n'offrent pas la même fiabilité scientifique. Je me résume. Pour que la recherche pluridisciplinaire porte tous ses fruits, il faut que les diverses disciplines déterminent leur ampleur et leur importance selon le fait étudié et non selon la personne qui accomplit l'étude. N'est-ce pas cela l'objectivité ? N'est-ce pas ainsi que l'on répond aux appels du réel ? Si ce réel nécessite, pour qu'il soit bien compris, une pensée métaphysique, pourquoi ne pas donner à cette dernière toute la place nécessaire ? Je revendique donc une place à la philosophie, même une petite place, au moins pour "retarder l'horreur, sauver ce qui peut l'être et refuser l'intolérable." Bernard-Henri Lévy, de qui vient cette citation, prétend que "l'intellectuel anti-barbare sera d'abord métaphysicien."

 ETRE OPTIMISTE DANS UN MONDE QUI AGONISE ? - 4
Wed, 02 Jul 2008 21:26:00 +0200

Suite du texte d'hier

Débat autour de l'économisme

Scientisme
C'est à débattre, écrivais-je. Toutefois, comme prémices au débat, je demanderai que soit regardé de près cette fameuse "objectivité scientifique". Nous indiquions plus haut qu'elle risquait d'occulter les appels du c?ur de l'homme à "Autre Chose". En effet, pourquoi cette recherche objective - objectivation des propos, présentation scientifique des problèmes, de la réalité - ne signifierait-elle pas, involontairement certes, démobilisation, anéantissement de la personne originale, de ses richesses, pour se couler dans le moule de l'ordre établi, où tout le monde est comme tout le monde ? Vous comprenez maintenant pourquoi il m'arrive de me questionner sur le rôle que joue un Institut catholique(1). Ne devrait-il pas, plus visiblement, plus profondément ?uvrer - au-delà de toutes les instances civiques, politiques, sociales, économiques, intellectuelles, scientifiques - à la recherche de solutions pour notre temps qui pose bien des problèmes ? Seulement, répondra-t-on, il convient d'insérer les jeunes étudiants dans notre société. Cela ne pourrait-il pas se faire en leur permettant d'être plus que de bons étudiants qui font honneur à leur école, en leur donnant la chance de devenir plus que de bons ingénieurs, de bons chimistes, de bons agronomes, de bons travailleurs sociaux, de bons animateurs ? Cette préparation à la vie active ne pourrait-elle pas se réaliser en indiquant clairement les éléments qui aideront à savoir ne pas entrer tête baissée dans la société industrielle où tout est bon parce que scientifique ; savoir mettre l'homme à sa place, l'homme tel que nous le montre l'Evangile et l'esprit qui en découle. Ceci ne pourra vraisemblablement pas se vivre sans une anthropologie chrétienne. Quel est l'homme selon Christ ? Le théologien doit, ici, intervenir. A travers cette réflexion, vous devinez que je songe aux diverses institutions chrétiennes que nous rencontrons aujourd'hui. Il ne s'agit pas seulement des Facultés catholiques lyonnaises, mais également des écoles ou autres maisons de formation et d'éducation, sans oublier certains mouvements. Je suis dans mon questionnement d'une ambition démesurée ; suffit-il d'en avoir conscience !
---------------
(l) Questionner, comme je le fais, une institution catholique au nom de l'Evangile ne peut qu'être compléter par un regard sur le présent. Il s'agirait pour cela de questionner les motivations des responsables de cette institution, de voir les répercussions qu'une application du questionnement aurait sur les personnes employées par cette institution et sur tous ses usagers. Je ne l'ai pas fait car tel n'est pas le but de ma recherche. Egoïstement situé en usager de l'institution, je dis les questions qui m'apparaissent. J'ai pleinement conscience de mon subjectivisme ; nombreux étudiants, largement plus jeunes, en recherche de "diplômes" pour obtenir une profession, ne peuvent que se situer différemment. Certains sont athées. Pourtant, malgré la particularité du "lieu d'où je parle", je pense, à travers mon Ego, rejoindre la pensée de plusieurs camarades, quels que soient les détours.

 ETRE OPTIMISTE DANS UN MONDE QUI AGONISE ? - 3
Tue, 01 Jul 2008 21:23:00 +0200

Suite du texte d'hier : Ces pages furent écrites il y a 30 ans.
Je suis frappé par leur actualité et heureux de les reproduire ici.

Quand on n'est pas dans le sens du courant du libéralisme économique, on est « rétro ». Pire qu'un péché, une tare.

En quoi une gêne est-elle une objection ? Il s'agirait de discerner quelles en sont les racines. Celles-ci ne furent pas exprimées par "l'objecteur" ; aucun commentaire n'est venu charger l'expression "rétro". Aussi, je me suis dit qu'il n'y avait pas matière à s'interroger trop longuement. Pourtant, la répétition de cette objection, son insistance, sous diverses formes, ne pouvait que questionner. En quoi n'est-ce pas bien d'être "rétro" ? "Rétro"? Un regard, un retour en arrière, une attitude passéiste... Bref, voilà le refus, plus ou moins explicite, de progresser. Voilà le refus d'aller de l'avant. Or, qui n'avance pas, recule. Tel est le grand péché contre l'histoire. Le mal : vous refusez de marcher sur les pas de l'Histoire ! Effectivement, nos remarques sur les problèmes que crée l'endettement, les liens avec une maison de crédit n'incitent pas à investir dans le but de mieux organiser son travail, d'améliorer le rendement. Elles invitent plutôt à craindre l'avenir : "Méfions-nous du système actuel, où va-t-il nous mener ? " N'est-il pas préférable de demeurer sur les assises de nos grands parents ? " Je ne sais pas répondre à ces questions. Je cherche. Ce dont je suis certain, c'est que tout mon être, ma forme de pensée est tournée vers l'avenir. Il est indubitable que la leçon des anciens soit bénéfique ; mais le salut, la libération, la réponse à nos questions actuelles ne peuvent être formulés qu'en regardant les temps à venir. Donc, pourquoi craindre ce futur ? Pourquoi douter, remettre en cause la marche de l'Histoire ? C'est que l'optimisme des tenants d'un progrès toujours possible me semble illusoire, vain. Progresser sans cesse... mais pour aller où ? Quand un pays a fortement besoin de se développer, d'accord. Mais en d'autres cas ? En pays industrialisés ? Il est heureux pour l'univers entier que les moines du Moyen Age européen aient fait du travail une règle essentielle à l'état chrétien. Seu1ement, quand il n'y a plus de terres à défricher ? Plus d'édifices à bâtir ? Devons-nous détruire les ponts pour avoir l'occasion d'en reconstruire d'autres plus grands, plus beaux... plus neufs ? Cela donnerait du travail à la métallurgie ! Je comprends donc qu'une personne résolument tournée vers l'avenir, situant la vérité dans le progrès, estime "rétro" une réflexion qui, involontairement peut-être, ou indirectement, songe à stopper le progrès. Cette dernière ne peut que me trouver défaitiste, peu ambitieux, pessimiste. A moi alors de lui demander les raisons profondes de son optimisme. Va-t-i1 me répandre Que l'économie est une science et que, en tant que telle elle est objective ? Il serait en conséquence a-scientifique d'en négliger les conclusions. Encore un péché C'est à débattre.

 Monde après pétrole
Mon, 30 Jun 2008 15:24:00 +0200

Eléments pour un débat.

Le numéro de « la Vie » de cette semaine (3276), sur deux pages, traite ce titre : « un monde sans pétrole ».


La croix de ce jour, lundi 30 juin : « face au pétrole cher, les Français s'organisent ».
Réfléchir sur « l'après "tout pétrole" » est enfin reconnu comme étant une question urgente, vitale !
Je trouve très heureuse l'existence du travail du groupe « Chrétiens et pic du pétrole ». Le colloque qui se tiendra en janvier (23-25 janvier 2009) sur le comportement possible de tous pour éviter à l'humanité de s'enliser dans l'impasse du dieu argent (Mammon) arrive au bon moment. Le site informatique de ce groupe est encore en gestation. Il promet.




 Homélie du dimanche 29 juin 2008. Pierre et Paul.
Sun, 29 Jun 2008 20:58:00 +0200

Pour entendre l'homélie de ce jour prononcée par Roger Teppe !
C'est simple :  un clic ici.



Paul, Mosaïque, Saint Vital, Ravenne, VIe s.
Les mosaïques décorent la chapelle absidale.
Un arc triomphal sépare celle-ci de la partie centrale du bâtiment ; il est orné de 15 médaillons figurant Jésus-Christ, les 12 apôtres (dont Saint Paul) et les deux fils de Saint Vital, Saint Gervais et Saint Protais.

 ETRE OPTIMISTE DANS UN MONDE QUI AGONISE ? - 2
Sat, 28 Jun 2008 21:20:00 +0200

suite du texte d'hier : Ces pages furent écrites il y a 30 ans. Je suis frappé par leur actualité et heureux de les reproduire ici.

Avant l'économie, l'homme


Je me suis égaré avec cette réflexion sur le Pouvoir. Revenons à l'objet premier du savoir scientifique en économie politique : l'homme. Roger Garaudy affirme que les sciences humaines n'apportent aucun secours. " D'abord parce que, comme les sciences de la Nature, elles sont exclusivement conceptuelles, et ne nous donnent que des descriptions, des mesures et des séquences, c'est-à-dire tout ce qui est nécessaire à la manipulation de l'objet, ou de l'homme considéré comme objet. Ensuite, parce que chacune de ces prétendues sciences projette sur son "objet" un reflet de la société. L'exemple le plus typique est celui de l'économie politique considérant l'homme comme producteur et comme consommateur, à l'exclusion de toute dimension "héroïque", c'est-à-dire échappant à la seule motivation de l'intérêt. C'est moi qui ait souligné. N'est-ce pas parce que l'homme est limité par ce qu'il est capable de connaître scientifiquement sur lui et sur le monde environnant que tout optimisme est possible ? Il m'a fallu du temps et un certain nombre de lectures pour que mûrisse en moi, c'est-à-dire se formule, l'objection que l'I.S.S.A. fit à notre recherche : "L' agriculture française face à la concurrence étrangère" (I.S.S.A. juin 1977), qui parvint à établir les répercussions de la concurrence internationale sur l'agriculture française. Nos découvertes, endettement et lien au crédit agricole, intégration au système capitaliste industriel et urbain, nous conduisirent à remettre en cause l'économie libérale de marché. "Nous" étant, ici, l'équipe qui travailla au cours de l'année universitaire 1976-1977 sur ce sujet.
Il m'a fallu du temps parce que je ne m'attendais pas du tout à cette forme d'objection : " Il y a quelque chose qui sent le "rétro" dans votre topo, çà me gêne."



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